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Jeudi 8 juin 2000
Les journalistes des sites de 365 France en grêve Les journalistes de 365 France revendiquent l'application de la convention collective des journalistes. Ils décideront ce soir si ils interrompent la grève ou durcissent le mouvement.
Les
journalistes ( tous titulaires de la carte de presse) de 365
France (filiale du groupe 365Corp, qui édite Football365,
Rugby365
et Music365)
sont en grève depuis le 31 mai. Sur les dix-sept journalistes
des trois rédactions, huit
ne sont pas en grève et tentent de maintenir les sites
à jour. La discussion
semble très tendue entre direction et les salariés,
qui, après avoir consulté le SNJ (Syndicat national
des journalistes), affirment que de nombreux points de leur
contrat de travail - validé par le cabinet d'avocats
Klein & Goddard - ne sont pas en accord avec la convention
des journalistes.
Pierre-Louis Dahan, le directeur
général de 365 France, considère que
les problèmes qui peuvent se poser émanent simplement
du fait que la société est passée très
rapidement d'une poignée de salariés à
une quarantaine. "Dans les start-ups, les choses sont
faites de manière hétérogène,
quand ça démarre, avance-t-il. C'est normal.
Nous sommes une structure qui s'adapte. Les revendications,
même si certaines sont compréhensibles, ne sont
que des prétextes et font partie de la cuisine interne.
Ce qui est important, c'est l'interrogation légitime
des journalistes qui se demandent comment l'ensemble de l'organisation
conçoit les responsabilités de chacun. C'est
une vraie question." Et d'ajouter: "Les journalistes
auront les moyens de produire un travail de bonne qualité."
Les journalistes réclament
l'application d'une grille de salaires. Le directeur général
leur oppose qu'Internet doit se forger ses propres grilles
et non se reposer sur celles des supports papier, non adaptées.
Ils revendiquent également le respect du droit à
la propriété intellectuelle,
alors que le directeur estime cette cession de droit légale.
Les journalistes affirment
également que leur conditions de travail ne sont pas
à la hauteur (connexions défectueuses), mais
le directeur rétorque que les soucis techniques ont
été amplifiés par le récent déménagement.
Enfin, les journalistes annoncent
que leurs heures supplémentaires ne sont pas prises
en compte. Réponse du directeur : "tout ce qui
est légal doit en évidence être mis en
oeuvre".
Au bout du compte, affirment
les salariés, la grève fait suite au manque
de mesures concrètes prises par la direction après
la présentation, le 17 mai, de leur plate-forme de
revendications. Des grévistes
affirment que la direction aurait changé les codes
d'accès aux serveurs pour les empêcher de publier
des textes et d'avertir leurs lecteurs. Une réunion
collective puis des réunions individuelles ont eu lieu
hier après-midi. Le directeur affirme avoir convoqué
les journalistes individuellement pour connaître leur
problèmes en détail. Quant aux journalistes,
ils expliquent que les salaires ont été réhaussés
légèrement (ils se situent désormais
entre 10.000 et 13.000 francs brut pour les rédacteurs,
entre 13.500 et 15.000 pour les rédacteurs en chef
adjoints, et entre 15.000 et 16.000 pour les rédacteurs
en chef).
Selon un gréviste, les
avocats du SNJ et ceux du cabinet Klein & Goddard, pour
la direction, devraient se rencontrer en fin de semaine pour
tenter de trouver un terrain d'entente. Les journalistes devraient
eux se prononcer ce jeudi à 16h30 pour l'arrêt
ou la poursuite du mouvement de grève. [Catherine
Pinet, JDNet]
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