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Samedi
17 - Lundi 19 juin 2000
Trois questions à Patrick Bloche, auteur de l'amendement
Internet à la loi sur l'audiovisuelle
Auteur de
l'amendement qui porte son nom, Patrick Bloche, député
PS de Paris, revient sur ses principales dispositions adoptées
hier en troisième lecture par l'assemblée nationale.
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JDNet.
Vous avez choisi de revenir sur l'obligation de déclaration
systématique des sites avec sanction de l'hébergeur
en cas de non-respect. Pourquoi?
Patrick
Bloche. Je n'étais pas à l'origine
de cette disposition, qui était en réalité
un sous-amendement déposé par le gouvernement.
J'avoue que pour ma part j'étais très
réservé sur cette question. Le gouvernement
a gardé le principe, mais changement de cabinet
et de ministère aidant, l'idée de sanction
a été supprimée. Il s'agit plutôt
aujourd'hui plutôt d'un engagement de responsabilité.
Avec le nouveau texte, l'éditeur
non-professionel peut
aujourd'hui
choisir
de conserver l'anonymat. Il doit seulement fournir les
coordonnées de son prestataire d'hébergement.
Pourquoi ne pas avoir abordé
la question de la responsabilité des fournisseurs
d'accès?
Pour les hébergeurs, nous étions
en état de poser un principe général
d'exonération de responsabilité, mais
pour les fournisseurs d'accès, nous n'étions
pas prêts. Cette question est reportée
vers la prochaine loi sur la société de
l'information. L'AFA (Association française des
fournisseurs d'accès) était plutôt
d'accord. Ce choix d'ailleurs m'a permis de ne pas être
l'objet d'un lobbying trop important de la part de la
société des auteurs. Cela n'exclut pas
que nous saisissions telle ou telle opportunité
pour envisager cette responsabilité dans un autre
texte, si le besoin se faisait sentir.
Jerry
Yang, co-fondateur de Yahoo!, a indiqué rejeter
toute idée de contrôle des biens mis en
vente sur Yahoo.com à destination des Français.
Qu'en pensez-vous?
Je trouve cette déclaration fort
présomptueuse,
car il y aura sûrement une évolution internationale
de l'Internet vers plus de réglementation. Dans
les négociations internationales, on tend à
mettre en place en commun des solutions pour mieux réguler
le réseau. On peut noter que les solutions retenues
sont souvent proches du droit français, qui est
un droit très proche de l'individu. Jerry Yang
peut traduire aujourd'hui les conséquences de
la réalité du droit, mais cela n'aura
pas valeur d'évangile pour des années.
Propos recueillis
par Fabien Claire
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