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L'automobile en ligne : 10 prétendants sur la ligne de départ
Les acteurs se multiplient, les résultats ne suivent guère, mais le marché est là, à portée de main. Attachez vos ceintures... --> (Jeudi 7 septembre 2000)
         

C'est officiel depuis la semaine dernière (lire notre article du 31/08/2000). Le géant américain Autobytel ouvrira ses portes en France au début de l'année prochaine. Il vient en effet de prendre une participation dans le site Autoatnet. Encore mal représentée sur la Toile il y a encore un an, l'automobile fait en ce moment l'objet de toutes les convoitises. De nombreux sites ont ouvert leurs portes depuis le début de l'année. Et ce n'est pas fini : Renault devrait bientôt lancer ses grands projets Internet annoncés dans nos colonnes en février dernier (voir notre article du 9/02/2000) : au total, le constructeur investit quelque 500 millions de francs en 2000. Et le quotidien Libération vient tout juste d'ouvrir son site de vente de véhicules (Lire notre article de ce jour). L'occasion pour le Journal du Net de faire un point sur l'automobile en ligne : un secteur embryonnaire dont les enjeux sont considérables. De quoi déchaîner quelques appétits.

Il y a deux ans encore, Internet ne comptait que très peu de sites consacrés à l'automobile. Les premiers à avoir vu le jour sont Procar.com et 1000autos (rebaptisé depuis Onlycar.com) qui ouvrent dès février 1998, suivis en avril de la même année, par le site du groupe Peugeot-Citroën, Occasions du Lion. Depuis, c'est l'effervescence. "La croissance s'est effectuée plus vite que prévue, explique Jean Triomphe, le PDG de Procar. C'est en grande partie dû à la réaction des professionnels qui se sont rapidement intéressés et adaptés au Web". En effet, la plupart des sites de vente d'automobiles n'ayant pas le statut de "vendeur", se constituent un réseau de concessionnaires partenaires chez qui ils orientent les internautes en fonction de leurs critères, des zones de livraison, etc. Il fallait donc que les concessionnaires mordent à l'hameçon... C'est fait.

Depuis cette époque des pionniers, d'autres acteurs sont venus grossir les rangs de l'automobile en ligne : Autoplanet, Autovalley (une filiale à 100 % du groupe BNP-Paribas), CarBoulevard, Carclic, Caremium, Degrifcar. Soit une bonne dizaine d'acteurs pour un marché totalement émergent. "En deux ans et demi d'existence, nous avons vendu 600 voitures, explique Gaëlle Gachet, la responsable du site Occasions du Lion. Et nous misons sur 200 ventes en 2000". Autovalley annonce, pour sa part, 400 ventes en un an d'existence. Pas de quoi pavoiser, donc face aux 2 millions de voitures neuves vendues chaque année en France...

Si l'heure est importante, c'est parce qu'aucun acteur n'a encore pris de position dominante et que le marché est encore à prendre. Pour l'instant, les différents sites ont tissé leur toile (leur réseau de partenariats), "vissé" leur modèle économique (abonnement des concessionnaires, forfait pour chaque prospect apporté à un concessionnaire, commission sur les ventes réalisées), défini leur marchés (B to C et B to B ou B to C uniquement) et développé des bouquets de services annexes : offre de financement et d'assurance. Les stratégies se mettent en place. Le marché, lui, semble quasi-mûr. Les connexions augmentent : 800 visiteurs par jour pour Autoplanet, 2 500 pour Onlycar, 5 000 pour Procar... "Aux Etats-Unis, 31 % des personnes qui cherchent à acheter un nouveau véhicule commençent leurs recherches sur Internet", explique Eric Ibled, le PDG d'Autoplanet.

Reste ensuite à convaincre ces visiteurs d'acheter en ligne. Avec un autre souci soulevé par André Loesekrug, le PDG de Carboulevard : "Les Français achètent un véhicule tous les 5 à 7 ans. Entre deux achats, un concessionnaire ne voit souvent plus les acheteurs. Il faut parvenir à faire revenir les internautes entre deux achats". D'où une multiplication des services (vente de pièces détachées, location de voitures, météo, trafic routier...). Avec en ligne de mire, la question du service client. Le dossier sur l'automobile en ligne concocté par le site L'Internaute (édité par Le Journal du Net) apporte des conclusions peu rassurantes à ce sujet. En effet, sur les quatre sites contactés (Autovalley, Carboulevard, Degrifcar et Procar) pour une demande d'achat d'un véhicule, trois n'ont jamais donné suite. Seul Autovalley a envoyé un mail de confirmation dans le quart d'heure, puis passé un coup de téléphone dans les deux heures. Les autres se contentant d'annoncer qu'ils prendront "contact dans les plus brefs délais". Ce qu'ils n'ont jamais fait.

Il est vrai qu'ils ne sont qu'intermédiaires et dépendent par conséquent de l'offre de leur réseau. D'autant qu'aucun des acteurs en puissance ne souhaite réaliser de la vente directe sur son site (c'est actuellement interdit en France, mais cette règlementation pourrait "sauter" en 2002 pour cause d'harmonisation européenne). Réalité ou hypocrisie destinée à ne pas se mettre les concessionnaires à dos ? Seul Carclic fait exception à la règle : mais le site appartient à la société AMTT, un vendeur et revendeur de véhicules qui opère depuis près de 30 ans. Le site permettra très bientôt d'acheter son véhicule totalement en ligne (avec versement d'un acompte de 1 000 francs en ligne), puis paiement en deux fois. La livraison sera, quant à elle, effectuée directement (et gratuitement) à domicile.
Les Français sont-ils réellement mûrs pour cela ? "En tout cas, nous vendons via un call-center depuis des années", explique Christophe Tournant, le président de Carclic. En même temps, n'est-ce pas là la réelle utilité du Web ? Il est encore un peu tôt pour le savoir. Mais l'automobile online est prête pour son grand départ. Airbags conseillés.

[Laurence Matuchet, JDNet]
 
 
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