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Le
Journal du Net publie le premier Carnet
des décideurs de la nouvelle économie.
Cette base de données unique porte sur plus de
500 dirigeants d'entreprises de l'Internet français.
Elle permet de dresser un portrait précis de
la cyber-élite française.
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On les a vus à
la une des magazines, sur les plateaux des télévisions
: des entrepreneurs jeunes, très jeunes qui alignaient
des patrimoines potentiels de dizaines de millions de francs.
De là à penser que derrière des Fabrice
Grinda (Aucland, 26 ans), Oriane Garcia (Caramail, 28 ans)
ou Michel Meyer (Multimania, 29 ans), le gratin du Web français
n'était fait que de managers en herbe, il n'y avait
qu'un pas... Pourtant le manager type de l'Internet a 36 ans,
si on analyse de près les données du Carnet
du JDNet. Plus jeune sans doute que les managers des secteurs
traditionnels -près des trois-quarts d'entre eux ont
moins de 40 ans-, mais rien à voir avec le cliché
des étudiants-entrepreneurs. Et le phénomène
n'est pas près de s'inverser puisque les investisseurs
prônent de plus en plus l'arrivée de "seniors"
(entendez de quadras ayant roulé leur bosse dans l'ancienne
économie) aux postes-clés des start-up. Symbolique
: le remplacement musclé de Fabrice Grinda par Paul
Zilk, 43 ans, à la tête de Aucland.
La
répartition par tranches d'âges
|
Age
|
Proportion
|
| -
de 25 ans |
3,3%
|
| De
25 à 29 ans |
15,5%
|
| De
30 à 34 ans |
27,4%
|
| De
35 à 39 ans |
26,2%
|
| De
40 à 44 ans |
14,9%
|
| De
45 à 49 ans |
5,6%
|
| 50
ans et plus |
7,1%
|
La génération
la plus représentée est constituée
des -vrais- enfants de 68. Ils sont en effet 45, soit
près de 10% des e-managers, à être
nés cette année-là.
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Certes, les exemples de très
jeunes dirigeants existent bel et bien. Jérémi
Berrebi, fondateur de Net2one, âgé de 21
ans et souvent mis en avant
par les médias pour illustrer le phénomène
de la jeune génération d'entrepreneurs Internet.
A ses yeux, son âge a d'abord été un atout.
"On n'aurait jamais autant parlé de Net2One dans
les médias si je n'avais pas été si jeune,
reconnaît-il. Des émissions comme "Envoyé
Spécial" ou "Capital" n'auraient rien
fait sur nous, même si, par ailleurs, notre concept
était génial". Mais Jérémi
Berrebi ajoute aussitôt : "Nous ne sommes
pas si jeunes qu'on veut bien le croire. Je me suis entouré
de gens expérimentés. Chez mes actionnaires,
avec des gens comme Thierry Dassault, ou en recrutant de collaborateurs
plus âgés que moi. Je pense en revanche que mon
âge a été un inconvénient vis-à-vis
de certains journaux qui ont dénigré Net2one
en considérant que je n'étais qu'un jeune fou
qui ne faisait pas le poids. Pensez donc : je n'avais
pas d'avocat !"
Alexandre
Dreyfus, fondateur de Webcity, aujourd'hui âgé
de 22 ans, qui a quitté le lycée avant de passer
son Bac pour créer une première société
de conception de sites, n'est pas du même avis. "Pour
moi, mon jeune âge n'a sûrement pas été
un avantage, en particulier pour la première société
que j'avais créée avec un ami. C'est d'ailleurs
lui qui a négocié la vente de l'agence à
Publicis : il avait 26 ans et sortait d'une école
de commerce, ce qui correspondait mieux au profil du jeune
entrepreneur." Aujourd'hui à la tête de
sa deuxième société, Alexandre Dreyfus
considère que le seul avantage lié à
son âge, ce sont les encouragements mi-admiratifs, mi-perplexes
que des gens qui lui prodiguent "Vous avez déjà
créé votre société à votre
âge, mais c'est très bien ça !".
Il ne se fait pourtant pas fait d'illusion : "Cela ne
met pas en valeur l'entreprise..."
Mais les choses évoluent
vite et les financiers de la nouvelle économie, surtout
les capitaux-risqueurs, sont les premier à demander
aux "jeunes pousses" de se structurer en confiant
le management à des gens d'expérience. Xavier
Schallebaum, lui-même âgé de 27 ans,
mais surtout associé et directeur du fond de capital-
risque Apollo Invest, l'annonce clairement. "Aujourd'hui,
on ne va plus à la découverte. Il ne faut certes
pas décourager les entrepreneurs mais nous sommes là
pour participer à la création de véritables
entreprises". Interrogé sur son profil atypique
de très jeune parmi les investisseurs, Xavier Schallebaum
explique : "Mon âge n'a vraiment pas été
un handicap. Je suis aujourd'hui reconnu pour ma connaisance
du réseau mais je montre également que je suis
capable d'apprécier les qualités de management
de mes interlocuteurs. J'ai le sentiment que pour la première
fois avec Internet, les seniors nous ont laissé défricher
le terrain. Nous étions en quelque sorte les éclaireurs."
Mais le jeune financier reconnaît néanmoins :
"Au début, pour mes deux ou trois premiers rendez-vous,
je me suis senti gêné d'avoir à me prononcer
sur la viabilité ou l'intérêt de projets
qui m'étaient présentés par des gens
de 40 ou 50 ans..." D'ailleurs "s'interroger sur
l'âge de ces entrepreneurs a-t-il encore un sens?"
s'interroge François
Benveniste, PDG fondateur du site AbCool, un "senior"
de 54 ans, pionnier de l'Internet français. Ce dernier
explique :"Il ne faut pas confondre le jeune entrepreneur
et l'entrepreneur jeune! Pour ma part j'ai créé
ma première entreprise Calvacom il y a sept ans. Je
pense donc être encore un jeune entrepreneur."
Lorsqu'on l'interroge sur l'originalité
de ce secteur qui a quand même permis à quelques
jeunes porteurs de projets de monter des entreprises en disposant
de plusieurs dizaines de millions de francs pour le faire,
François Benveniste répond : "L'origine
de cet épi-phénomène, c'est que les investisseurs
se sont trouvés désinhibés vis-à-vis
de la jeunesse de leurs interlocuteurs. On a reproché
à ces très jeunes entrepreneurs d'avoir gaspillé
des millions mais la principale responsabilité vient
des investisseurs qui leur ont confié ces fonds alors
que leurs erreurs de jeunesse étaient prévisibles..."
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