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E-Commerce
Depuis 11 mois, les cartes bancaires ont un nouveau code spécial Internet
Pour faire face à la fraude en ligne, le GIE Cartes Bancaires ajoute depuis le début de l'année, un système de codage supplémentaire sur toutes les nouvelles cartes. Le système sera effectif en 2002. --> (Lundi 18 décembre 2000)
         

Alors que les études alarmistes sur les problèmes liés au paiement en ligne s'enchaînent, le GIE Cartes Bancaires travaille dans l'ombre depuis plusieurs mois sur une petite astuce qui pourrait bien redonner le sourire au commerce électronique. Depuis le début de l'année, un nouveau système de sécurité commence en effet discrètement à s'implanter sur chaque carte bancaire. Nom de code : "cryptogramme visuel". Loin des prouesses technologiques en matière de sécurité, ce système repose sur un principe rudimentaire. Depuis 11 mois, trois nouveaux chiffres ont fait leur apparition au sein de la zone réservée à la signature à même le dos des cartes (zone blanche). Trois petits chiffres tout simplement imprimés. Et à partir de 2002, ce "demi code Pin" sera systématiquement demandé aux acheteurs lors des transactions qu'ils effectueront en ligne ou par correspondance via un nouveau champ de saisie.

L'astuce est simple : ces trois chiffres, qui ne figurent que dans le dos de la carte, n'apparaissent ni sur les tickets distribuées par les guichets (auprès desquels s'approvisionnent en numéros de carte beaucoup de fraudeurs), ni sur les empreintes de cartes. Dès 2002, Il suffira au cyberconsommateur puis au commerçant de transmettre ces trois chiffres en plus de celui de la carte pour pouvoir effectuer une transaction auprès de la banque du porteur de la carte bancaire. Un petit outil de calcul cryptographique se chargera alors d'en valider la conformité : le temps des logiciels générant aléatoirement des numéros de carte est bientôt révolu.

Si ce "cryptogramme visuel" bloque le paiement à partir d'une facturette, il n'empêche pas, en revanche, un fraudeur d'utiliser une carte dès lors qu'il l'a dans les mains. Dans ce cadre, il est légitime de ce demander pourquoi ne pas avoir transmis à l'utilisateur "un code secret bis" afin qu'il le retienne sans que ce dernier n'apparaisse sur la carte. Chez GIE, on tient à justifier ce choix : "A l'heure actuelle, le paiement en ligne ne représente que 0.05 % du volume des ventes de détail. Les gens utilisent si peu leur Carte Bancaire pour acheter sur Internet, qu'ils pourraient facilement oublier ce numéro et rendre l'ensemble du système inopérant".

Autre question : pourquoi ne pas l'avoir annoncé plus tôt ? "tout simplement, apprend-t-on toujours chez le Groupement, parce que le système ne sert encore à rien. Il rentrera en fonction à partir du moment où l'ensemble des acteurs du milieu bancaire disposera des outils pour le traiter. Les français devraient pouvoir commencer à l'utiliser à partir de 2002". Les investissements nécessaires à la mise en place de ce nouveau système de sécurité resteront marginaux. Les banques et les sociétés de commerce y auront accès automatiquement lors du renouvellement de leur terminaux de paiement.

En avril dernier, le GIE Cartes Bancaires estimait le taux de fraude à 0,02 % du montant total des transactions en ligne, soit 176 millions de francs sur un chiffre d'affaires total de 883 milliards de francs. Malgré tout, le groupement tente de relativiser le phénomène : "Utiliser son numéro de carte en ligne fait aujourd'hui peur à tout le monde, alors qu'il est beaucoup plus risqué de se faire racketter en payant son essence ou en allant chercher des billets à un distributeur". Mais avec trois chiffres en plus, le cyberconsommateur devrait se sentir un peu plus rassuré...

[Philippe Rémond, JDNet]
 
 
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