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Mercredi 24 au soir, les entrepreneurs
du Net sont conviés dans les Salons de Boffrand de
la Présidence du Sénat pour l'inauguration du
Club.Senat.fr.
Cette association a pour vocation de servir de lieu de rencontres
entre des sénateurs intéressés par le
domaine des nouvelles technologies et des acteurs de la "nouvelle
économie". L'humeur a beau être parfois
morose ces temps-ci dans l'Internet français, les premiers
et les seconds sont pourtant une centaine à avoir
répondu à l'invitation de Christian Poncelet,
président du Sénat et, accessoirement, de ce
nouveau club.
Et comme tout ce petit monde
n'est pas là que pour déguster les petits fours,
chaque invité s'est vu remettre une feuille sur laquelle
figure une liste d'une dizaine de thèmes à choisir
pour les prochains diners-débats. Que du sérieux...
"Quelles pistes pour un droit mondial sur Internet",
"Le contenu sur Internet : qui doît maîtriser
quoi?", "En quoi la Net-économie transforme-t-elle
notre société?", etc. Un
choix de sujets que n'auront pas à faire Michel Bon
et Pierre Besnainou, respectivement PDG de France Télécom
et LibertySurf, qui étaient attendus mais font finalement
défaut. Un des petits jeux consiste d'ailleurs à
chercher les absents. "On a pensé à inviter
J6M?", demande innocemment un invité. Non, semble-t-il.
A défaut d'Ancienne économie,
la Nouvelle est là, représentée par Jérémie
Berrebi (créateur de la revue de presse électronique
via son moteur Net2One), Alexandre
Dreyfus, du réseau de sites de proximité
WebCity, qui a troqué son badge d'entrée du
Sénat contre une carte de visite épinglée
sur sa veste, ou Fabrice Grinda (fondateur du site de ventes
aux enchères Aucland), qui revient d'un congé
en Inde. Stéphane
Treppoz, PDG d'AOL France, est également dans l'assistance.
Visiblement ravi d'avoir obtenu satisfaction sur le dossier
de l'offre d'interconnexion illimitée, le manager salue
chaleureusement Jean-Michel Hubert, le président de
l'Autorité de Régulation des Télécommunications.
Une vingtaine de sénateurs,
dont Philippe Apnot ou Paul Loripant, cotoient des investisseurs
(Hervé Giaoui, d'Apollo Invest), des "business
angels" (André-Levy Lang, Patrick
Robin), des dirigeants (Fabrice
Sergent, de Lagardère Média, Marie-Christine
Levet, de Lycos France), des universitaires (Francis Balle)
ou des représentants des médias (Jean-Claude
Dassier, le PDG de LCI, et le journaliste Jean-Marc Sylvestre).
Un sondage express et informel dans la salle indique que le
sénateur le plus populaire est Pierre Lafitte, également
présent. Avoir été l'un des principaux
promoteurs du complexe Sofia-Antipolis y est certainement
pour quelque chose.
La foule assez animée
se scinde en deux à l'arrivée de Christian Poncelet.
Le président du Sénat et du Club commence son
discours en s'excusant de proposer un cocktail dinatoire plutôt
qu'un diner. "Le prochaine fois, l'ambiance sera plus
club", assure-t-il, avant de rappeler l'objectif -ambitieux...-
de cette nouvelle association : faire progresser la réflexion
sur la nouvelle économie en organisant des rencontres
entre acteurs économiques, entrepreneurs, "jeunes
étoiles du Net", investisseurs et "penseurs".
"Qui dit nouvelle économie dit nouvelle législation
(...) A nous d'en tirer les conséquences et si possible
en anticipant", déclare Christian Poncelet, droit
dans son costume sombre assorti d'une pochette rouge ("Si
ce soir, je n'ai pas retiré ma cravate, c'est que la
richesse de notre éco-système réside
dans notre diversité", se sent-il obligé
de préciser).
Haute-Assemblée oblige,
le formalisme est de rigueur. Après la présentation
des statuts de l'association, son adoption (rapide) et la
présentation de la composition du bureau, les membres
du club sont conviés à aller voter en "scrutin
uninomal à un tour" pour les trois thèmes
qui ont retenu leur intention. La procédure de vote
se veut très républicaine : un questeur appelle
au micro chaque membre, qui répond (ou non) à
l'appel. L'opération servira de fonds sonore à
une bonne partie de la soirée, tant la liste des votants
est longue.
"J'ai trouvé que
le discours de Christian Poncelet était bon, commente
Jérémie Berrebi, devenu un expert des arcanes
du Sénat. La dernière fois, à l'occasion
d'une rencontre organisée par Apollo Invest, il était
plutôt ennuyeux. Il a fallu un peu le bousculer pour
que cela devienne intéressant", raconte-il. "Je
crois que les sénateurs sont plus à notre écoute
que les députés, car ils ont moins la tête
dans le guidon", révèle Bernard
Ochs, vice-président marketing et développement
de Netvalue (mesure d'audience sur Internet). Celui-ci en
profite d'ailleurs pour convaincre Fabrice Grinda - en disponibilité
- de piloter un projet qu'il a élaboré autour
de portails en marque blanche qui prend en compte les centres
d'intérêt des utilisateurs.
L'un des invités évoque
la loi sur les stock-options, un texte actuellement entre
les deux chambres. Naturellement, beaucoup de discussions
évoquent la sotuation actuelle des start-up (pardon...
"jeunes pousses", comme on dit au Sénat)
qui se serrent la ceinture. "De toute manière,
on ne trouve plus d'investisseurs pour des levées de
fonds entre 5 et 200 millions de francs", soupire l'un
des entrepreneurs.
Xavier Schallebaum, vice-président délégué
du Club.Senat.fr (aussi appelé "Club des nouvelles
entreprises") et grand ordonnateur de la réunion,
se montre ravi. Mais le plus dur est peut-être à
venir : passée l'excitation de ce premier happening,
les futures rencontres connaîtront-elles le même
succès? En tout cas, le verdict du vote est tombé
: les trois thèmes de discussion de la prochaine seront
"Physionomies de la fracture numérique et remèdes",
"le contenu sur Internet : qui doit maîtriser quoi
?" et "En quoi la Net-économie transforme-t-elle
notre société?" Vaste programme.
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