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Le phénomène start-down
ne fait pas de cadeaux. Même aux coureurs de fond comme
AbCool.
Le site marchand de jeux et jouets, lancé en novembre
1999, devrait en effet prononcer sa dissolution anticipée
dès le 2 mars au cours de la prochaine assemblée
générale de l'entreprise. "C'est une mesure
souhaitée par la majorité des actionnaires,
précise François Benveniste, PDG et fondateur
d'AbCool. Car face aux conditions de marché et aux
réticences des financiers, nous préférons
atterrir en douceur." Sur l'exercice 2000, le site a
réalisé un chiffre d'affaires de 3,5 millions
de francs alors qu'il tablait sur 10 millions de francs. "Notre
équilibre était encore loin, puisque notre point
mort de situait à 60 millions de francs."
Pour tenter de partir sur une
nouvelle dynamique, AbCool et son fournisseur Partner Jouet
-qui détient un petit quart du capital du site- avaient
pourtant imaginé au cours de l'été dernier
la création d'une holding commune regroupant des activités
BtoC (AbCool) et BtoB
(Partner Jouet). Un protocole d'accord avait même été
signé en novembre 2000. Deux fonds déjà
présents au tour de table initial d'AbCool, Galileo
Partners et Partech International, ont alors apporté
un raccord de 8 millions de francs. "Pour
lancer cette holding, il nous fallait lever 50 millions de
francs, explique François Benveniste. Mais vu l'état
des places financières et les déboires d'eToys,
les investisseurs n'ont pas suivi." En dernière
instance, le site a lancé quelques signaux à
des acquéreurs potentiels, "mais là aussi,
tout le monde était refroidi".
AbCool
se prépare donc à cesser ses activités
à partir du 3 mars, le site devant rester ouvert jusqu'à
fin mars pour assurer les dernières commandes et offrir
une vitrine aux actifs de la société (marque,
serveurs, logiciels...). L'équipe de 22 personnes se
place, elle, progressivement sur le marché du travail.
"AbCool était une superbe expérience au
cours de laquelle j'ai appris beaucoup de choses, conclut
François Benveniste. Je reste d'ailleurs persuadé
qu'Internet représente un marché potentiel énorme.
En revanche, les délais pour que ce marché prenne
de l'ampleur sont bien plus longs que prévu..."
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