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Depuis
le lundi 26 février, 14 heures, c'est la ruée
vers les noms de domaine accentués en ".com, .net,
.org" (voir l'article
JDNet du 21/02/01). Les quelque sociétés d'enregistrement
qui proposent cette nouveauté ont même été
amenées à renforcer leurs infrastructures pour
répondre à la demande. Si aucune pré-réservation
n'était officiellement possible avant lundi dernier,
les registrars ont néanmoins accepté de passer
en priorité, pour leurs meilleurs clients, quelque
listes de noms dès l'ouverture de l'enregistrement.
Les sociétés spécialisées dans
le nommage ont en effet pris soin de prévenir à
temps leurs meilleurs clients du lancement de ces nouvelles
URL. Certaines grosses firmes françaises présentes
sur Internet ont ainsi réserver près de 1.000
noms de domaines plus ou moins proches de leurs activités.
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Les
résultats de trois registrars français
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Domainoo
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Indomco
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SOS-Domaines
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Nombre
de noms pré-enregistrés
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800
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500
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1.000
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Noms
de domaines avec accents enregistrés
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près
de 2.000
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2.200
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plusieurs
milliers
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Tarif
(en francs, HT)
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280
(contre 250 francs normalement)
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399
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395
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Audience
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multipliée
par deux
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multipliée
par trois
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NC
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"Nous
avons enregistré 450 noms en 1/2 heure lundi et la
dernière demande est tombée à 4 heures
du matin, explique Raphaël Raingold, directeur marketing de
Domainoo.
Pour répondre à la demande, nous avons dû
rajouter deux serveurs frontaux et un autre pour répartir
les charges. Sans cet investissement nécessaire, nous
aurions été obligés de refuser nombre
de demandes." Du côté de SOS-Domaines
et de Indomco,
la ruée a été identique. Ce dernier annonce
même 70.000 noms de domaines vérifiés
par jour depuis lundi contre 20.000 en moyenne en temps normal.
Une véritable
manne pour les registrars, alors que le dépôt
de noms de domaine classiques en ".com" était
de plus en plus saturé. Mais si le nommage accentué
relance à plein le marché de l'enregistrement
d'URL il risque, aussi, d'aboutir sur une ribambelle de nouveaux
procès. Les registrars ont donc décidé
de faire la police, mais d'une drôle de manière. "Pour
éviter l'achat de noms de domaines génériques
par n'importe qui, précise Pierre Berecz, directeur
de la communication de Indomco, nous avons acheté un
certain nombre de ces noms et nous les mettrons aux enchères
d'ici quelques temps. De cette manière, nous sommes
sûrs qu'ils seront achetés par des sociétés
du secteur et non par des squatteurs." Une bonne façon
de faire grimper les prix...
Mais les
URL accentuées posent un problème bien plus
important : celle de leur propre existence. Cette initiative
est en effet partie d'une société asiatique
qui a mis au moins un programme de traduction de caractères
avec accents*. Délibérément, aucune publicité
n'a été faite autour de ce nouveau dispositif.
La stratégie de la société était
alors d'imposer ce programme comme un standard auprès
de l'IETF, la grande instance des communications internationales.
Cette dernière édite des normes télécoms
comparables aux normes internationales ISO. Or, pour l'heure,
les noms de domaine accentués ne dépendent toujours
pas d'une norme établie par l'IETF. "Pour l'instant,
les gens payent mais c'est en fait une liste d'attente, indique
Ludovic Pont, responsable du département des noms de
domaine dans la société CVFM,
éditrice du site SOS-Domaines. C'est un pari sur la
reconnaissance de ces caractères, mais rien n'est encore
fait. Néanmoins, nous conseillons une pré-réservation
à nos clients pour qu'ils ne soient pas démunis
si jamais cela devient officiel."
Autre
problème : lors de l'enregistrement d'un nom de
domaine accentué, il n'est pas encore possible de vérifier
que le nom a bien été enregistré par
son propriétaire, toutes les informations généralement
nécessaires n'étant pas demandées. Les
noms des contacts administratif et technique et les noms des
serveurs ne sont ainsi pas exigés. Or, dans la mesure
où les "whois"** ne sont pas disponibles,
et ne le seront sans doute pas avant la moitié de la
semaine prochaine, quelle demande pour un même nom de
domaine va alors primer ? A ce jour, il est donc techniquement
impossible d'affirmer quelle personne a enregistré
la première un nom de domaine accentué. Dernier
problème, et non des moindres : il est possible
de réserver une URL sous deux formes, avec accents
ou sans traduction des accents ("société.com"
sous la forme "société.com"). Or, dans la pratique,
ces deux URL sont identiques... Une autre belle pagaille en
perspective.
* Société.com
correspond en fait à société.com
** Les fiches techniques de chaque nom donnant le nom du propriétaire,
de son registrar et du serveur
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