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Médias
eTF1 vise la rentabilité en 2004
26 millions de francs revenus en 2000 pour 150 de dépenses : la filiale interactive de TF1 paye sa position de leader français des médias en ligne. --> (Vendredi 2 mars 2001)
         

A l'occasion de la présentation des résultats 2000 du Groupe TF1 (détenu à 39,8% par le Groupe Bouygues) jeudi matin, son PDG Patrick le Lay est revenu sur les développements en ligne de la chaîne de télévision, en l'absence d'Anne Sinclair, qui dirige la filiale Internet eTF1. "Nous avons pris des décisions raisonnables dans Internet, autour duquel il y a eu beaucoup de rêve en 2000", a-t-il commenté en introduction. L'objectif pour cette année est donc de se concentrer sur l'accès sur l'édition et la distribution de contenu en ligne. Pour cela, le PDG de TF1 compte s'appuyer sur deux axes : TF1.fr, qui se revendique comme le premier média en ligne français en terme d'audience (près de 50 millions de pages vues selon Cybermétrie en janvier 2001) et le portail sportif paneuropéen Eurosport.com (TF1 ayant récemment acquis 100% de la chaîne numérique).

Dans le courant du premier semestre, TF1.fr, récemment refondu (cf interview JDNet du 16/01/01), va passer sous l'outil Vignette, ce qui ouvrira la porte à la personnalisation de l'information. Un portail haut débit devrait également voir le jour ainsi qu'un service en ligne vocal. Dans le courant du deuxième semestre 2001, eTF1 devrait développer de nouvelles thématiques comme les jeux (diffusion et production) ou le "people". Des nouvelles versions des sites thématiques sont également programmées : TFou (enfants), Plurielles (femmes), Bourse, etc. Un portail haut débit devrait également voir le jour ainsi qu'un service vocal dans le courant de l'année.

Parallèlement, la chaîne paneuropéenne Eurosport (et son service d'informations en continu Eurosport News), dorénavant propriété à part entière du Groupe TF1, va poursuivre le développement de son concept multi-canaux (télévision, Internet, téléphone mobile). Le site multilingue Eurosport.com récemment rénové (cf article JDNet du 02/11/00) recense actuellement 900.000 visiteurs uniques par mois et 15 millions de pages vues (source Open AdStream).
L'apparition de nouvelles chaînes numériques, comme LCFI (informations financières) dont le lancement est prévu d'ici la fin de l'année, devrait être accompagnée de projets Internet. Au cours de la conférence de presse, les dirigeants de TF1 ont d'ailleurs annoncé que la chaîne financière américaine CNBC (Groupe NBC, filiale de General Electric) devrait s'associer à ce projet audiovisuel numérique à hauteur de 40%.

Autre alliance davantage marquée sous le signe de l'Internet : les groupes Crédit Agricole et TF1 ont signé jeudi un accord de co-branding pour la réalisation et le développement d'un portail généraliste rattaché au groupe bancaire. Ce portail offrira les services et les produits du Crédit Agricole, enrichis des contenus du portail tf1.fr à partir de juin 2001. Le portail du groupe Crédit Agricole "aura vocation à être décliné au niveau régional par chacune des 52 caisses régionales du Crédit Agricole", précise un communiqué émis par TF1 mercredi soir.

Les activités Internet de TF1 ont généré un chiffre d'affaires de 4,1 millions d'euros en 2000 (environ 26 millions de francs). Un résultat qui concorde avec les déclarations d'Anne Sinclair dans l'hebdomadaire "Stratégies" mi-janvier : eTF1 a généré 20 millions de francs de recettes pour des dépenses de 150 millions de francs. L'objectif est d'atteindre le seuil de la rentabilité en 2004. La publicité représente 80% des recettes de TF1.fr, l'e-commerce représentant 20%. Au cours de la conférence de presse, Patrick Le Lay a indiqué que le budget 2000 de eTF1, qui s'élève à 150 millions de francs, sera renouvelé cette année. L'effectif de la filiale Internet s'élève à 94 personnes actuellement.

Signe des temps : on a beaucoup plus parlé du numérique hertzien que de l'Internet au cours de la présentation des résultats 2000 de TF1. Il faut rappeler que la chaîne de télévision a clairement révisé ses ambitions à la baisse en terme de développements Internet. Son projet d'accès Internet haut débit, annoncé l'année dernière et qui auraît dû être déployé actuellement, reste finalement dans les cartons (cf article JDNet du 03/11/00). Une décisions stratégique que justifie Patrick Le Lay par le déploiement ADSL jugé lent au niveau national. "Lorsqu'il y aura un vrai marché avec l'ADSL et la diffusion de streaming par satellite, nous reviendrons", a commenté Patrick Le Lay en marge de la conférence. Un peu de patience ou un peu de sagesse.

[Philippe Guerrier, JDNet]
 
 
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