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Dans
un rapport publié aujourd'hui par le Conseil
Economique et Social (CES), André Marcon,
représentant des entreprises privées au
CES, met en avant les lacunes du déploiement
des réseaux à haut débit en France.
Il propose six grandes mesures pour aménager
le territoire de manière idoine et atteindre
ainsi 2 mégabits sur l'ensemble de l'hexagone.
Le rapport souligne également que cette uniformisation
de l'accès au haut débit, et plus globalement
aux NTIC, permettrait de proposer un abonnement forfaitaire
mensuel compris entre 20 et 25 euros.
Voir
le rapport
du CES en PDF
JDNet.
Quel est votre bilan sur la diffusion actuelle du haut
débit en France ?
André Marcon. Je crois que le problème
ne vient pas d'un manque de développement du
haut débit en France mais surtout d'un mauvais
état d'esprit face au haut débit. Le grand
public et les citoyens ne se sont pas appropriés
l'urgence d'installer le haut débit sur le territoire.
Nos compatriotes ne se rendent pas compte du besoin
qu'ils vont avoir de ces technologies. Et si les grandes
entreprises en ont saisi l'enjeu, les plus petites ne
s'en sont toujours pas occupé. Alors que ce sont
certainement elles qui pourraient le plus tirer profit
de ces nouvelles technologies. Ce qui est décevant,
c'est que l'Etat regarde passer le train sans gommer
les erreurs. Pourtant, les collectivités territoriales
s'inquiètent de cette situation...
Quelles
sont les principales propositions suggérées
dans votre rapport ?
Il faut tout d'abord que l'Etat se réapproprie
le rôle d'aménageur en mettant un peu d'argent
au pot et en se posant comme le coordinateur des initiatives
qui sont mises en place. Il n'est pas question que l'Etat
paye tout. Les collectivités territoriales sont
par exemple d'accord pour participer. Mais l'Etat doit
jouer son rôle. Grâce à la vente
des licences UMTS, l'Etat a récolter plus de
32 milliards de francs. Il serait sans doute intéressant
d'utiliser une partie de cet argent pour mettre en place
les nouvelles technologies. Derrière, nous préconisons
un état des lieux du haut débit en France
car, à l'heure actuelle, personne n'est capable
de dire où sont les tuyaux de fibre optique et
où sont exactement positionnés les pylônes.
Nous préconisons très fortement une technologie
qui passe par la fibre optique et que celle-ci arrive
dans toutes les communes. L'Etat doit étudier
la possibilité, soit de mutualiser ces infrastructures,
soit d'envisager éventuellement un opérateur
unique des réseaux qui laisserait ensuite le
champ ouvert à la concurrence sur l'utilisation
finale. Le problème, c'est que nous sommes très
en retard. Alors que nous demandons un minimum de 2
mégabits sur le territoire, avec la possibilité
de passer à terme à plusieurs centaines,
le Canada a d'ores et déjà prévu
que d'ici la fin de 2005, tous les foyers canadiens
auront un débit de 1 gigagabit...
Quelle
est votre position par rapport à l'ART et à
la nouvelle mise en demeure de France Télécom ?
Je crois qu'il faut préciser les missions de
l'ART et lui donner un peu plus de moyens. Par exemple,
actuellement, vous avez des taux de couverture affichés
par les opérateurs de téléphonie
qui atteignent les 98% de la population. Cela ne veut
rien dire 98% de la population, puisque c'est d'un territoire
dont on parle. Il faut donc parler en terme de territoire
et pas en terme de population. En ce qui concerne la
nouvelle mise en demeure de France
Télécom, je trouve que l'ART a tout
à fait raison. A force de ne pas vouloir trancher
dans ce pays, on prend des risques. Il faut pouvoir
dire une fois pour toute si France Télécom
est un opérateur de services ou un opérateur
de réseaux. A la limite, il peut être les
deux, mais il faut alors qu'il se sépare en deux
entités, comme ce qui existe chez EDF. Pour l'instant,
France Télécom vit sur ses acquis, sur
un réseau de fibres optiques particulièrement
dense. Ce réseau a d'ailleurs été
payé par les usagés par le biais de prix
des communications téléphoniques faramineux
jusqu'au développement de la concurrence. Malgré
cela, le réseau reste propriété
de France Télécom et les opérateurs
alternatifs doivent se constituer leur propre réseau.
On est dans de la gabegie !
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