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Le leader français
de l'accès Internet est dans le collimateur de
la Commission européenne. L'exécutif européen
a annoncé vendredi qu'il soupçonnait Wanadoo Interactive
(division ISP d'&Wanadoo) de pratiquer des tarifs
ADSL à destination du grand public à un
niveau inférieur à leurs coûts,
ce qui pourrait constituer un abus de sa position dominante
sur le marché français dans le domaine de l'accès à
haut débit. Un secteur sur lequel la filiale Internet
de France Télécom détient 90% du marché.
La Commission Européenne annonce 500.000 accès
Internet rapide pour la clientèle résidentielle
en France. Deux tiers des accès reposent sur
l'ADSL, le reste étant exploité par des
câblo-opérateurs.
En
clair, ce sont les tarifs de certains packs ADSL commercialisés
par &Wanadoo (X-Tense et Wanadoo ADSL) qui sont
mis en cause. Ces kits de connexion Internet rapide
seraient vendus à perte, ce qui constituerait
une atteinte à la concurrence vis-à-vis
des autres opérateurs. "Le maintien des
prix en dessous des coûts pour ces deux services
crée un contexte difficile pour la croissance
des concurrents, estime la Commission Européenne
dans sa notification.
La politique de tarification des services ADSL de Wanadoo
pourrait donc révéler un abus de position
dominante prohibé par l'article 82 du Traité",
précise le communiqué diffusé par
l'exécutif européen.
"Wanadoo se déclare
très surpris", a indiqué Nicolas
Dufourcq, le PDG du groupe, dans un communiqué
diffusé vendredi en fin d'après-midi en
réaction à cette "assignation"
de la Commission européenne. Le patron du FAI
estime se retrouver dans une situation paradoxale "d'avoir
tiré trop bas sur le tarif de l'Internet haut
débit pour le grand public" et poursuit
son argumentaire en présentant l'historique de
sa politique de prix. Actuellement, les kits ADSL de
& Wanadoo sont vendus à 298 francs. "La
Commission semble également considérer
que Wanadoo bénéficie de tarifs préférentiels
de France Télécom. Ce n'est pas le cas
: l'ensemble des prestations achetées à
France Télécom le sont au prix grand public",
précise Nicolas Dufourcq.
Outre cette enquête
de la Commission Européenne, qui concerne la
tarfication ADSL grand public, France Telecom, la maison-mère
de &Wanadoo, doit également prêter
une oreille attentive aux critiques relatives au dossier
du dégroupage. Fin novembre, Erkki Liikanen,
le Commissaire européen aux Entreprises et à
la société de l'Information, avait dénoncé
les opérateurs "historiques" européens
qui ont encore des attitudes monopolistiques sur la
boucle locale et avait brandi la menace de sanctions
contre certains Etats membres.
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