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A partir de lundi, va s'ouvrir
devant la cour fédérale de White Plains,
dans l'Etat de New York, une première audience
qui risque de faire couler beaucoup d'encre dans le
monde Internet. BT, l'opérateur historique britannique,
accuse le FAI américain Prodigy, propriété
de SBC Communications, de violer le brevet qu'il a déposé
en 1976 sur... le lien hypertexte. Avec cette procédure
juridique, qui ne peut être exercée que
sur le sol américain, le brevet se limitant aux
seuls Etats-Unis et jusqu'en 2006, BT revendique pour
la première fois la paternité sur l'une
des technologies fondatrices du Web.
Cette
action en justice, sur laquelle l'opérateur travaille
depuis le début 2000, a déjà mobilisé
Outre-Atlantique la communauté des développeurs
et des programmeurs. Une communauté allergique
par nature à la notion de brevets et qui pourrait
faire de BT son nouveau Microsoft. Ces experts estiment
que si paternité sur le lien hypertexte il y
a, elle est notamment à attribuer à Douglas
Engelbart, membre du Stanford Research Institute, inventeur
de la souris et de la technologie de pointage en 1968
(lire l'encadré ci-dessous).
La procédure lancée
par BT risque donc de provoquer une levée de
boucliers au sein de la communauté Internet.
D'autant que cette première action juridique
est un ballon d'essai pour
l'opérateur britannique. En cas de succès,
le cabinet Kenyon & Kenyon, qui représente BT
dans cette affaire, compte se retourner vers d'autres
FAI, seuls acteurs solvables dans la diffusion des liens
hypertexte. AOL aurait déjà reçu
une première assignation. Si
BT a peut-être trouvé grâce à
ces procédures un nouveau moyen pour faire fructifier
les 450 millions de dollars qu'il consacre par an sur
sa R&D (les royalties sur le brevet depuis l'explosion
du Web en 1995 pouvant s'avérer colossaux), il
risque surtout de s'exposer à une violente campagne
de la part de la communauté des "techies"
et des internautes. Allô, Bill ?
Les
racines de l'hypertexte
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| Au jeu de l'antériorité
sur le lien hypertexte, d'autres chercheurs n'hesitent
pas à évoquer Ted Nelson, sociologue
et informaticien américain. En 1965, l'homme a initié
le projet Xanadu, un réseau cherchant à regrouper
la production écrite mondiale et structuré
à partir de liens hypertextes. A ce titre,
en mars 2001, Ted Nelson a reçu les insignes
d'officier des arts et lettres des mains de Catherine
Tasca. Certains
informaticiens remontent même jusqu'en 1945.
A la fin de la deuxième guerre mondiale,
Vannevar Bush, chercheur du MIT (Massachussetts
Institute of Technology), imagine une architecture
de stockage documentaire basée sur des associations.
Le chercheur ne parle pas alors de liens hypertexte
mais de Memex (Memory Extender). |
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