Interviews

Stéphanie de Labriolle
Directrice Marketing
Mobileway

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Mobileway, start-up américaine d'origine française spécialisée dans la gestion et la monétisation des transactions mobiles, se développe en Europe et dans le reste du monde à une cadence élevée. La société, qui prétend toucher via ses accords avec de multiples opérateurs mobiles plus de 90 % des utilisateurs de portables dans le monde, vient de signer un partenariat avec Hotmail pour la région Asie : le "pionnier de la technologie SMS", comme il se définit, sera chargé du service de consultation des mails par SMS du service de Microsoft. Avec un marché asiatique très prometteur pour les services mobiles, la zone géographique devient un enjeu considérable pour le groupe.

          

Propos recueillis par Thuan Huynh le 04 juillet 2002 .

JDNet. Comment se structure aujourd'hui l'offre de Mobileway ?
Stéphanie de Labriolle. Nous sommes bien plus qu'un simple "SMS agrégateur" comme on pourrait le croire. En fait, notre activité est à proprement parler de gérer les transactions mobiles que nous effectuons à travers notre infrastructure. Avec nos 88 opérateurs mobiles partenaires, qui nous permettent de toucher environ 90% de la population mondiale, nous réalisons d'un coté du "publishing" qui est de la diffusion de propriété intellectuelle pour un fournisseur de contenu vers les utilisateurs mobiles, et de l'autre côté, du "settlement", notion liée au "revenue sharing" qui désigne le partage de revenus entre nous et les services que nous offrons. Une partie de ces revenus sert à payer les opérateurs.

Sur quelle base s'effectue cette répartition ?

Pour le partage, il n'y a pas de règles prédéfinies. La répartition diffère selon les opérateurs avec qui nous travaillons, selon le pays, selon les services... Par exemple, un opérateur pourra décider d'un pourcentage sur les revenus en fonction du budget de publicité ou de communication engagé pour promouvoir le service. Docomo, qui est un peu la référence en termes de "revenue sharing", reversait 90 % des revenus aux fournisseurs de contenu, mais il n'avait pas les coûts de transports. Suivant les pays, ces coûts peuvent être très importants, et le pourcentage peut tomber à 50 % voire à 10 %. Et c'est là qu'une société comme Mobileway est utile, parce que nous nous chargeons de gérer cette complexité sur l'ensemble des opérateurs pour un même fournisseur de contenu.

Comment sont répartis les différentes activités de Mobileway ?
Je dirais qu'actuellement, 60-65% des activités sont concentrées en Europe, un gros 25% en Asie, une région qui connaît une forte croissance ces dernières années. Et le reste aux Etats-Unis, qui est un marché beaucoup moins mûr, où les SMS, je dirais, commencent à peine à être utilisés. Nous employons au total 120 personnes, en partie des commerciaux, mais aussi une grosse partie technique, parce que nous sommes une société d'infrastructure qui déploie des plate-formes techniques et des applications pour nos clients.

Vous vendez également des solutions techniques ?
Non, nous sommes entièrement une société de services. Contrairement au reste du monde de l'Internet, chaque opérateur a ses propres systèmes et nous sommes obligés de développer énormément de technologies au sein de notre infrastructure pour pouvoir nous interfacer avec les leurs. Que ce soit au niveau de leurs systèmes de SMS ou de leurs systèmes de paiement.

Mobileway se développe énormément actuellement. Est-ce cela peut retarder la rentabilité du groupe ?
Nous pensons atteindre la rentabilité dans le courant de l'année prochaine. Nous bénéficions également d'un récent partenariat avec Citibank pour pallier à la durée de reversement des revenus de 120 jours par les opérateurs. Nous touchons ainsi les revenus plus rapidements.

Quels sont les types de produits qui intéressent le plus les utilisateurs mobiles ?
Suivant la maturité du marché, qui varie d'une région à une autre, mais également très fortement selon les pays de la même zone, on constate toujours un peu la même séquence. Ce sont tout d'abord les ring tones et les sonneries, et puis ça va vers des votes et des jeux. Mais vraiment, ce qui marche le mieux, c'est l'entertainment. C'est ce qui tire vraiment le marché vers l'avant.

L'arrivée des nouvelles technologies comme le GRPS et à plus long terme va-t-il modifier sensiblement votre offre ?
Notre technologie évoluera naturellement. D'ailleurs notre groupe technique y travaille déjà. En terme de services, pour prendre l'exemple de notre partenariat avec Hotmail, le GRPS ne changera pas grand chose. On se rend compte que les personnes, même si elles peuvent télécharger des fichiers par 'train', préfèrent utiliser les SMS comme des alertes et télécharger les fichiers de chez eux. La technologie améliorera sensiblement ce service, mais les fonctions ne changeront pas du tout au tout.

Comment voyez-vous l'avenir des SMS ?
On annonce toutes sorte de chiffres mais ce qui est certain, c'est que les SMS vont continuer pour les 4-5 ans à venir avant de subir un peu la concurrence des nouveaux formats du type MMS ou EMS. Comme l'Asie regorge d'utilisateurs potentiels, ce sera sans doute de là-bas que viendront les plus grands changements. Le marché européen arrive aussi à maturité et le talonne. L'utilisation des SMS se perfectionnera également, et notamment en réponse à la demande du e-commerce et des services bancaires. Avec Citibank par exemple, nous lancerons prochainement une solution de paiement par SMS. Chacun des utilisateurs finaux sera identifié par leurs codes SIM. Ce moyen est plus agréable que donner son numéro de carte de crédit en ligne.

On commence à voir apparaître des "spam SMS". Est-ce que cela vous inquiète ?
Je dirais que c'est inévitable. Lorsqu'une technologie émerge, elle fait souvent l'objet de piratage ou de spam. Cela se voit avec l'e-mail marketing ; cela se verra sans doute de plus en plus avec les SMS. Mais on travaille à régler le problème : nous collaborons avec des associations et des organismes de sécurité informatique pour réduire ce phénomène. Nous développons des protections pour nos systèmes également.

Etes-vous une grande consommatrice de SMS ?
Assez oui. J'aime bien être alertée rapidement.

Qu'est-ce que vous aimez de l'Internet ?
Les différents outils qu'on y trouve. Je l'aborde d'une manière très utilitaire, je ne suis pas du genre à passer mon temps dans des 'chats'.

Ce que vous détestez ?
Pas grand chose. C'est un outil vraiment formidable.


Stéphanie de Labriolle, 33 ans, est en charge de la stratégie de communication internationale pour MobileWay et des opérations marketing de premier plan pour accroître la notoriété de la société au niveau mondial. Elle est également chargée de la coordination globale du réseau d'agences de relations presse qui travaillent au service de MobileWay. Au cours de sa précédente fonction de Directrice de la Communication d'Oberthur Card Systems, elle a notamment conduit la stratégie de communication internationale de l'entité au moment de l'acquisition de DeLaRue Card Systems par Oberthur en 1999 et de l'introduction en bourse de la société en 2000. Stéphanie de Labriolle est diplômée de l'Université de Montpellier et titulaire d'un BA de l'Université de Nottingham (UK).

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