JDNet.
Comment se structure aujourd'hui l'offre de Mobileway
?
Stéphanie de Labriolle.
Nous sommes bien
plus qu'un simple "SMS agrégateur"
comme on pourrait le
croire. En fait, notre activité est à
proprement parler de gérer les transactions mobiles
que nous effectuons à travers notre infrastructure.
Avec nos 88 opérateurs mobiles partenaires, qui
nous permettent de toucher environ 90% de la population
mondiale, nous réalisons d'un coté du
"publishing" qui est de la diffusion de propriété
intellectuelle pour un fournisseur de contenu vers les
utilisateurs mobiles, et de l'autre côté,
du "settlement", notion liée au "revenue
sharing" qui désigne le partage de revenus
entre nous et les services que nous offrons. Une partie
de ces revenus sert à payer les opérateurs.
Sur
quelle base s'effectue cette répartition ?
Pour le partage, il n'y a pas
de règles prédéfinies. La répartition
diffère selon les opérateurs avec qui
nous travaillons, selon le pays, selon les services...
Par exemple, un opérateur pourra décider
d'un pourcentage sur les revenus en fonction du budget
de publicité ou de communication engagé
pour promouvoir le service. Docomo, qui est un peu la
référence en termes de "revenue sharing",
reversait 90 % des revenus aux fournisseurs de
contenu, mais il n'avait pas les coûts de transports.
Suivant les pays, ces coûts peuvent être
très importants, et le pourcentage peut tomber
à 50 % voire à 10 %. Et
c'est là qu'une société comme Mobileway
est utile, parce que nous nous chargeons de gérer
cette complexité sur l'ensemble des opérateurs
pour un même fournisseur de contenu.
Comment
sont répartis les différentes activités
de Mobileway ?
Je dirais qu'actuellement, 60-65%
des activités sont concentrées en Europe,
un gros 25% en Asie, une région qui connaît
une forte croissance ces dernières années.
Et le reste aux Etats-Unis, qui est un marché
beaucoup moins mûr, où les SMS, je dirais,
commencent à peine à être utilisés.
Nous employons au total 120 personnes, en partie des
commerciaux, mais aussi une grosse partie technique,
parce que nous sommes une société d'infrastructure
qui déploie des plate-formes techniques et des
applications pour nos clients.
Vous vendez
également des solutions techniques ?
Non, nous sommes entièrement
une société de services. Contrairement
au reste du monde de l'Internet, chaque opérateur
a ses propres systèmes et nous sommes obligés
de développer énormément de technologies
au sein de notre infrastructure pour pouvoir nous interfacer
avec les leurs. Que ce soit au niveau de leurs systèmes
de SMS ou de leurs systèmes de paiement.
Mobileway
se développe énormément actuellement.
Est-ce cela peut retarder la rentabilité du groupe
?
Nous pensons atteindre la rentabilité
dans le courant de l'année prochaine. Nous bénéficions
également d'un récent partenariat avec
Citibank pour pallier à la durée de reversement
des revenus de 120 jours par les opérateurs.
Nous touchons ainsi les revenus plus rapidements.
Quels sont
les types de produits qui intéressent le plus
les utilisateurs mobiles ?
Suivant la maturité du
marché, qui varie d'une région à
une autre, mais également très fortement
selon les pays de la même zone, on constate toujours
un peu la même séquence. Ce sont tout d'abord
les ring tones et les sonneries,
et puis ça va vers des votes et des jeux. Mais
vraiment, ce qui marche le mieux, c'est l'entertainment.
C'est ce qui tire vraiment le marché vers l'avant.
L'arrivée
des nouvelles technologies comme le GRPS et à
plus long terme va-t-il modifier sensiblement votre
offre ?
Notre technologie évoluera
naturellement. D'ailleurs notre groupe technique y travaille
déjà. En terme de services, pour prendre
l'exemple de notre partenariat avec Hotmail, le GRPS
ne changera pas grand chose. On se rend compte que les
personnes, même si elles peuvent télécharger
des fichiers par 'train', préfèrent utiliser
les SMS comme des alertes et télécharger
les fichiers de chez eux. La technologie améliorera
sensiblement ce service, mais les fonctions ne changeront
pas du tout au tout.
Comment
voyez-vous l'avenir des SMS ?
On annonce toutes sorte de chiffres
mais ce qui est certain, c'est que les SMS vont continuer
pour les 4-5 ans à venir avant de subir un peu
la concurrence des nouveaux formats du type MMS ou EMS.
Comme l'Asie regorge d'utilisateurs potentiels, ce sera
sans doute de là-bas que viendront les plus grands
changements. Le marché européen arrive
aussi à maturité et le talonne. L'utilisation
des SMS se perfectionnera également, et notamment
en réponse à la demande du e-commerce
et des services bancaires. Avec Citibank par exemple,
nous lancerons prochainement une solution de paiement
par SMS. Chacun des utilisateurs finaux sera identifié
par leurs codes SIM. Ce moyen est plus agréable
que donner son numéro de carte de crédit
en ligne.
On commence
à voir apparaître des "spam SMS".
Est-ce que cela vous inquiète ?
Je dirais que c'est inévitable.
Lorsqu'une technologie émerge, elle fait souvent
l'objet de piratage ou de spam. Cela se voit avec l'e-mail
marketing ; cela se verra sans doute de plus en plus
avec les SMS. Mais on travaille à régler
le problème : nous collaborons avec des associations
et des organismes de sécurité informatique
pour réduire ce phénomène. Nous
développons des protections pour nos systèmes
également.
Etes-vous
une grande consommatrice de SMS ?
Assez oui. J'aime bien être
alertée rapidement.
Qu'est-ce
que vous aimez de l'Internet ?
Les différents outils
qu'on y trouve. Je l'aborde d'une manière très
utilitaire, je ne suis pas du genre à passer
mon temps dans des 'chats'.
Ce que
vous détestez ?
Pas grand chose. C'est un outil
vraiment formidable.
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