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En décembre dernier,
en présentant le décodeur vidéo DSL
développé conjointement avec Thomson Multimédia,
Serge Tchuruk, le PDG d'Alcatel, n'y allait pas par quatre
chemins : "L'univers concurrentiel des télécoms
est sur le point de basculer. Nous allons passer d'une
concurrence frontale entre opérateurs historiques et opérateurs
alternatifs à une concurrence frontale entre opérateurs
télécoms et câblo-satellito-opérateurs". Près d'un
an plus tard, le marché est sur le point de donner
raison au patron d'Alcatel. Après avoir calé
sur le câble et sur le satellite, les acteurs télécoms
tiennent leur nouvelle arme pour réinvestir l'univers
du broadcast vidéo : la technologie DSL.
"D'un
point de vue technologique, la ligne d'abonné
numérique à très haut débit
(VDSL) peut être considérée comme
le successeur de la ligne d'abonné numérique
asymétrique (ADSL)." Ces lignes, rédigées
au quatrième trimestre 2000 par une équipe
d'ingénieurs d'Alcatel, résonnent étrangement
aujourd'hui, à l'heure où l'ADSL tient
le haut du pavé. Mais depuis trois ans, et dans
une relative discrétion, les acteurs des télécoms
réfléchissent et travaillent sur la "v2"
de l'ADSL.
Basée sur la même technologie
(les signaux VDSL sont transportés sur une paire de
cuivre, simultanément et sans interférence avec la voix
téléphonique), le VDSL (appellation officielle : Very
high bite rate DSL) permet d'atteindre de très hauts
débits : il peut fournir jusqu'à 52 Mbit/s en flux descendant
et 2 Mbit/s en flux montant sur une seule paire de cuivre.
Le VDSL permettra l'accés
à des applications requérant une bande passante plus
conséquente : la vidéo de haute qualité en premier lieu
(HDTV et video à la demande), mais aussi les services
interactifs ou la transmission de données à grande échelle.
Inconvénient du dispositif
: sa portée (la distance entre le réseau à haut débit
et le terminal de l'utilisateur) est limitée à 300 mètres
en configuration de flux descendant maximal. Une contrainte
qui, pour l'instant, restreint considérablement le nombre
d'abonnés pouvant être raccordés directement via le
réseau de distribution. Pour l'instant...
En mai 2000, plus de 30
acteurs des télécoms ont créé le groupe
FS VDSL (Full-Service VDSL) destiné à "favoriser le
déploiement commercial de la technologie cuivre multi-services
VDSL". Aux cotés d'opérateurs majeurs (France Télécom,
BT, Deutsche Telekom, NTT…) figurent des équipementiers
(Alcatel, Cisco, Lucent, Marconi…), des fournisseurs
de services voix, vidéo et données à haut débit, des
éditeurs de logiciels.
FS VDSL, dont les membres
se rencontrent très officiellement tous les six
mois, a aussi mis en place en début d'année un "Focus
Group" avec l'UIT (Union internationale des télécommunications)
pour fixer des standards reconnus par tous les acteurs.
Les opérateurs militent en effet avec vigueur pour la
mise en place d'une base stable. L'enjeu est de taille
: selon FS VDSL, l'investissement moyen nécessaire pour
connecter un client final est déjà inférieur à 1.000
dollars et une standardisation accélérée permettrait
de réduire encore les coûts.
La deuxième réunion de
ce Focus Group est programmée du 19 au 21 novembre à
Paris, sous l'égide de France Telecom. Ce dernier devrait,
selon la revue spécialisée Communications Week International,
annoncer dans les semaines à venir quand et comment
il va déployer ses équipements VDSL.
"Il est clair que le VDSL
sera le medium pour les services vidéo", expliquait
en juillet à l'hebdomadaire Benard Monti, directeur
des standards chez France Telecom. Mais France Telecom,
qui contrôle encore 44% du marché du câble en France
via sa filiale France Télécom Câble, et possédait jusqu'en
décembre 2001 25% du bouquet numérique TPS, est jusqu'à
présent resté plutôt discret sur
ces nouveaux développements. Les choses pourraient désormais
s'accélérer. "Avec
le haut débit, nous allons vers la numérisation des
contenus. Toute une chaîne d'activité liée aux médias
doit aujourd'hui s'y préparer", expliquait en décembre
dernier le patron de Thomson Multimédia, Thierry
Breton, aujourd'hui à la tête de France Telecom.
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