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Pourquoi innover quand il est
possible de copier ce qui a déjà fait
ses preuves ? C'est un peu sur cet adage que plusieurs
opérateurs télécoms européens
ont déployé depuis le printemps dernier
des offres i-mode. Un mouvement placé sous la
haute bénédiction de l'opérateur
japonais NTT DoCoMo, le concepteur de cette technologie
mobile. Celui-ci a trouvé sur le Vieux Continent
un relais de développement pour ses activités
au point d'avoir envisagé, l'année dernière,
une introduction en Bourse en Europe pour financer cette
extension. Mais face à la conjoncture boursière,
l'opérateur japonais a finalement préféré
se concentrer sur la vente
de licences d'exploitation aux opérateurs télécoms
désireux de reproduire le succès japonais.
Car
au Japon, quatre ans après le lancement commercial
de l'i-mode, les chiffres sont éloquents. Au
dernier pointage fin octobre, 35 des 44 millions de
clients NTT DoCoMo utilisent les services i-mode. La
première année d'exploitation, l'opérateur
japonais recensait trois millions d'abonnés.
Les services i-mode les plus consultés sont l'e-mail
puis les services de divertissement et de personnalisation
des mobiles, les services liés à la vie
quotidienne et à l'information. En
tout, le bouquet recense pas moins de 3 200 sites
officiels et près de 60 000 sites indépendants.
En introduisant l'i-mode en
France, Bouygues Telecom espère recontrer une
telle résussite en s'appuyant sur une technologie
plus avancée. "Au Japon, l'i-mode s'est
développé sur un réseau Personal
Digital Cellular, l'équivalent du GSM en France,
explique Suketomo Riyako, présidente de l'agence Jap'Presse.
Bouygues Telecom s'est en revanche tout de suite positionné
sur le GPRS pour développer l'i-mode."
Hormis cette différence
technologique, la volonté affichée par
Bouygues Telecom de coller au modèle original
est flagrante, tant du point de vue des services i-mode
que de la facturation. "L'accès au service
i-mode au Japon est presque facturé aux mêmes
tarifs que ceux affichés par Bouygues Telecom,
c'est-à-dire 3 euros, poursuit Suketomo Riyako.
Le constat est le même pour les services payants
sur i-mode qui sont proposés au Japon pour des
tarifs inférieurs à 3 euros. Entre NTT
DoCoMo et Bouygues Telecom, il a donc très peu
de différence." Le
modèle économique liant l'opérateur
mobile aux éditeurs est, lui aussi, quasi-équivalent
dans la répartition des revenus : 86 %
pour les éditeurs chez Bouygues Telecom, 90 %
chez NTT DoComo.
En Europe, Bouygues Telecom
est le deuxième opérateur à se
lancer sur le marché i-mode. Le précurseur
est l'opérateur
européen KPN Mobile, dont NTT DoCoMo est l'un
des actionnaires minoritaires (15% du capital). En mars
2002, l'opérateur allemand E-Plus (propriété
de KPN Mobile) a lancé le premier service i-mode
en Europe. KPN a emboîté le pas le mois
suivant aux Pays-bas. Puis, en octobre dernier, Base,
troisième opérateur mobile belge (filiale
de KPN Mobile), a ouvert à son tour son propre
bouquet. Au début de l'été, E-Plus
comptait en Allemagne 77 000 abonnés à
ses services i-mode tandis qu'aux Pays-Bas 23 000
utilisateurs étaient recensés.
Bouygues Telecom sera, le 15
novembre prochain, le prochain opérateur à
rejoindre le club i-mode Europe. Mais d'autres pays
sont d'ores et déjà dans les starting-blocks.
L'opérateur historique espagnol Telefonica aurait
annoncé son intention de déployer ses
propres services i-mode dans le courant du premier semestre
2003. A côté de cette vague i-mode, la
plupart des opérateurs mobiles européens
préparent leur propre bouquet 2,5G à partir
d'autres plate-formes. C'est le cas d'Orange qui a choisi
de s'appuyer sur le concept Smartphone de Microsoft.
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