Médias
Jimmy Guterman : "Sur Internet, les éditeurs indépendants n'ont qu'une solution : s'unir"
Pionnier du journalisme américain, Jimmy Guterman éditait Media Unspun, une newsletter iconoclaste consacrée à l'e-business. Il revient sur cette expérience aujourd'hui interrompue..  (Lundi 6 janvier 2003)
         
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Figure célèbre du journalisme américain, Jimmy Guterman a collaboré avec d'innombrables magazines, de Rolling Stone (c'est un spécialiste du rock) à Wired (il est féru de nouvelles technologies). Il affirme s'être toujours intéressé "aux sujets où culture et technologie se rencontrent" et s'est donc penché dès le début des années 90 sur l'Internet, "là, justement, où cette collision promettait d'être la plus explosive".

Nouveau chroniqueur de Business 2.0, Jimmy Guterman vient de clore, au bout d'un an, l'aventure de la newsletter d'informations e-business Media Unspun, l'une des plus pertinentes, irrévérencieuses et originales jamais publiées. Réalisée par l'équipe qui produisait déjà la newsletter Media Grok pour l'Industry Standard, elle ambitionnait certes de suivre l'actualité, mais aussi "de montrer comment les différents médias interpètent une même information de différentes façons". Un pari exigeant, éditorialement réussi mais qui n'a pas tenu ses promesses économiques (le nombre d'abonnés - 50 dollars par an- est resté trop faible). Dans une interview réalisée par mail, Jimmy Guterman revient sur cet épisode et les leçons qu'il en tire.

JDNet : Qu'avez-vous essayé de faire avec Media Unspun... et pourquoi avez-vous échoué?
Jimmy Guterman.
Dans le dernier numéro de Media Grok, j'avais invité nos lecteurs à m'envoyer leur adresse mail pour éventuellement rester en contact. Comme j'ai reçu plusieurs milliers de réponses, je me suis dit qu'il y avait peut-être là un business. Nous avions un excellent produit, correspondant à une vraie demande, donc nous avons lancé Unspun, qui informait et divertissait en même temps. A titre personnel, je suis heureux d'avoir d'avoir pu payer quelques journalistes de qualité pendant un an alors qu'un grand nombre de bon journalistes ne gagne pas un sou. Mais l'aspect financier de notre newsletter n'a pas été à la hauteur - c'est un vrai problème, je le reconnais -, c'est pourquoi nous avons dû fermer. C'est un business, pas un hobby. Nous savions que lancer une publication dédiée au business des nouvelle stechnologies alors que les technologies et les médias sont en pleine récession serait rude, mais pourquoi ne pas essayer? Et nous devions démarrer le plus vite possible après l'arrêt de Media Grok, sans attendre six mois ou six ans. Nos lecteurs voulaient continuer à nous lire et ne nous ont pas dit d'attendre que le Nasdaq repasse au-dessus des 4.000 points...

Les médias en ligne ont-ils un avenir?
Sur Internet, les éditeurs indépendants n'ont d'autre alternative que s'unir ou renoncer à créer un business. Mais si les voix indépendantes veulent continuer à se faire entendre, nous devons nous regrouper sous forme de réseau, préserver notre discours original tout en partageant un modèle économique commun. Le seul problème, c'est que personne n'a encore trouvé comment y parvenir, y compris moi-même.

Les weblogs sont-ils une solution d'avenir et comment les rendre viables?

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J'adore la liberté et la diverisité des blogs, mais nous n'en étions pas un, m^me si nous n'en étions pas un. Un weblog sert d'interface entre un individu et le Web, sans aucune intervention extérieure. A Media Unspun, nous avions des rédacteurs et des éditeurs, tous collaborant pour créer un produit que nous voulions à la fois professionnel, utile et divertissant. Ceci dit, je pense que les weblogs de signatures connues comme ceux que les médias américains mettent actuellement en place ne marcheront pas. Les weblogs journalistiques n'ont aucun sens s'ils ne servent qu'à conforter l'ego d'un auteur ou être une version branchée d'une chronique traditionnelle.

[François Bourboulon, JDNet]
 
 
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