|
Des
résultats, du haut débit et des hommes...
La publication, mardi matin, du chiffre d'affaires 2002
de Wanadoo aura été l'occasion de tirer
au clair certaines questions soulevées par le
plan de redressement de France Télécom.
Pour commenter ce premier bilan annuel, pas moins de
trois dirigeants sont montés au créneau :
Nicolas Dufourcq, le PDG sortant de Wanadoo, Olivier
Sichel, son successeur, et Frank Dangeard, le monsieur
"équilibres financiers" du comité
exécutif de France Télécom.
Sur
le plan financier, le dernier exercice de Wanadoo se
solde par un chiffre d'affaires de 2,075 milliards d'euros,
en progression à périmètre constant
de 28 % (33 % en variation pure). "C'est
l'objectif que nous nous étions fixés,
note Nicolas Dufourcq, en charge dans le trio de dirigeants
de commenter les chiffres 2002. Nous terminons l'année
en étant profitables sur le résultat net."
Le principal moteur de cette croissance revient au segment
accès, qui a vu son chiffre d'affaires annuel
progresser de 66 % pour atteindre 1,031 milliard d'euros.
Au total, sur l'Europe, Wanadoo revendique 8,535 millions
d'abonnés, dont 1,374 million en haut débit.
|
Répartition
du chiffre d'affaires de Wanadoo en 2002
(en millions d'euros)
|
|
Activité
|
2001
|
2002
|
Variation
à périmètre constant
|
| Accès |
564
|
1 031
|
66 %
|
| Portails |
115
|
117
|
-6 %
|
| e-Merchant |
37
|
51
|
39 %
|
| Annuaires |
848
|
880
|
7 %
|
| CA
total |
1 563
|
2 075
|
28 %
|
| dont
international |
234
|
429
|
71 %
|
"Le
haut débit est un véritable phénomène
de fond, estime Nicolas Dufourcq. L'année dernière,
les deux tiers de notre croissance sur le parc des abonnés
étaient le fruit du haut débit. Aujourd'hui,
en France, 27 % de nos abonnés sont en haut
débit", poursuit-il, avant de reconnaître
qu'il "reste beaucoup d'effort à fournir
pour rattraper l'Allemagne" sur la pénétration
du broadband.
Autre
secteur actif : le segment e-Merchant, qui affiche
une progression de 39 % à 51 millions d'euros.
En 2002, Alapage a augmenté de 26 % son nombre
de commandes pour dépasser la barre symbolique
du million. "Sur décembre dernier, souligne
Nicolas Dufourcq, nous avons atteint 235 000 commandes
avec un panier moyen en hausse de 9 %."
Mis
bout à bout, face à une activité
Annuaires en croissance annuelle de 7 %, ces différents
éléments accentuent la tonalité
Internet de Wanadoo. "L'entreprise que je quitte,
annonce Nicolas Dufourcq, affiche désormais un
chiffre d'affaires issu à 65 % du online.
Les annuaires ne représentent plus que 42 % du
CA, contre 54 % en 2001, et l'international pèse
21 %."
|
Les
abonnés Wanadoo fin 2002
(en millions)
|
|
Pays
|
Nb
d'abonnés
|
Dont
haut débit
|
| France |
3,924
|
1,044
|
| Royaume-Uni |
2,574
|
0,050
|
| Espagne |
1,463
|
0,100
|
| Total
Europe |
8,535
|
1,374
|
Au-delà
de ces résultats, restent les répercussions
du plan de redressement de France Télécom
initié par Thierry Breton début décembre.
A commencer par le plan social de 148 postes chez Wanadoo
annoncé la semaine dernière par SUD-PTT.
"Une réorganisation pour la recherche de
l'excellence opérationnelle est en cours, confirme
Olivier Sichel, en charge dans le trio de dirigeants
de commenter les perspectives 2003. Cette réorganisation
devrait toucher le siège, c'est-à-dire
Wanadoo SA, et la branche Wanadoo Portails qui a été
directement touchée par la contraction du marché
publicitaire." Olivier Sichel s'est refusé
à confirmer le chiffre de 148 suppressions d'emploi,
se limitant à indiquer que "l'entreprise
est en cours de consultation avec les instances syndicales."
Le plan social est donc confirmé. Reste encore
à en connaître son ampleur.
Autre
sujet brûlant : les rumeurs sur la possible
cession de Pages Jaunes et sur la décote de Wanadoo
afin d'opérer une réintégration
de la filiale dans sa maison-mère. Cette fois
c'est Frank Dangeard, le bras financier de Thierry Breton,
qui a la tâche de répondre. "La cession
des Pages Jaunes n'est pas à l'étude,
indique-t-il, ni la sortie de la cote de Wanadoo. Nous
travaillons pour que les activités Internet atteignent
le plus rapidement possible un free cash flow positif.
Cela passe par une réorganisation à l'interne
et par un retrait sur les marchés les plus problématiques,
comme la Belgique." Une méthode déjà
en application dans la structure France Télécom.
|