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Adoptée mercredi soir en
première lecture par l'Assemblée nationale,
la loi sur l'économie numérique (LEN) transpose
notamment une directive adoptée par le Parlement
européen et le Conseil le 8 juin 2000. La LEN vise à
préciser et durcir les sanctions encourues en cas
de fraude dans le domaine du commerce électronique,
du spam et de la cybercriminialité au sens large.
La responsabilité des hébergeurs et des
fournissurs d'accès y est notamment clarifiée.
La LEN, qui comptait pas moins
de 38 articles et d'une cinquantaine d'amendements, a
été adoptée en haut-débit :
moins de quatre heures de séance ont suffi pour
qu'elle soit adoptés.
Outre
la simple transposition de la directive européenne,
plusieurs amendements spécifiques ont été
adoptés lors de la séance. L'un concerne
la responsabilité des hébergeurs
en matière de diffusion d'informations "manifestement
illicites". Ils leur est demandé "un
minimum de surveillance" sur les pages web qu'ils
stockent afin de limiter la diffusion de contenus "faisant
l'apologie des crimes de guerre ou des crimes contre
l'humanité, incitant à la haine raciale,
ou ayant un caractère pédophile."
Par ailleurs, la LEN stipule
la possibilité d'un filtrage de l'accès à
Internet sur décision du juge. L'Association des
Fournisseurs d'Accès et de services Internet (AFA) a
vivement réagi hier à cette mesure. Dans
un communiqué, elle a souligné le fait
que "le filtrage de l'accès à Internet est un choix
politique unique à ce jour dans le monde occidental.
L'AFA évalue à plusieurs milliers le nombre de sites
pouvant faire d'emblée l'objet d'une injonction de filtrage,
sans compter les contenus musicaux piratés. Toutes les
études existantes concluent qu'aucune des technologies
disponibles aujourd'hui ne permet d'empêcher efficacement
l'accès aux contenus prohibés". L'AFA demande donc
- ironiquement - au Ministère de la Justice "de
rendre publiques ses prévisions sur l'efficacité d'une
mesure de filtrage de l'accès à Internet." L'AFA
s'interroge également sur l'impact de ce filtrage
sur le fonctionnement de la justice et des fournisseurs
d'accès à Internet.
La lutte contre le spam
a trouvé un écho dans la LEN avec l'adoption
d'un amendament interdisant l'envoi de publicité
non sollicitée par mail sans le consentement
des destinataires. Une exception est toutefois faite
pour les envois à destination "des personnes
morales inscrites au registre du commerce des société"
où l'opt-out est toléré. Le but
est de ne pas faire obstacle à la publicité
BtoB.
Sur la question du commerce
électronique, la LEN prévoit la mise
en place d'un principe de "responsabilité
globale" du cyber-marchand, depuis la passation
de commande jusqu'à la livraison de biens ou
la fournisture de prestations de services. Ce principe
ne sera toutefois appliqué qu'apès une
période probatoire d'un an, de manière
à ce que les marchands s'y adaptent, "notamment
en se couvrant par des assurances."
La loi d'économie
numérique vient également modifier le
mode de calcul de la contribution des opérateurs
au Fonds du service universel. La contribution
des opérateurs de télécommunications au service universel
sera désormais calculée au prorata de
leur chiffre d'affaires versus au volume. Dans un communiqué
publié jeudi, Rafi Kouyoumdjian, PDG de Tiscali
France, s'est déclaré comblé par
cette décision car "elle est une étape décisive
dans le développement de l'Internet en France. Une fois
définitivement votée, elle permettra à des opérateurs
comme Tiscali de pérenniser leurs offres d'accès à Internet
illimité." Le nouveau dispositif vient, en effet,
mettre fin à la disparité entre les opérateurs
du mobile et ceux dont les produits s'appuient sur la
téléphonie fixe, comme les FAI à
bas débit.
Enfin, la loi d'économie
numérique adoptée en première lecture
autorise les collectivités locales à
se substituer aux opérateurs de téléphonie
mobile pour améliorer la couverture du territoire.
Sous certaines conditions, elles pourront également
établir et exploiter des services de télécommunications
permettant la fourniture d'accès Internet haut-débit
à des zones qui en sont privées.
Adoptée en première
lecture à l'Assemblée nationale, le texte
doit maintenant être validé par le Sénat,
qui devrait examiner le texte de la LEN à la
fin du mois d'avril. Entre temps, certaines organisations
ont déjà prévu de soumettre de
nouveaux amendements. C'est par exemple le cas du SNCD
(Syndicat National de la Communication Directe) qui
tient à faire préciser plusieurs points
concernant certains articles dédiés au
marketing direct en ligne.
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