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Le dilemme "règlement
en titres ou en cash" a été tranché
: AOL Time Warner a annoncé mardi qu'il allait
verser en numéraire 812,5 millions de dollars à
Vivendi Universal pour récupérer les actions
privilégiées ("junior preferred shares")
AOL Europe. Le groupe français détenait
ces titres depuis sa sortie du capital d'AOL France en
mars 2001. Ils avaient alors été transférés
dans une structure intermédiaire, LineInvest.
Dick
Parson, PDG d'AOL Time Warner, estime que le choix du
règlement en cash est la "bonne décision"
pour défendre l'intérêt des actionnaires
du groupe. Cette opération va creuser l'endettement
du géant de la communication. Mais Dick Parson
assure que les objectifs de réduction des pertes
du groupe pour 2003 sont maintenus. En 2002, le montant
des pertes du groupe s'est élevé à
100 milliards de dollars.
Pour le règlement des
812,5 millions de dollars, AOL Time Warner compte piocher
dans sa trésorerie et effectuer un emprunt auprès
de ses banques associées. Cette manoeuvre est
stratégique pour AOL Time Warner : avec le désengagement
parallèle de son deuxième grand allié
européen Bertelsmann, le groupe de communication
américain va retrouver le contrôle intégral
de sa filiale AOL Europe.
Coté Vivendi, si la cession des parts d'AOL France
en mars 2001 lui avait rapporté une plus-value
nette de 402 millions d'euros, il semblerait que le
groupe ne puisse pas cette fois profiter de la manne
financière pour l'intégrer directement
dans sa trésorerie.
Après la cession des
parts d'AOL France, le rapport financier 2002 du groupe
de communication, publié le 2 avril dernier,
donne des précisions sur le mécanisme
de gestion de ces actions privilégiées
AOL Europe, qui donnent droit à un dividende
de 6%.
Le système s'appuie
sur une formule complexe dite de "total return
swap" (lire ci-dessous).
En août 2001, les groupes Canal Plus et Cegetel
(les deux entités de la galaxie Vivendi Universal
qui détenaient à l'origine les 55% d'AOL
France) ont vendu leurs actions privilégiées
AOL Europe à LineInvest. Cette dernière
société, créée pour l'occasion,
n'aurait aucun lien capitalistique avec VU. Les titres
AOL Europe ont été cédés
pour un prix correspondant à leur valeur de marché
actualisée majorée de la valeur du coupon
(soit un total de 719 millions d'euros).
Fait nouveau à la lecture du dernier rapport
annuel de VU relatif aux engagements spécifiques
du groupe Cegetel : en décembre 2002, une partie
du "total return swap" entre Vivendi Universal
et LineInvest a été transférée
directement au groupe télécom à
hauteur de sa participation (soit un notionnel de 541,3
millions de dollars). Selon
les termes du contrat, le groupe Cegetel et Vivendi
Universal devront rembourser le montant notionnel du
swap à LineInvest respectivement le 7 avril 2003
et le 30 octobre 2003.
Retour à l'actualité
: le 14 février, LineInvest est informée
qu'AOL Time Warner souhaite racheter les titres AOL
Europe à échéance du 8 avril 2003.
C'est ce processus transactionnel qu'AOL Time Warner
vient de rendre public. Le choix du règlement
en numéraire de 812,5 millions de dollars d'AOL
Time Warner déclenche un autre versement en arrière-plan
concernant cette fois-ci LineInvest et VU. La société
LineInvest devra effectuer un règlement au groupe
Cegetel le 30 avril 2003 et Vivendi Universal le 30
octobre 2003. En l'état actuel, il paraît
difficile de mesurer la valeur ajoutée finale
de cette opération de voltige financière
pour le groupe dirigé par Jean-René Fourtou.
A suivre dans le prochain rapport annuel du groupe ?
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Total
return swap : quel mécanisme ?
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| "Un total return
swap (ou contrat de swap de rendement total) est
un contrat par lequel une contrepartie s'engage
à verser (recevoir) régulièrement les flux de
coupons et les variations de mark to market d'une
obligation risquée contre le paiement d'une référence
variable (PIBOR par exemple) accrue d'une marge.
Le gestionnaire obligataire qui "paye" le swap
(verse les flux et le mark to market) abandonne
simultanément le risque de marché et le risque
de crédit. Il s'agit là de la grande différence
entre le swap de défaut et le total return swap.
Ce dernier peut être en réalité dupliqué par la
vente de l'obligation risquée et le placement
du produit sur une base variable court terme auprès
de la même contrepartie. Le total return swap
permet d'effectuer cette double opération sans
toucher au portefeuille". (source : glossaire
Bfinance.fr)
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