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AOL Timer Warner paye "cash" les parts d'AOL Europe de Vivendi Universal
Le groupe américain de communication va débourser 812,5 millions de dollars et reprend le contrôle intégral de sa filiale européenne.  (Jeudi 10 avril 2003)
         
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Le dilemme "règlement en titres ou en cash" a été tranché : AOL Time Warner a annoncé mardi qu'il allait verser en numéraire 812,5 millions de dollars à Vivendi Universal pour récupérer les actions privilégiées ("junior preferred shares") AOL Europe. Le groupe français détenait ces titres depuis sa sortie du capital d'AOL France en mars 2001. Ils avaient alors été transférés dans une structure intermédiaire, LineInvest.

Dick Parson, PDG d'AOL Time Warner, estime que le choix du règlement en cash est la "bonne décision" pour défendre l'intérêt des actionnaires du groupe. Cette opération va creuser l'endettement du géant de la communication. Mais Dick Parson assure que les objectifs de réduction des pertes du groupe pour 2003 sont maintenus. En 2002, le montant des pertes du groupe s'est élevé à 100 milliards de dollars.

Pour le règlement des 812,5 millions de dollars, AOL Time Warner compte piocher dans sa trésorerie et effectuer un emprunt auprès de ses banques associées. Cette manoeuvre est stratégique pour AOL Time Warner : avec le désengagement parallèle de son deuxième grand allié européen Bertelsmann, le groupe de communication américain va retrouver le contrôle intégral de sa filiale AOL Europe.

Coté Vivendi, si la cession des parts d'AOL France en mars 2001 lui avait rapporté une plus-value nette de 402 millions d'euros, il semblerait que le groupe ne puisse pas cette fois profiter de la manne financière pour l'intégrer directement dans sa trésorerie.

Après la cession des parts d'AOL France, le rapport financier 2002 du groupe de communication, publié le 2 avril dernier, donne des précisions sur le mécanisme de gestion de ces actions privilégiées AOL Europe, qui donnent droit à un dividende de 6%.

Le système s'appuie sur une formule complexe dite de "total return swap" (lire ci-dessous). En août 2001, les groupes Canal Plus et Cegetel (les deux entités de la galaxie Vivendi Universal qui détenaient à l'origine les 55% d'AOL France) ont vendu leurs actions privilégiées AOL Europe à LineInvest. Cette dernière société, créée pour l'occasion, n'aurait aucun lien capitalistique avec VU. Les titres AOL Europe ont été cédés pour un prix correspondant à leur valeur de marché actualisée majorée de la valeur du coupon (soit un total de 719 millions d'euros).

Fait nouveau à la lecture du dernier rapport annuel de VU relatif aux engagements spécifiques du groupe Cegetel : en décembre 2002, une partie du "total return swap" entre Vivendi Universal et LineInvest a été transférée directement au groupe télécom à hauteur de sa participation (soit un notionnel de 541,3 millions de dollars). Selon les termes du contrat, le groupe Cegetel et Vivendi Universal devront rembourser le montant notionnel du swap à LineInvest respectivement le 7 avril 2003 et le 30 octobre 2003.

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Retour à l'actualité : le 14 février, LineInvest est informée qu'AOL Time Warner souhaite racheter les titres AOL Europe à échéance du 8 avril 2003. C'est ce processus transactionnel qu'AOL Time Warner vient de rendre public. Le choix du règlement en numéraire de 812,5 millions de dollars d'AOL Time Warner déclenche un autre versement en arrière-plan concernant cette fois-ci LineInvest et VU. La société LineInvest devra effectuer un règlement au groupe Cegetel le 30 avril 2003 et Vivendi Universal le 30 octobre 2003. En l'état actuel, il paraît difficile de mesurer la valeur ajoutée finale de cette opération de voltige financière pour le groupe dirigé par Jean-René Fourtou. A suivre dans le prochain rapport annuel du groupe ?

Total return swap : quel mécanisme ?
"Un total return swap (ou contrat de swap de rendement total) est un contrat par lequel une contrepartie s'engage à verser (recevoir) régulièrement les flux de coupons et les variations de mark to market d'une obligation risquée contre le paiement d'une référence variable (PIBOR par exemple) accrue d'une marge. Le gestionnaire obligataire qui "paye" le swap (verse les flux et le mark to market) abandonne simultanément le risque de marché et le risque de crédit. Il s'agit là de la grande différence entre le swap de défaut et le total return swap. Ce dernier peut être en réalité dupliqué par la vente de l'obligation risquée et le placement du produit sur une base variable court terme auprès de la même contrepartie. Le total return swap permet d'effectuer cette double opération sans toucher au portefeuille". (source : glossaire Bfinance.fr)

 

[Philippe Guerrier, JDNet]
 
 
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