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"Ne volez pas la musique".
C'est en gros le message qu'ont pu découvrir
mardi dernier, avec un soupçon de surprise, plus
de 200 000 utilisateurs des services de peer to
peer KazaA et Grokster. L'auteur de ce message n'était
autre que la RIAA (Recording
Industry Association of America), l'association américaine
qui rassemble les plus
grandes maisons de disques.
Cette
"intrusion", volontaire, a été
réalisée par le biais d'une fonctionnalité
de messagerie instantanée disponible sur les
logiciels d'échange de fichiers. Un outil de
communication que le puissant lobby américain
des professionnels du disque est visiblement parvenu
à s'approprier.
Dans
un long message instantané, intitulé "Attention :
violation de propriété intellectuelle", la RIAA
explique aux internautes amateurs de peer to peer qu'ils
pouvent être "facilement" identifiés et risquent, en
conséquence, "des sanctions légales".
Selon le magazine en ligne
américain Wired, cette initiative s'intégrerait
dans une nouvelle campagne anti-piratage sur la musique
en ligne menée par la RIAA et soutenue par la
Christian Music Trade Association et la Gospel Music
Association. En vitesse de croisière, cette campagne
pourrait aboutir à l'envoi "d'un million
de messages instantanés d'avertissement par semaine",
a indiqué un représentant de la RIAA
Dans le camp du peer to peer, l'opération "coup
de poing" a aussitôt
été dénoncée par Sharman
Networks, l'éditeur de KaZaA. Selon un porte-parole,
"la société va s'opposer énergiquement
à ces initiatives hors la loi qui violent les
conditions générales d'utilisation du
service et les droits liés aux données
personnelles". Avant d'ajouter que ces actes "peuvent
être assimilés à du spam, à
de la tromperie et entretenir une certaine confusion".
La veille de cette opération,
lundi dernier, la RIAA avait essuyé un revers
dans sa traque contre les services peer to peer. Un
tribunal fédéral avait estimé que
les logiciels du type Groskter ou Morpheus ne violaient
pas les lois sur le copyright et s'apparenteraient à
des magnétoscopes ou à des photocopieurs. La contre-attaque
n'a pas tardé.
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