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"Ils bloquent la France,
nous bloquons leur boite mail !". C'est le mot
d'ordre qu'a lancé la semaine dernière
sur Internet La droite libre, un courant proche de l'Union
pour un mouvement populaire (UMP). Pour protester contre
les diverses grèves en cours, ce mouvement de
droite "décomplexé" (c'est son
slogan) a initié une opération d'envoi
massif de messages électroniques à partir
d'un modèle donné vers une quarantaine
d'adresses mail d'organisations et de responsables syndicaux
(FO, CGT, SUD-Rail...).
Une
action de "e-commando" que trois syndicats
d'enseignants n'ont pas appréciée, affirmant
que l'afflux de mails
non sollicités a entrainé un blocage de
leurs serveurs de messagerie. Luc Muller, responsable
télématique du Syndicat nationale des
enseignements de second degré (Snes), évalue
à 60.000 le nombre de mails reçus sur
plusieurs boîtes publiques de secrétaires
généraux de son organisation. "Nous
continuons d'en recevoir 4.500 à 5.500 nouveaux
chaque jour", avance-t-il.
Le 20 mai, le SNES, la Fédération syndicale
unitaire (FSU) et l'Union nationale des syndicats autonomes
(Unsa) ont assigné en référé
La droite libre et son président Rachid Kaci
sur deux motifs : "délit d'attente aux systèmes
automatisés de données" (sur le fondement de l'article
323-2 du code pénal), ainsi qu'"entrave
caractérisée aux libertés syndicales et au droit de
grève". L'audience en référé
s'est tenue mercredi après-midi au tribunal de
grande instance de Paris. Après une heure de
débat, le juge des référés
a repoussé sa délibération à
lundi 26 mai. L'affaire pourrait aboutir à une
plainte au fond.
La droite libre entend défendre
le "droit de pétition et d'expression des
Français" à travers cette "manifestation
électronique lancée dans une optique citoyenne
et militante". "Nous reconnaissons avoir lancé
un nouveau concept de pétition en ligne le 13
et 14 mai dernier, explique Arnaud Dassier, secrétaire
général de La droite libre (qui est par
ailleurs un professionnel de l'Internet). Mais, ensuite,
il s'est développé par propagation virale",
poursuit-il. En face, le SNES dénonce une opération
de spam massif et réfûte l'argument selon
lequel cet appel concernait les Français dans
leur grande majorité.
Si les adhérents de
la Droite Libre disposent d'une carte d'adhérent
UMP, leur mouvance n'est pas pour autant reconnue officiellement
par la direction du parti ("La droite libre, peut-on
lire sur le site de cette dernière, est une association
qui a vocation à devenir un mouvement de plein droit
de l'UMP après le congrès constitutif prévu à l'automne
2003, si les militants en décident ainsi"). A l'occasion
de l'élection pour la présidence de l'UMP,
Rachid Kaci s'était présenté face
à Alain Juppé. Et un
logo officiel de l'UMP apparaît sur la la page
d'accueil du site de La droite libre.
La "manifestation électronique"
de soutien aux réformes du gouvernement Raffarin
n'a pas pour autant plu à la direction de l'UMP,
mais contacté par le JDN, son service de presse
n'a pas souhaité répondre à nos
questions. Sur son propre site, l'UMP se contente de
proposer une pétition en ligne intitulée
"Vous êtes attachés à l'Ecole de la République.
Refusez le boycott de ses examens !" et de diffuser
cet appel par newsletter.
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Marc Blondel s'estime "débordé" (par les mails)
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| Le secrétaire général de Force ouvrière, Marc Blondel, s'était
lui aussi plaint le 14 mai de l'afflux de courriers
électronique reçus par son syndicat. Ils émanent,
selon lui, de militants UMP et ils "bloquent" sa
boîte de réception. Mercredi 21, il a carrément
accusé l'UMP d'avoir inondé le syndicat de
courriers électroniques. "Une organisation politique
a jugé utile d'essayer de mettre en échec le fonctionnement
d'une organisation syndicale", s'est-il plaint lors
d'une conférence de presse. Le secrétaire
général de FO indique avoir reçu 220.000
messages au total. |
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