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Le Sénat a adopté
en première lecture jeudi 26 juin le projet de
Loi sur l'Economie Numérique (LEN). Préalablement
votée par l'Assemblée nationale en février
dernier, le texte a été modifié à
plusieurs niveaux lors de son passage au Sénat.
Il devra donc à nouveau passer devant l'Assemblée
nationale pour une nouvelle validation. Parmi les modifications
qui ont été apportées par le Sénat,
deux méritent plus particulièrement d'être
soulignées. Cela concerne d'une part la question
de la responsabilité des hébergeurs et,
d'autre part, la possibilité donnée aux
collectivités locales d'exercer la fonction d'opérateur.
Si
au cours de l'adoption du projet de loi à l'Assemblée
nationale, il avait été demandé
aux hébergeurs "un minimum de surveillance"
concernant les sites abrités sur leurs serveurs,
les discussions au Sénat se sont efforcés
de réduire la responsabilité des hébergeurs.
Dans le projet de loi adopté par le Sénat,
ne figure plus l'obligation pour les hébergeurs
de "mettre
en oeuvre les moyens conformes à l'état de l'art pour
prévenir la diffusion de données constitutives" d'infractions.
En
ce qui concerne les collectivités locales, la
LEN leur confère le droit d'établir des
"réseaux de télécommunications
[...], acquérir des droits d'usage à cette
fin ou acheter des réseaux existants, à
condition de veiller à la cohérence des
réseaux présents sur le territoire, de
garantir l'utilisation partagée des infrastructure
et de ne pas entraver le développement de la
concurrence." Cela signifie que les collectivités
territoriales ont le droit
d'exercer la fonction d'opérateur d'un réseau
télécom en cas d'insuffisance d'initiatives
privées. Elles peuvent même subventionner
des opérateurs si l'établissement de réseaux
télécoms ou d'activité d'opérateur
ne peuvent être rentabilisés économiquement.
Cet article
a soulevé des craintes auprès des opérateurs,
qui craignent de voir le libre jeu de la concurrence
entravé par un tel dispositif. Selon eux, la
notion de "carence de l'initiative privée"
leur semble trop floue et pourrait amener à des
dérives ne permettant plus le libre jeu de la
concurrence. "Il est essentiel que l'intervention
des collectivités faite sur fonds publics respecte
le principe d'une concurrence loyale, notamment en matière
de coniditions commerciales et tarifaires, et ne décourage
pas l'investissement des opérateurs", souligne
l'AFORS (Association des Opérateurs de Réseaux
et Services de Télécommunications) dans
une lettre adressée au sénateur Pierre
Hérisson, auteur de l'amendement sur le sujet.
En outre, l'AFORS demandait l'obtention d'un avis favorable
de l'ART, afin de garantir l'équité de
la concurrence et du bon développement du marché.
Enfin,
le Sénat a approuvé sans modifications
majeures les articles concernant les contrats électroniques,
les sanctions contre la cyber-criminalité (le
spam notamment) et le mode de calcul de la contribution
des opérateurs au Fonds du Service Universel
(FSU). Contribution qui a été fixée
"au prorata du chiffre d'affaires" généré
par l'activité de télécommunication
des opérateurs.
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Internet n'aura pas son comité d'éthique
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| Le sénateur UMP du Rhône, René Trégouët,
avait déposé plusieurs amendements
concernant la LEN. Deux d'entre eux, les amendements
136 et 137 concernaient la création d'un
"comité national d'éthique sur internet".
Ce comité aurait eu pour mission de "définir
les règles éthiques à respecter sur internet".
Las, l'amendement 136 qui évoquait le comité
d'éthique a été rejeté
en vote simple. Quant à l'amendement 137,
qui instaurait ce comité d'éthique
et en définissait les objectifs, le sénateur
Trégouët a préféré
le retirer, sans doute sur requête de son
groupe politique. La ligue des associations haut-débit
(Odebi)
a regretté hier sur son site que les amendements
136 et 137 n'aient pas été adoptées
par le Sénat et a qualifié la LEN de "liberticide".
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