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Pourquoi un tel rachat ?
Quel impact pour le marché des liens promotionnels ?
D'autres mouvements d'une telle envergure sont-ils possibles
à court ou moyen terme ? Raphaël Richard,
fondateur et PDG de CVFM, agence spécialisée
dans le référencement et le webmarketing,
analyse l'événement que représente
le rachat du spécialiste des liens sponsorisés,
Overture, par le portail mondialement connu qu'est Yahoo.
JDN.
Selon vous, à quelle stratégie répond
ce rachat ?
Raphael Richard. Sur le fond, il s'agit d'une
consolidation de l'offre publicitaire sur Internet.
Après une première période marquée par la prédominance
des budgets consacrés à l'achat de bandeaux, les annonceurs
ont, de plus en plus, favorisé les acteurs qui leur
proposaient un trafic directement issu de la recherche.
Yahoo a réagi par rapport à cette évolution en mettant
la main sur le leader du domaine afin de proposer une
offre commerciale de premier plan : e-mailing, bandeaux
et skyscrapers, clics des recherches des internautes,
sponsoring... Yahoo propose désormais une palette de
publicité online complète. Google, avec la commercialisation
des liens payants et l'annonce de la diffusion ces liens
payants sur un réseau de partenaires se positionne en
concurrent direct de Yahoo, sur l'offre publicitaire.
Dans le détail, le rachat d'Overture par Yahoo s'inscrit
dans le cadre de la consolidation dans le domaine de
la recherche sur Internet, qui est un marché en fort
développement en terme de chiffres d'affaires
Ce
rachat instaure donc un marché bipolaire avec
Yahoo d'un côté et Google de l'autre...
Trois problématiques très fortes structurent le marché :
L'efficacité de la technologie de recherche,
la capacité à monétiser l'audience
(via les liens promotionnels notamment) et la notoriété
de la marque. Yahoo et Google possèdent ces trois
atouts. D'une part, Yahoo possède une audience importante
dans le domaine de la recherche aux Etats-Unis, en Europe
et en Asie. Audience à laquelle il est désormais
susceptibles de marier quatre technologies de recherche
: ses annuaires locaux, le moteur de recherche Inktomi
(racheté en décembre 2002), le moteur de recherche Altavista
(racheté par Overture en janvier 2003, lire
l'article dans le JDN) et le moteur de recherche
Fast (racheté par Overture en février, lire
l'article dans le JDN). Il faut ajouter à
cela deux technologies de gestion des liens payants
fortement génératrices de revenus : Overture pour les
Etats-Unis, l'Europe et le Japon et sa propre technologie
utilisée pour certains pays comme Yahoo Brésil. Yahoo
bénéficie, enfin, de plusieurs marques à forte notoriété
tant au niveau des internautes que des annonceurs.
D'autre part, nous avons
Google. Indétronable en Europe (en général, plus de
50 % de part d'audience de recherche), il possède
un leadership moins écrasant aux Etats-Unis (environ
35 % de part d'audience recherche). Google génère
des revenus considérables non seulement en commercialisant
les résultats de son moteur de recherche, mais aussi
grâce aux liens promotionnels. La notoriété de Google
est aussi forte que celle de Yahoo mais bénéficie souvent
d'un capital sympathie plus important.
D'autres
mouvements aussi importants sont-ils à prévoir
sur le marché de la recherche et des liens promotionnels ?
Le
principal acteur qui est actuellement surveillé est
Microsoft, dont la filiale Internet, MSN, a annoncé
sa volonté de devenir un acteur majeur de la recherche
sur Internet. Son nouveau moteur de recherche est actuellement
en développement et deviendra vraisemblablement le troisième
moteur de référence au niveau mondial dans un délai
de douze à trente-six mois. Findwhat, désormais concurrent
d'Overture aux Etats-Unis et en Europe avec le rachat
d'Espotting [lire
l'article dans le JDN], devient une proie susceptible
d'être rachetée par MSN, AOL ou Google, par exemple,
ou par un fond d'investissement quelconque. Looksmart,
AskJeeves, Infospace, Kanoodle ou encore Sprinks [lire
l'article dans le JDN] sont autant d'autres
cibles potentielles pour des rachats. L'hypothèse d'un
rachat de Google par Microsoft ne paraît même pas irréaliste
dans un contexte de marché en forte expansion et très
rentable.
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