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La puissance technologique du
moteur de recherche Google (qui affiche 2 milliards de
pages Web indexées) commence à exaspérer
certains éditeurs médias. Dans un article
de son édition du 9 juillet, Cnet relatait le cas
du site du New York Times.Une porte-parole de New York
Times Digital (la division Internet du groupe de presse
américain) signalait des problèmes avec
les résultats obtenus par les internautes à
travers le cache du moteur de recherche. Un système
qui permet aux internautes de passer outre l'entrée
officielle dédiée aux archives en ligne
du journal et d'accéder directement à l'article
voulu. Une brèche qui devient gênante à
partir du moment où un éditeur décide
de commercialiser d'une façon ou d'une autre son
fonds d'archives. NYtimes.com demande par exemple à
ses visiteurs une inscription au préalable avant
d'accéder aux archives du journal en ligne.
La
polémique concerne plus particulièrement
la fonctionnalité "Pages cachées" de
Google. Il permet au moteur de recherche de créer
une copie de chaque page examinée sur le Web et de la
stocker dans une mémoire cache. Lorsque vous cliquez
sur le lien Copie cachée d'une page Web, Google affiche
celle-ci dans l'état où elle se trouvait lors de son
indexation la plus récente. Une technique d'indexation
qui frôle la violation des droits d'auteurs sur
Internet selon certains experts et qui peut se révéler
gênante lorsqu'un éditeur en ligne décide
de faire passer un article dans sa base de données
archives en accès payant. Pour le cas de NYTimes.com,
la porte-parole indique que la division Internet est
"en train de régler ce problème avec
Google". Le but étant de parvenir à
un moyen de re-diriger automatiquement les utilisateurs
du moteur de recherche vers la porte d'entrée
officielle des archives du quotidien en ligne et ce
quel que soit la requête initiale. Un exercice
qui se révèle délicat dans certains
cas pour limiter les détournements de trafic.
En France, Le Monde Interactif,
filiale Internet du Monde, a également été
pris au piège de l'indexation Google. L'année
dernière, alors que le quotidien en ligne passait
au premium (un service qui comprenait un volet d'exploitation
des archives en payant), le JDN a pu constater à
de nombreuses reprises la possibilité de contourner
le dispositif officiel pour accéder directement
aux articles archivés et théoriquement
payants. Depuis, la plupart des brèches semblent
avoir été colmatées : l'internaute
se retrouve devant la page de présentation d'un
article archivé (titre et accroche) mais doit
passer par la case "caisse crédit d'archives"
pour obtenir l'intégralité du document.
Malgré les progrès constatés dans
ce domaine, la filiale Internet du groupe de presse
se refuse à tout commentaire sur ce sujet. Google
France n'a pas non plus répondu à nos
sollicitations. Une attitude étonnante de la
part des deux acteurs, compte tenu du partenariat qu'ils
ont établi à travers le service Google
News, dont la version française a été
lancée en mai.
D'autres médias en ligne
qui commercialisent des archives en lignes en accès
payant comme Libération.fr ou LeFigaro.fr, et
des acteurs moins connus comme l'association Transnationale.org
(qui propose des fiches entreprises et groupes en accès
payant) sont quant à eux parvenus à se
faufiler entre les mailles du filet Google.
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