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Les "flash mobs", phénomène éclair de l'été
Organisées dans les grandes villes du monde, les fashmobs, rassemblements ponctuels et loufoques initiés et organisés sur Internet, ont fait fureur cet été. la première française du genre est attendue pour aujourd'hui.  (Jeudi 28 août 2003)
         
Les sites
Parismobs.free.fr
Flashmob.com
Cheesebikini.com
Spectaculaires, absurdes, grotesques… Autant de qualificatifs qui viennent à l'esprit pour décrire les "flash mobs", ces "foules éclair" regroupant plusieurs centaines de personnes qui ne se connaissent pas, se réunissent pendant quelques minutes pour accomplir au même moment une action dénuée de sens, puis se dispersent. Les participants sont prévenus le jour même de l'heure et du lieu par e-mail ou par SMS.

La première "flash mob" a eu lieu à New York en juin. Le phénomène s'est rapidement étendu dans les grandes villes américaines. Partout, c'est le même étonnement de la part des badauds, la même incrédulité amusée. Il faut avouer que les scénarios rivalisent d'imagination. A Manhattan en juillet, les "flash mobbers" ont ainsi applaudi en pleine nuit pendant quinze secondes dans le hall du Grand Hotel Hyatt ; à Central Park, ils ont imité des cris d'animaux près du musée d'histoire naturelle. Et des réunions instantanées
du même genre ont eu lieu à San Francisco, Nashville, Minneapolis, Tokyo…

L'Europe est elle aussi gagnée par la folie des flash mobs. Le 26 juillet à Vienne, les participants ont mangé des fruits et des légumes frais. Début août à Dortmund, il s'agissait de bananes. A Rome le 24 juillet, ils ont été plusieurs centaines à réclamer dans un magasin un livre inexistant. Et le 7 août, plus de 200 londoniens se sont extasiés au téléphone devant la marchandise d'un magasin de canapés. Attention, la première flash mob parisienne est attendue aujourd'hui.

Les organisateurs des flash mobs ne revendiquent aucun but politique. C'est plutôt l'aspect festif et désintéressé qui est mis en avant. A la différence des "happenings", cette forme d'art événementiel apparu dans les années 60, les flash mobs sont davantage des actes ludiques que poétiques ou subversifs. L'humour y a plus de place que la provocation.

Cependant, on retrouve l'idée d'une ligne directrice prévue à l'avance, qui fait en même temps la part belle à l'indéterminé, les réactions des spectateurs pouvant interagir avec le cours de l'action. Certains pourront y voir une nouvelle forme d'art, une oeuvre collective et éphémère, mélange de virtuel et de réel, permise par les nouvelles technologies de l'information.

Howard Rheingold, auteur du livre "Smart Mobs : the next social revolution", une théorie sur les nouvelles technologies appliquées à la coopération et à l'organisation d'actions collectives, estime que les flash mobs font partie d'une tendance plus large. Selon lui, le "smartmobbing" (mobilisation de foules "intelligentes" s'aidant des NTIC) pourrait très bien devenir une forme majeure d'activisme politique. A Seattle, les altermondialistes ont effectivement utilisé leurs téléphones portables pour organiser les manifestations.

Les flash mobs font également partie d'une tendance actuelle qui consiste, pour des communautés, à se servir d'Internet pour se retrouver dans le monde réel. Même si ce n'est que ponctuel. Les adeptes des Wikis, par exemple, organisent souvent des réunions, et le but des utilisateurs de logiciels sociaux comme Friendster est de faire des rencontres.

Les sites
Parismobs.free.fr
Flashmob.com
Cheesebikini.com

Le hic, c'est que les médias et les forces de police s'intéressent eux aussi de plus en plus aux flash mobs. Encadrées par un cordon de CRS, les actions auraient certes moins de panache. Passé l'attrait de la nouveauté et l'impression d'appartenir à une étroite communauté d'initiés, les flash mobs passeront-elles l'été ou le phénomène des foules éclair sera-t-il aussi fugace que les gentils délires collectifs qu'il génère ?

[Raphaële Karayan, JDNet]
 
 
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