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En tant que média de masse,
Internet fait partie de la panoplie de tout candidat à
la présidence des Etats-Unis. Ce n'est pas une nouveauté
mais la campagne des primaires prélude à
l'élection de 2004 a fait émerger de nouveaux enjeux pour
les candidats. Parmi eux, un homme que l'on n'attendait
pas, le démocrate Howard Dean, se distingue depuis plusieurs
mois grâce à sa maîtrise de la communication en ligne
et sa campagne électorale particulièrement active sur
le Net. Outre son site web officiel, le candidat anime
un weblog, une liste de diffusion par SMS, une WebTV,
et surtout suscite un nombre croissant de vocations militantes
par le biais d'un site communautaire.
C'est
fin juin que les choses se sont accélérées pour Howard
Dean, qui a alors fait l'événement en annonçant qu'il
avait collecté jusque là plus de fonds que les autres
principaux candidats à la primaire démocrate (John Kerry,
Dennis Kucinich, Joe Lieberman, Dick Gephardt et John
Edwards). Une cagnotte de 7,6 millions de dollars, gonflée
de 3 millions de dollars en un week-end grâce au succès
remporté par Dean aux élections primaires virtuelles
organisées en juin par le site MoveOn.org. Plus de 317.000
votes avaient été comptabilisés et Dean était sorti
vainqueur avec 44% des suffrages, devant Dennis Kucinich
(24%) et John Kerry (15,7%). 49.000 votants avaient
fait des promesses de dons, pour un montant de 1,75
million de dollars. MoveOn, créé en 1998 pour mobiliser
les électeurs démocrates au moment de la procédure d'impeachment
contre Bill Clinton, est aujourd'hui le principal site
d'opposition aux républicains.
Comment Dean a-t-il réussi
à rassembler autant de voix ? En grande partie grâce
à l'organisation de ses militants sur la plate-forme
Meetup.com, un site permettant de rallier des inscrits
autour d'un centre d'intérêts commun. A intervalles
réguliers et le même jour, les différents groupes d'intérêts
se rassemblent dans chaque ville pour partager leur
passion. Les lieux d'accueil participent financièrement,
ce qui constitue la principale source de revenus du
site. Parmi les quelques 2.000 groupes existants, "Dean
in 2004" est celui qui rassemble le plus d'adhérents
: 111.000 à ce jour. A titre de comparaison, le groupe
de Kucinich ne rassemble que 12.500 personnes, celui
de John Kerry 11.700, et celui de George Bush 1.100.
Meetup a permis à l'ancien
gouverneur du Vermont de créer des comités de soutien
sans effort et rapidement (les membres de "Dean in 2004"
n'étaient que 84.000 mi-août, et 43.000 début juillet),
et de récolter des fonds. Selon le quotidien Libération,
environ 93.000 personnes avaient envoyé des chèques
à la mi-août.
L'inconvénient des militants
est qu'ils sont difficilement contrôlables. Pour y remédier,
Howard Dean dispose d'autres outils : son site Web officiel,
Deanforamerica, qui fait d'ailleurs la promotion de
Meetup, mais aussi son Weblog officiel, Blogforamerica.
Malheureusement, les contributeurs de ce "journal de
campagne" sont plutôt les collaborateurs du candidat.
Malgré cela ce support, utilisé pour la première fois
dans le cadre d'une campagne présidentielle, possède
de nombreux atouts : la rapidité de mise à jour, la
proximité avec les lecteurs, une forme plus vivante
et à l'idéal moins aseptisée. C'est sans doute ce qui
a séduit Dennis Kucinich, qui possède également le sien.
Décidément à l'avant-garde
en matière d'utilisation des NTIC en politique, Howard
Dean propose aussi aux visiteurs son site "Dean Wireless",
un service d'envoi de SMS et de création de communautés
locales mobiles. Enfin,
une WebTV est disponible depuis juin sur Deanforamerica.
Elle retransmet les temps forts de la campagne ainsi
que des allocutions présentant le programme du candidat.
Mais là Dean n'a pas innové, puisque George W. Bush
avait déjà utilisé cette application lors de la dernière
campagne présidentielle. A
l'heure actuelle, Dean remporte la palme de la campagne
la plus "Net". Mais même en cas de victoire, il sera
difficile d'évaluer le poids des nouvelles technologies
dans l'ascension du candidat.
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