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Le
Conseil supérieur de l'audiovisuel vient de lancer
un appel en trois tranches aux candidatures pour de
futures chaînes locales analogiques. La première, avant
fin novembre 2003, concernera Montpellier, Nîmes et
Marseille ; la deuxième, avant fin janvier 2004 et la
troisième, avant fin mars 2004, concerneront chacune
trois autres villes. Et ce parallèlement aux divers
projets autour de la télévision numérique
ou de la télévision Adsl. Pionnier de
la Web-TV avec CanalWeb, Jacques Rosselin a depuis fondé
Antennes Locales et travaille sur le développement d'un
nouveau modèle de télévision locale (première étape,
une chaîne parisienne en préparation pour 2004). Antennes
Locales a démarré avec le soutien de plusieurs
investisseurs privés, dont Pierre Bergé, déjà
actionnaire des précédents projets de
Jacques Rosselin (Courrier International et CanalWeb).
JDN.
Y a-t-il un marché pour les chaînes de télévision
locales hertziennes analogiques?
Jacques
Rosselin. Une chaîne
peut être un média local rentable, au même titre que
la radio, l'affichage ou la presse. Des exemples à l'étranger
(et en France, regardez TV8 Mont Blanc, Cité Télévision
ou TVpi) montrent que l'on peut produire une télévision
de ville pour 1 à 2 millions d'euros par an, c'est à
dire deux fois moins cher que la première génération,
née dans les année 80. A l'époque, les moyens de productions
étaient plus lourds et les grilles était des copies
bon marché de celle des grandes chaînes nationales ou
régionales. Ajoutez à cela l'accès aux secteurs interdits
de publicité, comme la distribution, et la possibilité
de prendre enfin plus de 51% d'une chaîne hertzienne,
et vous avez un contexte très favorable, de nature à
attirer des investisseurs et de nouveaux entrants.
La
télévision Adsl offre-t-elle de nouvelles opportunités
à ce type de projets, notamment quand l'on entend ses
futurs opérateurs insister sur l'importance de contenus
"locaux"?
Une télé locale, c'est une
petite boutique. Elle doit s'équilibrer uniquement sur
des recettes locales. Sur une ville de 300.000 habitants,
elle peut compter sur 1,5 million d'euros de recettes.
Elle doit donc être conçue pour dépenser moins, comme
cela se fait en Espagne à Gijon ou San Sebastian. Pour
cela, elle doit faire appel à des méthodes de production,
et demain de diffusion, les plus économiques possible.
Ces méthodes ont été expérimentées dès 1998 par
CanalWeb et d'autres pionniers de la télévision sur
Internet, dont on disait à l'époque "qu'ils ne faisaient
pas de la télévision". De toutes façons, les contenus
locaux sont très attractifs pour les télespectateurs,
quel que soit le réseau de diffusion, ADSL ou autre.
Comment
l'industrie de la télévision au sens large peut-elle
tirer profit de la culture et de la technologie Internet?
Les nouvelles technologies,
dont celles issues de l'Adsl et des WebTV, ont bouleversé
l'économie de la production et de la distribution. Aujourd'hui,
la télévision classique a compris tout le parti qu'elle
pouvait tirer des systèmes "low-cost" que nous expérimentions
chez CanalWeb. Du reste, la nouvelle génération "post-câble"
des chaînes de télévision se développe aujourd'hui grâce
à des anciens d'Internet : Fabrice Sergent, ex-Club
Internet, qui crée Live1, une chaîne de petites annonces
interactives; David Chevalier, de Streampower, une filiale
du groupe Bolloré, qui conçoit CornerTV, une télévision
interactive pour les cafés (Lire les confidentiels
du JDN du 30/08/03); ou encore François Collobert,
de e-TF1, à qui la direction de TF1 confie la
production et la diffusion de TFou!, sa chaîne pour
enfants. Chacune de ces chaînes coûte moins de
1 million d'euros par an. C'est finalement le savoir-faire
de la télé sur Internet qui demain va faire gagner de
l'argent aux petites chaînes, qu'elles soient locales
ou thématiques. Tout vient à point...
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