On croyait le marché des
serveurs de bannières (AdServer) bien installé
en France avec le duopole DoubleClick (Dart) et Real Media
(Open AdStream). Mais depuis le début de l'année,
deux nouveaux adservers en ASP ont
fait leur apparition : SmartAdServer, développé
par le site Au Féminin, et Helios, une solution
de la société allemande AdTech. Globalement,
ces deux nouveaux outils répondent à une
même problématique : proposer les mêmes
services que les serveurs déjà existants
tout en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités,
une plus grande convivialité et une meilleure ergonomie.
L'histoire
de SmartAdServer démarre d'un besoin. Au Féminin
s'est lancé dans l'aventure de la création
d'un serveur de bannières faute de trouver un outil
capable de gérer des formats publicitaires atypiques
et fortement teintés de rich
media. "SmartAdserver existe en deux versions,
une version agence média et une version régie,
explique Marc-Antoine Dubanton, directeur général
de Au Féminin et créateur de l'outil. Il
répond à trois exigences : du temps
réel, que ce soit pour la mise en ligne des bannières
ou pour le calcul des statistiques, des fonctionnalités
poussées et de multiples options avec une interface
très conviviale."
Parmi les fonctionnalités spécifiques du
SmartAdServer, figurent la possibilité de tracking
post-clic et post-impression par visiteur unique et jusqu'à
un mois, le cumul de cinq capings différents sur
une seule campagne et la capacité de programmer
du rich media (Flash et vidéo) aussi facilement
qu'un ".gif".
C'est la première fois en France qu'un site éditorial
développe un adserver et décide de le commercialiser
à grande échelle. Afin de s'assurer la confiance
de ses clients, le site garantie une complète confidentialité
des données. "L'activité adserver est
totalement indépendante vis-à-vis de l'activité
d'édition du site, affirme Marc-Antoine Dubanton.
Le respect de l'éthique dans ce domaine est la
condition sine qua non de la viabilité de notre
outil."
Ce nouvel outil a trouvé
grâce aux yeux de sites de grande envergure. Alors
qu'il est commercialisé depuis le début
de l'année, quelques dizaines de clients ont déjà
succombé à ses attraits. Parmi eux, Libération,
Boursorama, AlloCiné, 01Net ou encore les régies
ZenithOptimedia Interactive et Initiative Media. AuFeminin
a ainsi grignoté des parts de marché à
la fois chez Dart et chez Open AdStream.
De son côté Helios a été développé
par la société AdTech, une ancienne filiale
de CMGI devenue indépendante. Helios est une adaptation
du serveur de bannières AdForce qu'AdTech a racheté
à CMGI au moment de la séparation, en octobre
2001. Le produit est diffusé en France par la régie
publicitaire Hi-Media. Lui aussi a misé sur la
simplcité d'utilisation avec une interface intuitive.
Parmi les spécificités de l'outil, figurent
un ciblage géographique très pointu, du
quasi-temps réel et un petit outil de création
de bannières automatisée.
"Nous avons choisi de ne pas proposer de rapports
statistiques en temps réel et générés
automatiquement afin de conserver toute la fluidité
de l'outil, souligne Guillaume Amouyal, responsable de
la distribution de l'adserver en France aux côtés
de Pierre-Antoine Brunet. Les rapports sont édités
avec une heure de décalage et sur demande. Cela
nécessite un temps d'attente de cinq à dix
secondes de génération, mais cela apporte
un grand confort d'utilisation de l'outil."
L'ensemble des sites
de la régie Hi-Media (comme JeuxVideo.com, LaPoste.net,
Noos.fr, Societe.com...) utilisent Helios. L'outil a été
choisi en outre par Gamekult, Keljob, Clust et Bayardpresse.fr.
La société AdTech totalise à ce jour
150 clients en France et en Allemagne.
Au niveau tarif, les deux
outils affirment être systématiquement
- ou presque - moins chers que les deux mastodontes
du secteur. Le calcul du coût engendré
par les adservers étant complexe et très
variable d'un site à l'autre (il est fonction
du nombre de pages vues, de la complexité de
l'ergonomie, de la renommée du site, etc.), il
est difficile de vérifier ces affirmations. Reste
qu'au-delà des tarifs de base, les éditeurs
de site doivent rester vigilants aux frais connexes
engendrés par le changement de serveur de bannières
(avec notamment le retaggage des pages) et au temps
nécessaire au basculement d'un outil vers l'autre.
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