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A côté des quatre
cybermarchés du marché français,
s'est développé depuis 1999 un spécialiste
du frais baptisé Natoora. Le site propose quelque
2 000 références (entre 1 100
et 1 200 sont en ligne simultanément) dans
le domaine des fruits et légumes, de la viande,
du poisson, de la crèmerie, de l'épicerie
fine, du vin et de la boulangerie. Les produits sont
livres dans 74 départements.
Natoora
est donc, lui aussi, un cybermarché à
part entière même si son fonctionnement
diffère totalement des autres acteurs du secteur.
Tout d'abord, il n'appartient à aucun groupe
de distribution. Le site est financé par une
quarantaine de business angels. En conséquence,
le cybermarché ne se fournit auprès d'aucune
centrale d'achat mais grâce à des partenariats
signés avec 150 producteurs répartis dans
toute la France (petites et moyennes exploitations).
Sur
le plan logistique, Natoora se démarque aussi.
Le site fonctionne selon le principe du zéro
stock, un système complexe qui a nécessité
deux ans de réflexion et de R&D. Pour cela,
le cybermarché loue une plate-forme à
dimension variable près de Rungis. "Cette
plate-forme sert uniquement de noeud de transit, explique
Philippe Quenedey, co-fondateur Natoora. Nous y réceptionnons
les produits envoyés par les producteurs pour
les répartir immédiatement dans les commandes
des clients. Le temps de préparation des commandes
est à peu près trois fois moindre que
ce que l'on observe chez les autres cybermarchés."
La livraison se fait en direct
sur Paris (sous 36 heures avec des triporteurs électriques)
ou par le biais de Chronopost pour la province et la
banlieue parisienne. Pour réussir à conserver
la chaîne du froid , Natoora a développé
en interne un emballage auto-réfrigéré
qui permet de conserver la commande entre 4 et 8°C
pendant une quarantaine d'heures, soit le temps d'acheminement
par le partenaire Chronopost. Ce système, breveté,
permet de livrer jusqu'à 20kg de produits en
province dans un délai total de 48 heures.
La réussite de ce projet fonctionne grâce
au positionnement spécifique de Natoora. "Nous
sommes moins un cybermarché qu'un intermédiaire,
une solution d'infologistique entre le producteur et
le consommateur, estime Philippe Quenedey. En même
temps que la prise de commande, les producteurs reçoivent
l'ensemble des données, c'est-à-dire les
noms et adresses des personnes qui leur ont commandé
un produit. Cela leur permet de connaître leurs
clients et de s'impliquer encore plus dans le processus,
ce qui garantie un service irréprochable."
Selon Natoora, le taux de produits manquants dans une
commande est inférieur à 0,5 %. Le
nombre de commandes non conformes est de moins de 1 %.
Outre la livraison, Natoora a dû relever un autre
challenge : la gestion des relations avec les producteurs.
Pour l'acheminement des produits vers la plate-forme
aucun problème puisque les exploitants envoyaient
déjà régulièrement leur
production au marché de Rungis. Restait à
savoir comment connaître les produits disponibles
chez les producteurs et mettre en place un système
d'alerte en cas de rupture de stock.
La solution mise en place est des plus simples. A partir
de leur équipement de base (un simple ordinateur
et une connexion bas-débit), les producteurs
ont accès à un extranetoù ils précisent
les produits qu'ils vendent (15-20 % des références
vendues changent chaque mois) et le stock qu'ils détiennent.
La connexion est entièrement gratuite pour le
producteur, elle est prise en charge par le cybermarché.
"De plus, dans la mesure où nous leur demandons
de ne s'engager que sur un faible pourcentage de leur
production, la rupture de stock est quasiment inexistante",
affirme Philippe Quenedey.
Si Natoora ne précise pas le nombre de ses clients,
il consent cependant à indiquer que la progression
mensuelle est régulièrement à deux
chiffres (+ 30 % en septembre). Le panier
moyen est de 100 euros pour une fréquence
de commande d'une fois et demi par mois pour les clients
habitués. Le chiffre d'affaires, confidentiel,
a lui aussi un rythme de progression à deux chiffres.
"Le modèle logistique est d'ores et déjà
rentable et nous serons assurément rentables
dans le courant de l'année 2004, précise
Philippe Quenedey. C'estle fruit de nos très
faibles coûts de structure : nous sommes
seulement une équipe de cinq personnes, l'ensemble
du processus logistique est sous-traité."
Fort de sa réussite
en France et de la validation de son modèle économique,
Natoora passe à l'étape suivante et s'apprête
à ouvrir d'ici la fin de l'année son site
Natoora.co.uk. Destiné tout d'abord à
la communauté française expatriée
à Londres, Natoora UK va se contenter au départ
d'exporter ses produits français vers la métropole
britannique à partir de sa plate-forme de Rungis.
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