|
On se demandait quand les
net-entrepreneurs français allaient reprendre à leur compte
l'idée du "networking social", à l'origine de la création
de Friendster aux Etats-Unis, pour lancer un site français
du même acabit. C'est finalement le même timing - à un
jour près - qu'ont choisi Ilius et Partenium, une société
spécialisée dans l'externalisation de la production informatique,
pour lancer respectivement Friendset et Netfriends. Les
deux sites, qui se réclament du même concept que leur
modèle américain, mettent en avant la même promesse
- élargir son réseau de relations -, et proposent peu
ou prou les mêmes fonctionnalités.
Le
concept des sites de networking social se fonde sur
la théorie des six degrés, qui démontre que le degré
maximum de séparation entre deux individus est de six
personnes (Lire l'article
du JDN du 20/08/03). Même si Friendster n'est pas
le premier site à mettre en pratique cette théorie (en
France notamment, le site de propagation de petites
annonces iPropi existe depuis l'été 2002, lire l'article
du 06/08/03), il est assurément celui qui a rencontré
le plus de succès jusqu'à présent. Plus d'un million
d'américains s'y sont déjà inscrits.
Friendset et Netfriends
ont beaucoup de points communs avec Friendster, outre
leurs noms à la limite de l'anagramme. Ils proposent
à leurs inscrits de renseigner un profil et d'inviter
leurs relations à rejoindre la communauté, ce qui permet
aux personnes qui ont au moins une connaissance -directe
ou indirecte- en commun d'avoir accès aux fiches des
membres du "réseau". Pour faciliter les rencontres,
un moteur de recherche est à la disposition des internautes,
ainsi qu'un système de messagerie. Pour l'instant, tous
ces sites sont gratuits.
Les deux nouveaux entrants
français proposent néanmoins certaines spécificités.
A l'instar de Friendster, Friendset affiche pour chaque
profil le degré de proximité de la relation qui le relie
à l'internaute. Le site propose également une fonctionnalité
différenciante, baptisée Friendset Live. Il s'agit d'une
sorte d'agenda pouvant servir à organiser des rencontres
entre "friendseters". Enfin, les visiteurs peuvent apprendre
de quelle façon les membres de leur réseau se sont connus.
Netfriends, quant à lui,
reprend lui aussi des fonctionnalités inspirées de Friendster
(demande de présentation, suggestion de rencontres),
mais se distingue par la possibilité de passer des annonces
au sein du réseau, et d'importer son carnet d'adresses
Outlook et Hotmail.
Les éditeurs de Friendset
et Netfriends n'ont pas souhaité détailler leur
business model. Marc Simoncini, fondateur d'Ilius (qui
exploite aussi Meetic), avoue qu'il ne se place pas
"dans une logique de rentabilité intrinsèque au site",
concédant que le potentiel économique de ce genre de
service est moins important que sa valeur pour les utilisateurs.
En revanche, en termes de constitution de base de données,
Friendset est autrement prometteur. "Nous mettrons en
œuvre les moyens nécessaires pour atteindre 1 million
d'abonnés d'ici la fin de l'année", déclare Marc Simoncini.
Ce qui signifie pour lui, au maximum, un budget promotion
de 1,5 million d'euros. Dans un premier temps, Ilius
compte sur l'échange de bannières et de base de données
pour mettre en route les inscriptions. Les abonnés à
Meetic ne seront pas spécialement sollicités, l'intérêt
pour Marc Simoncini étant de construire une nouvelle
base d'abonnés. Hors marketing, le budget de lancement
s'est élevé à 300.000 euros.
Le succès de ce type de
site reposant sur leur capacité à enclencher le système
de viralité pour augmenter de manière exponentielle
le nombre d'inscrits, et ainsi créer de la valeur pour
ces internautes, l'atteinte du nombre minimal d'abonnés
est crucial. Marc Simoncini évalue ce nombre critique
à 50.000 abonnés. Si tout se passe comme ils l'ont prévu,
Friendset et Netfriends projettent d'ouvrir rapidement
des branches à l'étranger. Partenium, qui a développé
Netfriends en collaboration avec Performances.ch, une
entreprise suisse de conseil en e-business, compte s'appuyer
sur cette société pour lancer le site en Suisse, puis
sur des partenaires en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne
et en Allemagne. Ilius souhaite quant à elle étendre
son réseau aux pays dans lesquels Meetic est déjà présent.
|
Affinitiz,
à mi-chemin entre networking social
et site communautaire
|
Affinitiz,
lancé début 2001, est un site
qui permet à ses membres de créer
des sites communautaires, dotés de fonctionnalités
plus ou moins évoluées selon la
formule choisie (publication de contenu, moteur
de recherche, messages vidéo, chat...),
et d'adhérer à d'autres communautés
selon leurs centres d'intérêt.
L'entrée dans une communauté peut
se faire soit librement, soit sur inscription,
soit uniquement par cooptation, selon le choix
de l'administrateur.
Benoît Hédiard, fondateur et responsable
technique d'Affinitiz, décrit son site
comme étant "au coeur des logiciels
sociaux" : " Nous sommes à la croisée
des deux tendances principales des logiciels
sociaux, explique-t-il: la collaboration avec
son réseau, dont on voit le développement
avec les blogs et les wikis, via les outils
de publication de contenu disponibles sur Affinitiz
; et le développement de son réseau
social (networking), via la possibilité
d'intégrer de nouvelles communautés
selon ses centres d'intérêt ".
Affinitiz, qui a lancé sa V2 en août,
compte aujourd'hui 70.000 inscrits. Ses sources
de revenus se partagent entre la vente de comptes
premium, depuis cet été, et la
location de la plate-forme aux entreprises,
en marque blanche.
|
|