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Aux Etats-Unis, le retour de la bulle boursière a
fait revenir les "day traders" sur le marché.
Ces investisseurs individuels, qui passent leur journée
les yeux fixés sur les cours de Bourse pour acheter
et vendre en espérant, lors de la clôture du
marché, avoir fait une plus-value, sont à nouveau
attirés par un marché boursier actif et en forte
progression (le Nasdaq enregistre plus de 50 % de progression
sur un an). Outre-Atlantique, ces day traders ciblent principalement
les valeurs Internet, qui ont l'avantage à leurs yeux
d'être particulièrement dévaluées
depuis l'éclatement de la bulle Internet. En France,
la situation est un peu différente, même si la
tendance globale est la même.
"Depuis que le marché boursier est un
peu reparti, on constate une recrudescence d'activité de la
part des investisseurs, indique Benoît Grisoni, directeur du
service de courtage en ligne Boursorama Invest. Cela
concerne à peu près tous les profils mais les investisseurs
traditionnels sont les premiers à revenir sur l'activité, notamment
ceux qui avaient été échaudés par la chute de la Bourse pendant
ces deux dernières années."
En France, plus que de day traders, il faut parler d'investisseurs
actifs. Les véritables day traders sont en effet rares,
en dehors d'un contexte professionnel. "On estime qu'il
y a en moyenne en France 5 % de boursicoteurs très
actifs, c'est-à-dire qui passent au moins un ordre par
jour, souligne Pascal Donnais, directeur marketing de Fortuneo.
Il y a eu un pic de traders actifs au cours de l'année
2000, au moment de la bulle. Depuis, ce chiffre est stable.
On les retrouve plus facilement chez les courtiers en ligne
du fait de la facilité du passage d'ordres et des outils
de surveillance des marchés qu'ils proposent."
Pour ce type de boursicoteurs, l'activité est relativement
indépendante de la croissance des marchés. Ils
s'intéressent d'abord à la volatilité des
cours, qui peut leur permettre de réaliser des bénéfices
rapides. L'ennemi, c'est donc le marché plat.
"Chez Boursorama Invest, environ 10% de nos clients passent
plus de cinq ordres par semaine, précise Benoît
Grisoni. Ils ont plutôt tendance à choisir des valeurs très
liquides sur le SRD, et de préférence des valeurs du CAC 40.
Ils ciblent aussi les warrrants et les produits dérivés du Monep
(options et futures sur le CAC 40)."
Même son de cloche chez Fortuneo : "Nous comptons
entre 20 et 25 % de clients actifs car nous avons un positionnement
particulièrement boursier quand d'autres courtiers se
spécialisent dans l'épargne, les Sicav ou le patrimonial,
précise Pascal Donnais. Ces personnes investissent principalement
sur des titres volatiles qui amplifient les réactions
du marché. Ils recherchent aussi les titres à
forte liquidité et à effets de leviers (SRD et
Warrants, par exemple)." Parmi les titres qui font la joie
de ces clients très actifs, on peut citer Alcatel, Cap
Gemini Ernst & Young ou encore des valeurs à risques
ou en difficulté comme Alstom et Eurotunnel. Les Warrants
et les valeurs américaines sont aussi appréciés.
Passer un minimum de 20 à 30 ordres par mois fait du
client très actif un client idéal pour les courtiers,
qui mettent donc en place des services et des tarifs particuliers
pour eux. Chez Boursorama, le forfait Trader facture un minimum
de 13,95 euros par transaction et 0,18 % au-delà de 7.750
euros. Le courtier propose aussi un pack Services avec des outils
semi-professionnels en streaming temps réel et un système
d'alerte.
Du côté de Fortuneo, le tarif de l'offre Trader
Actif est de 0,10 % sur le montant de toute transaction
inférieure à 2000 euros (minimum de 10 euros).
Le courtier propose gratuitement à tous ses clients une
"salle de marché virtuelle" en temps réel.
Outre ces tarifs, ce type de clients a souvent accès
à une ligne téléphonique dédiée
et est régulièrement invité à des
sessions de formation pour se perfectionner dans l'analyse technique.
De l'avis général, les boursicoteurs les plus
actifs connaissent des cycles dans leurs rapports avec la Bourse.
Pendant plusieurs mois, il peuvent passer plusieurs ordres par
jour (certains vont jusqu'à 500 transactions mensuelles
en jouant sur de petites variations de cours pour cumuler de
petits gains) puis vont faire une pause, passer un ou deux ordres
par mois avant de revenir par la suite à un rythme plus
poussé. Cela explique en partie le turnover important
dans cette catégorie d'investisseurs. Sans oublier ceux
qui ont mal calculé les risques...
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