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Lancé en mai dernier,
la version francophone de Google News, service gratuit
de pige de sites d'information, affirme effectuer une
veille permanente sur quelque 500 sources francophones
en ligne. Force est de faire confiance à Google,
puisqu'aucune liste de ces sites d'information n'est
accessible à l'internaute. On constatera simplement
que cohabitent aussi bien des titres archi-connus (Le
Figaro, Libération, Ouest France, etc.) que des
sites plus confidentiels (comme par exemple hns-info.net,
Hacktivist News Service). Selon les premiers chiffres
d'audience relevés par Nielsen//Netratings, News.google.fr
a enregistré 354.000 visiteurs uniques en août
et 372.000 en septembre. L'audience reste réduite
à l'échelle de Google, mais on commence
déjà à voir son influence sur les
sites d'informations répertoriés.
"Ce
service n'a pas un impact considérable sur notre
audience mais, selon les chiffres du CIM (Centre d'Information
sur les médias, équibalent belge de Diffusion
Contrôle, qui dispose de l'outil de mesure d'audience
Metriweb), on peut lui attribuer une progression de
4 à 5% de notre audience en juillet et août",
souligne Jean Rebuffat, chef de la rédaction
du Soir en ligne, le site du quotidien belge Le Soir.
Ce chiffre va sans doute peu à peu s'estomper,
estime ce dernier, à mesure que l'effet découverte
du nouveau service sera passé. "Je crois
qu'il ne faut pas crier au vol du droit d'auteur, mais
voir ce service comme un système de référencement,
analyse Jean Rebuffat. Il n'y a que pour les photos
que je suis réticent, sinon cela me semble acceptable
puisque le droit de citation existe. Tant que Google
News reste un vitrine du savoir technologique de Google
et qu'il n'y a pas de modèle économique
qui y est associé, cela ne me semble pas incorrect."
En France, la réaction est différente
puisque certains sites ont demandé à ne
pas apparaître sur Google News (c'est par exemple
le cas du site LeMonde.fr) et que d'autres s'interrogent
sur la finalité du service. C'est pour cette
raison que le GESTE (Groupement des Editeurs de Services
en Ligne, qui recense de nombreuses sociétés
du secteur des médias) a adressé une lettre
en recommandé à Google France afin d'entamer
des discussions sur le fonctionnement du service de
news.
"Nous n'avons pas vocation à offrir nos
contenus à Google, explique Philippe
Jannet, président du GESTE et directeur
des éditions électroniques des Echos. Les titres et
les chapôs [NDLR : les résumés
des articles, en vocabulaire de presse] de nos articles
sont protégés par le droit d'auteur, de
même que les photos. Nous laissons jusqu'à
la fin du mois à Google pour prendre contact
avec nous. Après, chaque éditeur pourra
entamer les démarches qu'il souhaitera."
Le GESTE s'interroge sur la finalité sur service
de news et craint que Google n'insère un jour
de la publicité sur le service et sur son système
d'alerte (il est
possible de recevoir par mail tous les articles traitant
d'un sujet donné).
Le risque pour Google est donc de voir les principaux
sites d'information français demander à
ne plus figurer sur Google News, voire même entamer
des procédures juridiques. Le moteur de recherche
est d'autant plus sous pression que le courrier envoyé
par le GESTE concernait également le système
de mise en cache des pages Web. "La mise en cache
des articles publiés sur les sites d'information
est absolument illégale et nous souhaitons que
cela cesse", ajoute Philippe Jannet. Plusieurs
journaux, dont certains quotidiens de référence
(Le Monde, le New York Times), ont déjà
dû mettre en place des systèmes empêchant
la mise en cache de leurs articles qui deviennent théoriquement
payants à J+1, mais que la puissance du cache
de Google rendait encore disponible gratuitement plusieurs
semaines après leur parution (lire l'article
du JDN du 17/07/03).
Contacté par le JDN,
Google France n'a pas souhaité répondre
à nos questions. Le débat autour de Google
News intervient alors que le moteur de recherche vient
d'être condamné par le TGI de Nanterre pour
contrefaçon de marque, suite à une plainte du voyagiste
Bourse des Vols qui dénonçait les abus du
programme de liens sponsorisés AdWords de Google (lire
l'article
du 16/10/03). |