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La part du spam dans le trafic
e-mail total est évaluée à 50% actuellement, et c'est
ce qui a poussé le Sénat à agir, par peur que les réseaux
finissent par être submergés, avec tout ce que cela implique
en termes de manque à gagner, financier et en productivité.
Plus rapides, la moitié des états américains ont déjà
adopté des lois anti-spam. La loi fédérale prime sur les
dispositions des états, toutefois ceux-ci pourront fixer
des peines plus lourdes s'ils le souhaitent, dans le cas
de mails trompeurs et frauduleux.
Le
projet voté au Sénat, soutenu par l'administration Bush,
propose de n'interdire que les messages trompeurs, qui
constituent les deux-tiers des spams. Par "trompeur",
il entend soit la confusion entretenue dans l'adresse
d'envoi (détournement de boîtes) ou le titre du mail,
soit la publicité mensongère de son contenu (fausses
promesses du type pilule miracle ou bague porte-bonheur…).
Pour le reste, les messages non sollicités pourront
continuer à prospérer légalement, à condition de respecter
certaines règles : les messages sexuellement explicites
devront être signalés comme tels, afin de permettre
leur filtrage ; l'acquisition des adresses e-mail ne
pourra pas se faire grâce à un générateur d'adresses
; l'envoi ne pourra pas se faire depuis des comptes
multiples pour échapper au filtrage ; aucun message
non sollicité ne pourra être envoyé aux internautes
inscrits sur la "Do Not Spam list".
Les peines prévues en cas
de non respect de ces principes vont jusqu'à un an de
prison et un million de dollars d'amende. Les représentants
de la loi au niveau fédéral et au niveau des états,
ainsi que les fournisseurs d'accès sont habilités à
engager des poursuites, pas les particuliers. Quant
à la liste rouge, qui ne satisfait par les marketeurs,
elle serait mise en place sous l'égide de la FTC (Federal
Trade Commission).
Ce projet de loi, même
s'il n'a pas pour but d'interdire tout message non sollicité,
devrait permettre aux 52% d'utilisateurs de l'e-mail
qui considèrent que le spam a entamé leur confiance
dans ce moyen de communication, selon Pew Internet &
American Life, de soulager un peu leur boîte de réception.
A la condition bien sûr que des contrôles efficaces
soient effectués (le texte ne parle pas de ces mesures),
et que des actions en justice soient intentées. Ce qui
limite évidemment la portée du texte.
L'étude de Pew Internet
& American Life, conduite en juin auprès de 2.200 personnes,
dont près de 1.300 utilisent l'e-mail, a montré que
70% d'entre eux trouvent que surfer est devenu moins
agréable depuis que le spam a envahi leur quotidien,
et que 25% utilisent moins l'e-mail de ce fait. 80%
sont ennuyés par les spams trompeurs ou malhonnêtes,
les hommes et les moins de 30 ans étant les plus tolérants
(les femmes sont notamment plus sensibles à la réception
de mails au contenu pornographique).
Si environ 70% déclarent
ne pas divulguer leur adresse pour éviter le spam, 7%
ont déjà commandé un produit ou un service à partir
d'un mail non sollicité, et 33% ont déjà cliqué pour
avoir plus d'informations. L'étude a également démontré
que tous les mails commerciaux non sollicités ne sont
pas assimilés à du spam de la même façon : les produits
financiers, les informations politiques et religieuses
passent mieux que les contenus pornographiques, et seuls
32% considèrent qu'un mail non sollicité provenant d'un
émetteur avec qui ils ont déjà fait affaire est assimilable
à du spam.
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