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Etats-Unis : la pression monte contre le spam
Le projet de loi anti-spam voté à l'unanimité par le Sénat américain fixe les limites à ne pas franchir pour l'envoi d'e-mails non sollicités, et propose la création d'une liste rouge.  (Vendredi 24 octobre 2003)
         
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Le site
Pewinternet.org
La part du spam dans le trafic e-mail total est évaluée à 50% actuellement, et c'est ce qui a poussé le Sénat à agir, par peur que les réseaux finissent par être submergés, avec tout ce que cela implique en termes de manque à gagner, financier et en productivité. Plus rapides, la moitié des états américains ont déjà adopté des lois anti-spam. La loi fédérale prime sur les dispositions des états, toutefois ceux-ci pourront fixer des peines plus lourdes s'ils le souhaitent, dans le cas de mails trompeurs et frauduleux.

Le projet voté au Sénat, soutenu par l'administration Bush, propose de n'interdire que les messages trompeurs, qui constituent les deux-tiers des spams. Par "trompeur", il entend soit la confusion entretenue dans l'adresse d'envoi (détournement de boîtes) ou le titre du mail, soit la publicité mensongère de son contenu (fausses promesses du type pilule miracle ou bague porte-bonheur…). Pour le reste, les messages non sollicités pourront continuer à prospérer légalement, à condition de respecter certaines règles : les messages sexuellement explicites devront être signalés comme tels, afin de permettre leur filtrage ; l'acquisition des adresses e-mail ne pourra pas se faire grâce à un générateur d'adresses ; l'envoi ne pourra pas se faire depuis des comptes multiples pour échapper au filtrage ; aucun message non sollicité ne pourra être envoyé aux internautes inscrits sur la "Do Not Spam list".

Les peines prévues en cas de non respect de ces principes vont jusqu'à un an de prison et un million de dollars d'amende. Les représentants de la loi au niveau fédéral et au niveau des états, ainsi que les fournisseurs d'accès sont habilités à engager des poursuites, pas les particuliers. Quant à la liste rouge, qui ne satisfait par les marketeurs, elle serait mise en place sous l'égide de la FTC (Federal Trade Commission).

Ce projet de loi, même s'il n'a pas pour but d'interdire tout message non sollicité, devrait permettre aux 52% d'utilisateurs de l'e-mail qui considèrent que le spam a entamé leur confiance dans ce moyen de communication, selon Pew Internet & American Life, de soulager un peu leur boîte de réception. A la condition bien sûr que des contrôles efficaces soient effectués (le texte ne parle pas de ces mesures), et que des actions en justice soient intentées. Ce qui limite évidemment la portée du texte.

L'étude de Pew Internet & American Life, conduite en juin auprès de 2.200 personnes, dont près de 1.300 utilisent l'e-mail, a montré que 70% d'entre eux trouvent que surfer est devenu moins agréable depuis que le spam a envahi leur quotidien, et que 25% utilisent moins l'e-mail de ce fait. 80% sont ennuyés par les spams trompeurs ou malhonnêtes, les hommes et les moins de 30 ans étant les plus tolérants (les femmes sont notamment plus sensibles à la réception de mails au contenu pornographique).

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Le site
Pewinternet.org

Si environ 70% déclarent ne pas divulguer leur adresse pour éviter le spam, 7% ont déjà commandé un produit ou un service à partir d'un mail non sollicité, et 33% ont déjà cliqué pour avoir plus d'informations. L'étude a également démontré que tous les mails commerciaux non sollicités ne sont pas assimilés à du spam de la même façon : les produits financiers, les informations politiques et religieuses passent mieux que les contenus pornographiques, et seuls 32% considèrent qu'un mail non sollicité provenant d'un émetteur avec qui ils ont déjà fait affaire est assimilable à du spam.

[Raphaële Karayan, JDNet]
 
 
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