Actualité / Capital-risque
Mardi 28 octobre 2003
Emmanuel Libaudière : "Les bons dossiers sont pris d'assaut par les investisseurs "Capital IT fête ses cinq ans et sa dixième édition. Analyse, avec son organisateur, d'un événement qui évolue et se teinte de business développement.
              
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Dixième édition, cinq ans d'existence. Capital-IT, le rendez-vous bi-annuel des entreprises en recherche de financement et des capitaux-risqueurs en quête de nouveaux projets, souffle ses bougies les 28 et 29 octobre. Pour cette édition, quarante-cinq entreprises ont été retenues. Un peu plus matures qu'auparavant (la moitié d'entre elles ont plus de deux ans), elles ont généralement déjà commencé à commercialiser leurs produits, ont une équipe plus développée et sont en attente d'un deuxième ou troisième tour, pour un montant plus élevé qu'avant (2,6 millions d'euros). On notera cette année la présence accrue d'entreprises dédiées à la communication, notamment aux technologies autour du Wi-Fi et de la mobilité. Emmanuel Libaudière, organisateur de Capital-IT, revient sur les cinq années écoulées et analyse l'évolution du capital-risque en France sur cette période.

JDN. Quel bilan faites-vous des dix éditions de Capital IT que vous avez organisées ?

Emmanuel Libaudière. Après cinq ans d'existence, l'événement Capital IT existe toujours et c'est déjà une vraie raison pour les entrepreneurs d'être confiants. Quand j'ai eu l'idée en 1998 de faire la première rencontre Capital-IT, à cette époque-là il n'y avait rien d'organisé au niveau du capital-rique. Il y avait quelques grands fonds qui existaient comme Galileo, iSource, Innovacom, Dassult Développement, Apax, 3i, etc. mais il n'y avait pas du tout de "démocratisation" du capital-risque. Cela a eu lieu ces cinq dernières années, notamment grâce à la folie observée il y a deux-trois ans. Le point positif aujourd'hui, c'est qu'on ose l'entrepreneuriat dans le bon sens du terme. C'est bien vu d'être entrepreneur alors qu'il y a cinq ans, c'était considéré comme une folie. Aujourd'hui, la vocation d'entrepreneur est reconnue et soutenue grâce au capital-risque. C'est peut-être le point le plus positif qu'on retiendra dans cinq ou dix ans.

Quelles sont les évolutions majeures de cette édition et que peuvent en attendre les entreprises participantes ?
Aujourd'hui, les investisseurs font du soutien, du business développement pour leur protefeuille. Ils ne se contentent pas d'investir puis de passer au dossier suivant. On est dans une perspective de développement des entreprises, pas simplement d'investissement. Cela se sent au niveau de cette dixième édition de Capital IT où nous avons élargi le périmètre de la conférence au business development pour aider les entreprises innovantes à rencontrer non seulement leurs investisseurs, mais également leurs marchés, leurs clients et leurs partenaires potentiels. Nous sommes partis d'un constat : l'objectif numéro un des "best 40" que nous avons retenues, c'est de trouver des clients, développer le chiffre d'affaires et l'activité. Ce n'est plus seulement de lever de l'argent. Non seulement nous facilitons l'accès au capital mais nous avons aussi fait venir des grands comptes, des industriels de l'informatique, des SSII, des intégrateurs ou encore des éditeurs de logiciels plus avancés pour qu'ils puissent trouver auprès des entreprises présentées des produits à acheter pour leurs besoins, des innovations technologiques à intégrer dans leur offre, des entreprises à racheter pour développer un pan complémentaire d'activité, des partenariats à nouer, etc. Cela nous permet de présenter 48 entreprises et non pas 35, comme lors de la dernière édition, parce que nous avons pu trouver une quinzaine d'entreprises, soutenues par leurs investisseurs, mais qui ont besoin d'aide au développement économique.

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Comment analysez-vous le marché du capital-rique en 2003 ? Quelles prévisions pour 2004 ?
J'ai l'impression que c'est en train de redémarrer depuis la fin de l'année 2002. Les nettoyages de portefeuilles sont terminés. Ceux qui devaient mourir sont morts. L'écrémage a eu lieu. Ce n'est certainement pas l'euphorie mais les choses bougent positivement. Tous les investisseurs qui sont présents sur Capital IT sont à la chasse, à la chasse active. Cela ne veut pas dire qu'ils investissent plus facilement mais ils sont tous très attentifs sur les dossiers. Si on leur présente un bon dossier, ils n'hésitent pas très longtemps et sont même prêts à se battre pour l'avoir. La situation est d'autant plus intéressante que nous sommes à un moment où le gouvernement et les pouvoirs publics font beaucoup d'efforts pour la création d'entreprises (loi Dutreil, loi de finance 2004, loi d'initiative économique, etc.). Nous sommes dans un contexte qui pousse à la création et à l'initiative. Cela ne veut pas dire pour autant que c'est facile mais on a rarement eu un contexte tel que celui-ci, qui incite les gens à se lancer. Pour 2004, la dynamique de croissance économique que nous observons au niveau des entreprises que nous cotoyons devrait se confirmer.

[Florence Santrot, JDNet] Précédent | Haut de page 

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