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Dixième
édition, cinq ans d'existence. Capital-IT, le rendez-vous
bi-annuel des entreprises en recherche de financement
et des capitaux-risqueurs en quête de nouveaux projets,
souffle ses bougies les 28 et 29 octobre. Pour cette édition,
quarante-cinq entreprises ont été retenues.
Un peu plus matures qu'auparavant (la moitié d'entre
elles ont plus de deux ans), elles ont généralement
déjà commencé à commercialiser
leurs produits, ont une équipe plus développée
et sont en attente d'un deuxième ou troisième
tour, pour un montant plus élevé qu'avant
(2,6 millions d'euros). On notera cette année la
présence accrue d'entreprises dédiées
à la communication, notamment aux technologies
autour du Wi-Fi et de la mobilité. Emmanuel Libaudière,
organisateur de Capital-IT, revient sur les cinq années
écoulées et analyse l'évolution du
capital-risque en France sur cette période.
JDN.
Quel bilan faites-vous des dix éditions de Capital
IT que vous avez organisées ?
Emmanuel
Libaudière. Après cinq ans d'existence,
l'événement Capital IT existe toujours
et c'est déjà une vraie raison pour les
entrepreneurs d'être confiants. Quand j'ai eu
l'idée en 1998 de faire la première rencontre
Capital-IT, à cette époque-là il
n'y avait rien d'organisé au niveau du capital-rique.
Il y avait quelques grands fonds qui existaient comme
Galileo, iSource, Innovacom, Dassult Développement,
Apax, 3i, etc. mais il n'y avait pas du tout de "démocratisation"
du capital-risque. Cela
a eu lieu ces cinq dernières années, notamment
grâce à la folie observée il y a
deux-trois ans. Le point positif aujourd'hui, c'est
qu'on ose l'entrepreneuriat dans le bon sens du terme.
C'est bien vu d'être entrepreneur alors qu'il
y a cinq ans, c'était considéré
comme une folie. Aujourd'hui, la vocation d'entrepreneur
est reconnue et soutenue grâce au capital-risque.
C'est peut-être le point le plus positif qu'on
retiendra dans cinq ou dix ans.
Quelles
sont les évolutions majeures de cette édition et que
peuvent en attendre les entreprises participantes ?
Aujourd'hui,
les investisseurs font du soutien, du business développement
pour leur protefeuille. Ils ne se contentent pas d'investir
puis de passer au dossier suivant. On est dans une perspective
de développement des entreprises, pas simplement
d'investissement. Cela se sent au niveau de cette dixième
édition de Capital IT où nous avons
élargi le périmètre de la conférence au business
development pour aider les entreprises innovantes à
rencontrer non seulement leurs investisseurs, mais également
leurs marchés, leurs clients et leurs partenaires potentiels.
Nous sommes partis d'un constat : l'objectif numéro
un des "best 40" que nous avons retenues,
c'est de trouver des clients, développer le chiffre
d'affaires et l'activité. Ce n'est plus seulement
de lever de l'argent. Non seulement nous facilitons
l'accès au capital mais nous avons aussi fait
venir des grands comptes, des industriels de l'informatique,
des SSII, des intégrateurs ou encore des éditeurs
de logiciels plus avancés pour qu'ils puissent
trouver auprès des entreprises présentées
des produits à acheter pour leurs besoins, des
innovations technologiques à intégrer
dans leur offre, des entreprises à racheter pour
développer un pan complémentaire d'activité,
des partenariats à nouer, etc. Cela nous permet
de présenter 48 entreprises et non pas 35, comme
lors de la dernière édition, parce que
nous avons pu trouver une quinzaine d'entreprises, soutenues
par leurs investisseurs, mais qui ont besoin d'aide
au développement économique.
Comment
analysez-vous le marché du capital-rique en 2003 ?
Quelles prévisions pour 2004 ?
J'ai
l'impression que c'est en train de redémarrer
depuis la fin de l'année 2002. Les nettoyages
de portefeuilles sont terminés. Ceux qui devaient
mourir sont morts. L'écrémage a eu lieu.
Ce n'est certainement pas l'euphorie mais les choses
bougent positivement. Tous les investisseurs qui sont
présents sur Capital IT sont à la chasse,
à la chasse active. Cela ne veut pas dire qu'ils
investissent plus facilement mais ils sont tous très
attentifs sur les dossiers. Si on leur présente
un bon dossier, ils n'hésitent pas très
longtemps et sont même prêts à se
battre pour l'avoir. La situation est d'autant plus
intéressante que nous sommes à un moment
où le gouvernement et les pouvoirs publics font
beaucoup d'efforts pour la création d'entreprises
(loi Dutreil, loi de finance 2004, loi d'initiative
économique, etc.). Nous sommes dans un contexte
qui pousse à la création et à l'initiative.
Cela ne veut pas dire pour autant que c'est facile mais
on a rarement eu un contexte tel que celui-ci, qui incite
les gens à se lancer. Pour 2004, la dynamique
de croissance économique que nous observons au
niveau des entreprises que nous cotoyons devrait se
confirmer.
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