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Comme il peut, le capital-risque
essaye d’oublier la gueule de bois. Faute de méthode reconnue,
chacun tente une thérapie différente. Et le programme
de la septième édition de l’IVCS (International venture
capital Summit), qui se tient les 1er et 2 décembre à
Sophia Antipolis (Alpes Maritimes), est l’occasion de
comprendre les voies suivies pour oublier la grande cuite
de l’Internet.
Première
méthode de traitement possible : déchiffrer la façon
selon laquelle les grands comptes et les institutions
abordent la question du financement des activités innovantes.
Il faudra en effet s’y habituer, les capital-risqueurs
ne sont plus les maîtres du monde en matière de financement.
Désormais, ils écoutent avec attention les positions
et les analyses de France Télécom, de Microsoft (lire
l’interview de Jean-Philippe
Courtois), de Gaz de France ou encore de l’Anvar.
"La
présence de notre étiquette dans un projet est jugée
de plus en plus rassurante par les investisseurs",
se félicite ainsi Philippe Jurgensen, président de l’Anvar
(lire l’interview).
L’Agence apprécie à sa juste valeur ce retour en grâce.
Il y a trois ans, l’étiquette Anvar était encore jugée
"has been" par les praticiens de la nouvelle
économie.
Aux yeux des financiers, les
gourous des marchés financiers sont aujourd’hui remplacés
par le baromètre des aides ou mesures publiques et par
les discours des responsables de la R&D des grandes
entreprises. Et le nouvel écosystème devrait perdurer
tant que les introductions en Bourse restent gelées.
Sans IPO possible, les stratégies de développement et
d’acquisition des grands comptes sont les portes de
sortie jugées les plus sûres.
Les acteurs du financement
les plus rapides en sont, eux, à la deuxième méthode
de traitement : la révolution perpétuelle. Après Internet,
les solutions technologiques, les biotechnologies, les
applications mobiles, c’est au tour du secteur des énergies
de faire parler de lui. Le développement durable, plébiscité
par les grandes entreprises, est passé par là : les
projets liés à l’énergie solaire, au générateur de chaleur
ou encore à l’extraction des matières polluantes se
retrouvent sur le devant de la scène. "Il y a deux
façons de voir la chose, commente un capital-risqueur.
La façon positive, c’est de se dire que la diversification
s’installe enfin dans les portefeuilles entre les différents
secteurs innovants. La façon négative, c’est de se dire
qu’un phénomène de mode sur le développement durable
est né, avec tous les risques moutonniers que cela comporte."
Une troisième et dernière méthode
de traitement est, elle, partagée par tous : les actions
du gouvernement en faveur de la création d’entreprises
et du financement des projets innovants, avec notamment
les mesures présentées fin 2002 par Renaud Dutreil,
secrétaire d’Etat aux PME. "Ces mesures sont nécessaires
et salutaires, estime Pierre Laffitte, fondateur de
Sophia-Antipolis et sénateur (RDSE, apparenté UMP).
Il ne faut pas oublier que le tissu des PME est essentiel
pour la croissance du pays."
Dans les couloirs de l’IVCS,
les sentiments des jeunes entrepreneurs et des capital-risqueurs
sont moins tranchés. "Le plan en faveur de la création
d’entreprises va dans le bon sens, avance l’un d’eux.
En revanche, les mesures ne font que la moitié du chemin,
au coup par coup. Cela donne l'impression que le gouvernement
pilote à vue." Avant d’ajouter : "mais aujourd’hui,
qui ne pilote pas à vue dans la création d’entreprises
?".
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