Actualité / Capital-risque
Mardi 2 décembre 2003
Philippe Jurgensen (Anvar) : "Une économie qui ne prend pas de risques est une économie qui se meurt"Le message du président de l'Anvar à l'adresse des financiers tient en cinq mots : il est urgent de réinvestir.
              
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Pour la septième édition de l'IVCS (International venture capital Summit) à Sophia Antipolis, Philippe Jurgensen, le président de l'Anvar (Agence nationale pour la valorisation de la recherche), est intervenu lors d'une table ronde consacrée au "risk management". Le choix du thème ne doit rien au hasard : après la débâcle dont a été victime le capital-risque sur le secteur IT, le monde financier cherche désormais à appréhender la gestion du risque entrepreneurial de manière plus précise. Pour Philippe Jurgensen, cette démarche est non seulement nécessaire mais aussi urgente. "Les investisseurs, estime-t-il, doivent réapprendre à vivre le risque."

JDN. Quel objectif visez-vous en étant, cette année, présent à l'IVCS ?
Philippe Jurgensen. Mon principal objectif est d'adresser un message aux investisseurs, qui restent tétanisés et beaucoup trop en retrait depuis de nombreux mois. Or une économie qui ne prend pas de risque est une économie qui se meurt. Les investisseurs répètent que nous sommes dans un bas de cycle depuis deux ans. Dans les faits, cette position devient de plus en plus intenable. Que faut-il pour que les investisseurs estiment que ce bas de cycle touche à sa fin ? Que tous les indicateurs passent en dessous de zéro ? De la même manière qu'en 1999 j'ai interpellé les investisseurs en leur disant qu'il n'y avait pas qu'Internet dans la vie, je veux leur dire aujourd'hui qu'ils sont en train de rater un nouveau cycle.

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Dossier Internet public

Le "plan innovation" du gouvernenent prévoit que l'Anvar devienne l'interlocuteur unique pour les porteurs de projet innovant. L'étiquette Anvar est-elle rassurante pour les investisseurs ?
Le fait que l'Anvar devienne un point d'accès centralisé pour les porteurs de projet va permettre d'améliorer la lisibilité des systèmes d'aide qui existent aux plans local, national et européen. L'Anvar aura un rôle d'aiguillage pour permettre aux porteurs de projets d'entreprendre les démarches les plus appropriées. Mais au-delà du concept, il est vrai que l'étiquette Anvar est de plus en plus rassurante pour les investisseurs. Les entreprises que nous accompagnons ont un taux de survie de 70 % à dix ans alors que la moyenne nationale est de 50 % à cinq ans. Notre capacité à sélectionner les projets innovants est aujourd'hui clairement reconnue par les investisseurs.

Début 2002, lors de la présentation du rapport d'activité de l'Anvar, vous appeliez les FCPI et les grands groupes à être davantage actifs dans la chaîne de financement. Votre appel a-t-il été entendu ?
Les FCPI ont répondu à l'appel. Si vous prenez les dix investisseurs les plus présents aujourd'hui dans les secteurs innovants, huit sont des FCPI. En revanche, pour les grands groupes la situation n'a guère évolué. La plupart des fonds corporate sont inactifs ou ont tout simplement fermé leurs portes. C'est bien dommage : après avoir démarré trop tard lors de l'envol de technologiques, les grands groupes se préparent une nouvelle fois à ne pas devancer la reprise...

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Dossier Capital-risque

Depuis avril 2001 vous proposez un mode de financement fonds propres contre BSA (bons de souscription d'actions). Où en est cette formule ?
Nous avons financé une centaine d'entreprises grâce à cette formule, pour une enveloppe qui représente un peu moins de 10 % des montants que nous apportons chaque année. Cette formule n'est pas vouée à s'imposer comme notre principal mode d'engagement. Elle répond avant tout à la situation actuelle de la chaîne de financement, où certains porteurs de projet ne peuvent obtenir de soutiens financiers sans avoir de fonds propres, ce qui est un cercle vicieux.

[Ludovic Desautez, JDNet] Précédent | Haut de page 

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