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Rentabilité, chiffres
d'affaires et base clients en forte hausse... Les principaux
sites marchands français ont dépassé
l'épreuve du lancement de leur activité
et commencent à profiter des fruits de leur activité
à mesure que le nombre d'internautes français
augmente et que la barrière de l'achat en ligne
s'estompe. Certains songent même à passer
à la vitesse supérieure et à abandonner
l'anonymat - relatif - que leur conférait
le Web pour communiquer plus largement offline. C'est
par exemple le cas de CDiscount,
qui profite de la trêve des confiseurs et des prix
réduits de janvier en matière de publicité
TV pour parrainer les films du lundi soir sur M6 pendant
cinq semaines.
Un
spot d'annonce est diffusé avant et après
le film ainsi que lors de la présentation du
film à venir en cours de semaine. "Nous
parrainons les films 'qui font peur' diffusés
chaque lundi (Scary Movie le 5 janvier par exemple),
explique Christophe
Charle, co-fondateur et PDG de CDiscount. C'est
parfait, car les téléspectateurs correspondent
parfaitement à notre cible. Les premiers résultats
sont encourageants. Lundi dernier, nous avons eu un
impact immédiat sur notre activité après
chaque diffusion du spot alors que la précédente
expérience en la matière, il y a deux
ans, n'avait donné aucun résultat."
Si ce test est jugé
satisfaisant, CDiscount songera alors à de la
vraie publicité TV, comme le lui autorise depuis
le 1er janvier 2004 la nouvelle
réglementation sur les secteurs édition,
presse et distribution. Ce dernier secteur étant
toutefois cantonné à annoncer exclusivement
sur le câble, le satellite et l'ADSL jusqu'au
1er janvier 2007, date à laquelle les chaînes
hertziennes lui seront alors ouvertes.
Outre Cdiscount, quelques autres
marchands commencent, progressivement, à s'intéresser
à la publicité télévisée.
Lastminute,
par exemple, déclare étudier sérieusement
la possibilité d'annoncer sur ce média
cette année. "J'ai demandé à
mon équipe d'étudier pour notre plan média
en 2004 l'hypothèse de spots télévisés,
déclare Pierre
Paperon, directeur général de
Lastminute France.
Non pas en raison de l'évolution de la législation,
car nous avons déjà un statut de tour
opérateur qui nous permet d'annoncer à
la télévision sans entrave, mais parce
que ce média offre une très belle couverture
nationale. Maintenant,
c'est un peu l'occasion qui fera le larron", ajoute-t-il.
Par contre, le voyagiste reste
très prudent sur la nature des supports qu'il
pourrait utiliser (télévision hertzienne,
câble ou satellite), Pierre Paperon insistant
sur la nécessité de réaliser une
importante phase de test avant de systématiser
l'utilisation de ce média. En revanche, le site
devrait privilégier la solution du film publicitaire
et celle du sponsoring d'émissions.
Son de cloche assez similaire
chez Priceminister
qui réfléchit actuellement à ses
investissements média pour 2004. Contrairement
à CDiscount, mais à l'image de Lastminute,
Priceminister ne tombe pas sous la réglementation
du secteur de la distribution car il est considéré
comme un intermédiaire dans la vente entre particuliers.
L'ensemble des supports publicitaires lui est donc permis.
RueDuCommerce,
par contre, est plus réservé. Si le site
de vente de produits high-tech admet que cette nouvelle
législation sur la publicité télévisée
ouvre l'éventail des médias que peuvent
utiliser les distributeurs, ses responsables ne sont
pas réellement convaincus, à moins d'être
très spécialisé, de la puissance
de la télévision par câble et satellite
en terme de notoriété. Mais l'e-commerçant
n'écarte pas pour autant la possibilité
de tester ce nouveau média au cours de l'année.
Le site affiche d'ailleurs la même prudence en
matière de sponsoring d'émission, cette
solution n'étant pour lui efficace que dans la
mesure où l'opération est récurrente
et s'étale sur une longue période.
Amazon,
quant à lui, n'envisage pas à court terme
d'avoir recours à la publicité télévisée
sur les chaînes cablées ou satellite. Selon
ses dirigeants, la politique promotionnelle du cyberlibraire
consiste plutôt à concentrer ses investissements
sur la politique tarifaire et sur la gratuité
de la livraison. De même, LDLC.com
se refuse encore à toute communication et mise
exclusivement sur "des prix tirés vers le
bas et le bouche-à-oreille" pour attirer
de nouveaux clients.
[Anne-Laure
Béranger et Florence
Santrot, JDNet]
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