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C'était le premier grand
débat Internet attendu cette année. Mercredi
et jeudi, les député ont examiné
en deuxième lecture le projet de loi pour la confiance
dans l'économie numérique (LEN), qui avait pour but de
retranscrire en droit national une directive européenne
sur des volets divers liés aux nouvelles technologies
de l'information et des communications. Dans les grandes
lignes, on peut citer l'élaboration d'un droit
Internet spécifique, la responsabilité commerciale
élargie des e-commerçants, la responsabilité
éditoriale des hébergeurs, la prospection
directe en ligne ou les prérogatives étendues
des collectivités locales dans le domaine de la
gestion d'infrastructures haut débit.
Création
d'un droit de l'Internet Le projet de loi
fait apparaître une rupture juridique. Sur proposition
de Jean Dionis du Séjour, l'Assemblée nationale a voté
un amendement qui définit un droit de l'internet autonome
par rapport à la communication audiovisuelle
(loi du 30 septembre 1986). Jusqu'ici, les deux notions
étaient intimement liées dans le droit
français. Le député UDF, rapporteur
de la commission des affaires économiques et
rapporteur du projet de loi LEN a défendu "un
texte fondateur du droit de l'internet en France". Pour
Jean Dionis du Séjour, son initiative de "créer
un corpus législatif Internet est nécessaire,
notamment pour lutter contre le piratage qui porte une
grave préjudice à nos industries culturelles."
Cette proposition va à l'encontre de la position
du gouvernement, qui aurait préféré
maintenir la communication en ligne dans le cadre de
la communication audiovisuelle. Nicole Fontaine, ministre
délégué à l'Industrie, a
estimé que "la création d'un droit
distinct risquerait d'aboutir à des régimes
juridiques différents pour des contenus et services
de même nature, notamment selon le support de
diffusion ou de distribution".
Compétences
renforcées des collectivités dans le domaine
des télécommunications. Les
collectivités locales pourront jouer le rôle "d'opérateur
d'opérateur" mais aussi aussi exploiter ces réseaux
en "confiant à un autre opérateur le soin de fournir
un service aux utilisateurs finaux". Pour jouer le rôle
d'opérateur à part entière et donc fournir un service
directement aux consommateurs, un "constat préalable
de carence" des opérateurs privés est nécessaire. "L'insuffisance
d'initiatives privées est constatée par un appel d'offre
déclaré infructueux", précise l'amendement.
Facturation
à la seconde obligatoire. A l'unanimité,
mais contre l'avis du gouvernement, les députés
ont décidé d'imposer la tarification à
la seconde sur toutes les communications téléphoniques,
mettant fin à la "première minute indivisible".
La
prospection directe en ligne acceptée uniquement
avec des bases en mode opt-in. Pour lutter
contre le spamming, les députés ont décidé
que l'activité de prospection directe en ligne
nécessite le consentement au préalable
des internautes destinataires. Une mesure qui s'adresse
uniquement aux particuliers. Les détenteurs de fichiers
commerciaux déjà constitués disposeront d'un délai de
six mois, à partir de la publication de la loi, pour
solliciter le consentement des consommateurs par courrier
électronique. Ce consentement devra être exprimé explicitement,
le silence des consommateurs valant refus. Du côté
des entreprises et des professionnels, ils disposent
d'un droit de désabonnement a posteriori. Enfin,
les députés ont renforcé les pouvoirs de la Commission
nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) en
termes de saisine du parquet.
Responsabilité
étendue des e-commerçants.
L'Assemblée a élargi le champ des responsabilités des
exploitants de sites marchands en adoptant un amendement
qui les engage par rapport au client quels que soient
les acteurs qu'ils mettent en oeuvre, notamment pour
la livraison de produits. Le vendeur sera donc "responsable
de plein droit à l'égard de l'acheteur de la bonne exécution
des obligations résultant du contrat, que ces obligations
soient à exécuter par elle-même ou par d'autres prestataires
de services". Cet amendement précise que l'exploitant
d'un site marchand "peut s'exonérer de toute ou partie
de sa responsabilité en apportant le preuve que l'inexécution
ou la mauvaise exécution du contrat est imputable soit
à l'acheteur, soit au fait imprévisible et insurmontable,
d'un tiers étranger à la fourniture des prestations
prévues au contrat, soit à un cas de force majeur."
Les
hébergeurs priés d'être plus vigilants
sur les contenus illicites. Les hébergeurs
devront supprimer les sites internet pédophiles, négationnistes
et racistes, sans attendre d'avoir été alertés. Cet
amendement du rapporteur Jean Dionis du Séjour impose
de fait aux hébergeurs de surveiller le contenu des
sites qu'ils abritent. Il n'a pas été
soutenu par la gauche, qui regrette que la responsabilité
des prestataires techniques se substitue au rôle de
l'autorité judiciaire. Jusqu'ici, il était entendu
que les hébergeurs avaie'nt pour obligation de
supprimer un contenu illicite uniquement si celui-ci
leur est signalé. Nicole Fontaine a rappelé qu'une
directive européenne interdisait aux Etats membres d'imposer
aux prestataires techniques (hébergeurs et fournisseurs
d'accès) la recherche de faits illicites.
Navette parlementaire oblige,
les nouvelles dispositions du projet de loi devraientt
faire l'objet d'une deuxième lecture au Sénat.
Seuls restent en discussion les articles du texte pour
lesquels les deux assemblées ne sont pas parvenus à
l'adoption d'un texte identique. Certains dossiers sensibles
comme le piratage sur Internet devraient faire l'objet
de discussions plus approfondies à l'occasion
des prochains rounds parlementaires comme l'étude
des projets de loi relatif aux communications électroniques
et aux services de communication audiovisuelle ou celui
dédié aux droits d'auteurs et aux droits
voisins dans la société de l'information. Judicieusement,
les députés ont préféré
repousser les débats portant sur la copie privée
et les échanges de fichiers peer to peer. Un
sujet qui crispe les fournisseurs d'accès Internet.
Dans une lettre ouverte aux députés diffusée
en début de semaine, les membres de l'Association
des fournisseurs d'accès et de services Internet
(AFA) évoquaient les risques de "mesures
de filtrage à l'accès".
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Rendez-vous avec le "Paquet télécom" le 6 février
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| Nicole Fontaine, la ministre déléguée à l'Industrie,
a annoncé en séance publique de l'Assemblée
que la transposition de la nouvelle réglementation
européenne sur les télécommunications, dit "paquet
télécoms", sera soumise aux députés en première
lecture le 6 février. Le "paquet télécoms" vise
notamment à renforcer la concurrence sur le marché
de l'internet haut débit (large bande).
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