|
Yahoo faisait déjà
payer les annonceurs pour qu'ils apparaissent avantageusement
parmi les liens sponsorisés. Cette fois-ci, il
leur faudra payer simplement pour avoir le droit d'être
présent dans l'index qui sert de base au moteur
de recherche propriétaire du site. Yahoo Etats-Unis
a en effet annoncé sa volonté de facturer
les annonceurs afin d'accélérer le référencement
de leur(s) site(s) dans ses pages de résultats.
Cette décision intervient seulement deux semaines
après que Yahoo a décidé d'abandonner
Google et d'opter une solution de recherche interne
basée notamment sur Inktomi (lire l'article
du JDN du 19/02/04).
Le
temps d'indexation, qui peut aller jusqu'à un
mois, passera alors à seulement deux jours. Le
tarif indiqué par Yahoo pour cela est de 49 dollars
par an pour la première adresse Internet à
référencer et de 29 dollars pour chacune
des neufs adresses web suivantes. Au-delà des
dix URL, le tarif tombe à 10 dollars par adresse
supplémentaire. Enfin, il faudra ajouter à
cela une obole de 15 à 30 cents par clic sur
le lien affiché dans la page de résultat.
Yahoo
affirme que ce référencement payant n'aura
aucun impact sur la classification des résultats.
Il soutient que le fait qu'un annonceur paie pour être
plus rapidement indexé dans son moteur n'aura
pas d'effet sur la façon dont les résultats
apparaîtront dans la page, mais que cela aura
pour effet d'améliorer la qualité des
réponses aux requêtes des internautes.
Dans ce domaine, force sera de faire confiance à
Yahoo puisqu'il n'y aura aucune possibilité de
vérifier ces affirmations.
En effet, contrairement aux
liens promotionnels qui sont clairement identifiés
sur les pages de résultats, le référencement
payant imaginé par Yahoo se confondra totalement
avec les résultats classiques obtenus par le
moteur. Concrètement, il sera impossible pour
l'internaute de savoir si tel lien a été
référencé de façon "naturelle"
ou s'il est présent suite à participation
financière de l'annonceur.
Seule une courte explication
sur la page "What's this ?", accessible
via la page de résultats, permettra au public
de connaître les modalités du référencement
sur Yahoo. Une situation pour le moins gênante
puisqu'elle ne garantit en rien à l'internaute
que les résultats n'ont pas été
biaisés et qui risque au contraire d'introduire
la suspicion dans son esprit. D'ailleurs, la FTC, Commission
américaine du commerce, a indiqué qu'elle allait
se pencher sur la question, comme elle l'avait fait
pour les liens sponsorisés dont elle avait exigé
qu'ils soient clairement différenciables des
résultats classiques.
En matière de référencement
payant, Yahoo n'est cependant pas le premier à
sauter le pas puisque d'autres acteurs ont déjà
sauté le pas; du moteur de recherche AskJeeves
au portail MSN. Bien plus qu'une "amélioration
de la qualité des résultats" qu'invoquent
Yahoo et consors, cette offre est avant tout avantageuse
pour le moteur de recherche qui la pratique. Selon les
estimations de différents analystes, le référencement
payant pourrait rapporter une centaine de millions de
dollars par an de revenus supplémentaires à
Yahoo. Toutefois, il faut souligner que certains moteurs
et portails refusent ce genre de pratiques, Google et
AOL en tête.
|
Yahoo
puise dans les bibliothèques publiques
pour enrichir son index
|
| Parallèlement
à l'annonce du lancement de son offre de
référencement payant, Yahoo a indiqué
qu'il allait considérablement étoffer
l'index de son moteur de recherche en y ajoutant
les nombreuses bases de données publiques
qui ne sont généralement pas accessibles
par les moteurs de recherche. Pour cela, Yahoo a
signé de multiples accords avec de prestigieux
établissements tels que la bibliothèque
du Congrès américain, l'université
de Californie (UCLA), la National Public Radio (NPR),
l'université du Michigan ou encore le projet
Gutenberg. Par exemple, Yahoo devrait bientôt
référencer quelques 17.000 fichiers
sonores archivés par la NPR. |
|