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Le peer to peer exempt de responsabilités dans la chute des ventes de disques ?
Deux universitaires américains doutent du lien direct entre échanges de fichiers musicaux en ligne et baisse des ventes CD. Selon leur calcul, il faut 5.000 téléchargements pour constater une perte réelle d'un album.   (02/04/2004)
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Etude : The effect of file sharing on record sales (anglais)

Les téléchargements peer to peer ont un effet "statistiquement proche de zéro" sur les ventes de disques. Cette thèse a de quoi troubler la Record Industry Association of America (RIAA), qui soutient le contraire à coup d'études commandées pour son propre compte. Mais elle est défendue bec et ongle par deux professeurs universitaires américains - Felix Oberholzer (Harvard Business School) et Koleman Strumpf (université de Caroline du Nord, Chapel Hill) - qui ont réalisé une étude sur l'impact des téléchargements en ligne sur les ventes de l'industrie du disque.

Malgré l'ampleur du phénomène peer to peer (qui a séduit 60 millions d'Américains de plus de 20 ans en 2003), les auteurs de l'étude contestent l'idée selon laquelle le téléchargement se substituerait à l'achat d'un album en propre. Ils considèrent, au contraire, le partage de fichiers comme un moyen de promotion des morceaux auxquels l'internaute n'aurait pas eu accès dans le cycle normal de distribution via les réseaux traditionnels de vente. Deuxième idée dissonante : les téléchargements des extraits d'un album à succès auraient un impact sur ses ventes CD...vers la hausse.

Conduite en 2002, l'étude porte sur un panel de fichiers partagés représentant 0,01 % du volume mondial de téléchargements. En point de départ, les deux universitaires ont retenu comme référence l'estimation de 800 millions de fichiers musicaux téléchargés chaque mois (issue du pôle MusicWatch Digital du groupe NPD). En croisant le nombre de téléchargements et l'évolution des ventes d'albums sur la période d'observation, ils sont arrivés à cette conclusion déroutante : il faudrait 5.000 téléchargements pour perdre en équivalence la vente d'un album. Et ceci même dans le scénario le plus pessimiste envisagé par leur étude. Les pertes liées au peer to peer représenteraient au maximum l'équivalent de 2 millions d'albums vendus sur un an. La responsabilité du réseau des réseaux serait amoindrie dans le déclin des ventes de disques.

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Etude : The effect of file sharing on record sales (anglais)

Pour expliquer cette baisse de performance des majors, les deux professeurs iconoclastes évoquent d'autres raisons détachées du peer to peer : contexte macro-économique difficile, baisse du nombre de sorties d'albums, concurrence de plus en plus exacerbée avec d'autres produits de divertissement (jeux vidéos, DVD...). Ils soulignent également un point structurel du marché du disque : la chute des ventes de musique ne serait pas un phénomène nouveau. Des fléchissements similaires avaient marqué la fin des années 70 et le début des années 80.

 

 
 
Sophie FIEVEE-BALAT, JDN
 
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