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La libéralisation complète du ".fr" reportée à la mi-2005
L'Afnic préfère prendre son temps pour l'ouverture de l'extension aux personnes physiques et réclame un décret encadrant cette libéralisation.   (14/12/2004)

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 Gandi
 Jean-Claude Michot

L'Afnic (l'Association française pour le nommage Internet en coopération), l'organisme qui gère les noms de domaines hexagonaux, a décidé de repousser la libéralisation du ".fr" pour les personnes physiques. Attendue au début de l'année prochaine, cette libéralisation devait permettre à n'importe quel particulier de réserver un nom de domaine dans l'extension nationale. Mais l'Afnic dit aujourd'hui "continuer sa réflexion" et repousse, en conséquence, le choix d'une date. Principale raison invoquée : le flou juridique qui règne autour de la libéralisation. L'association craint une vague de litiges en cas d'ouverture immédiate aux personnes physiques.

"Trois pistes sont aujourd'hui explorées pour veiller au respect de la charte et éviter les problèmes en cascade, explique Marine Chantreau, de l'Afnic. La première serait d'identifier nous-mêmes les personnes qui réservent un nom de domaine. Mais notre statut ne le permet pas, il faudrait donc avant tout un décret le précisant. Deuxième solution : transférer cette responsabilité aux prestataires. Une troisième serait de demander au client final une attestation sur l'honneur."

L'Afnic se veut néanmoins rassurante : le principe même de la libéralisation n'est pas remis en cause. Celle-ci ne se fera sans doute pas avant la mi-2005, le prochain Conseil d'administration de l'Afnic ayant lieu au mois d'avril. L'association préfère donc prendre son temps. "Même si cela s'est bien passé avec l'ouverture aux sociétés, l'effet de masse est à prendre en compte avec cette nouvelle ouverture, indique Marine Chantreau. Il y a un marché potentiel de 40 millions d'utilisateurs."

Le conflit qui a opposé récemment l'Afnic à un représentant du registrar EuroDNS a sans doute pesé sur cette décision de report (lire l'article du 16/11/04). Les questions des prête-noms et des contrats de portage (Ndlr : quand une enseigne enregistre un nom pour une autre) ont relancé le débat sur les droits de propriété associés à un nom de domaine.

Pour certains prestataires spécialisés, l'Afnic devrait justement profiter de l'occasion pour régulariser ce qui se fait déjà officieusement. "Les prestataires ont déjà détourné l'esprit de la charte, quelques-uns proposent des contrats de portage qui permettent, dans les faits, à des particuliers de posséder un nom de domaine", affirme Jean-Claude Michot, directeur administratif et technique de Gandi, un prestataire qui a décidé d'attendre l'ouverture de l'extension aux personnes physiques pour proposer à ses clients des noms de domaine en ".fr". Pour Jean-Claude Michot, la décision de repousser la libéralisation complète risque d'encourager les contrats de portage. "Au final, c'est une mauvaise chose pour les clients, qui ne souhaitent avoir qu'un prestataire".

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 Jean-Claude Michot

En filigrane, se profile un autre débat : le changement de statut de l'Afnic. Le blocage provisoire de la libéralisation est un signal fort envoyé au législateur. Pour l'instant, l'Afnic est une association de loi 1901, son caractère officiel est donc limité. "Un autre statut lui donnerait plus de poids dans ses demandes, notamment sur la question du respect des droits des sociétés et des personnes", analyse Jean-Claude Michot. Du coup, un autre problème pourrait alors être réglé : celui des moyens de l'association.

 
 
Nicolas RAULINE, JDN
 
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