TELECOMS–FAI
Haut débit Outre-Mer : La Réunion déploie son réseau pour démocratiser l'accès
Les tarifs des liaisons intercontinentales avec la métropole pèsent sur le prix de l'ADSL à la Réunion, où 35 % des foyers sont connectés à Internet. Pour faire face, la région déploie une infrastructure optique avec EDF.   (11/01/2005)

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Moins de 35 % des foyers réunionnais sont aujourd'hui connectés à Internet, 80 % d'entre eux ne disposant que d'un accès bas débit. Une situation intenable pour la région, qui pour y remédier mène depuis près de deux ans une politique d'aménagement du territoire numérique via la construction avec EDF d'un réseau mutualisé à haut débit. L'objectif : amener le haut débit partout et pour tous. Un slogan légitime pour une collectivité française, mais dont les conditions de réalisation restent dépendantes de contraintes géographiques, notamment pour les tarifs d'accès Internet.

Le Conseil régional de la Réunion a lancé début janvier un appel à candidature pour la gestion et l'exploitation du réseau régional haut débit de communications électroniques baptisé Gazelle, dans le cadre d'une délégation de service public (DSP) sur douze ans. La date limite de dépôt des dossiers de candidature est fixée au 14 janvier prochain. Les premières fibres optiques devraient être allumées d'ici avril 2005. "Grâce au réseau Gazelle, les opérateurs alternatifs peuvent desservir librement l'usager, sans être dépendants du réseau de collecte et de desserte locale de France Télécom, indique Guy Jarnac, vice-président du conseil régional de la Réunion, délégué aux TIC et à l'audiovisuel. L'objectif de la région est d'offrir un un réseau alternatif ouvert à tous."

L'idée d'un réseau mutualisé haut débit est née en 2002, alors que la collectivité faisait état du "refus de France Télécom de louer la fibre optique ainsi que les fourreaux destinés à accueillir ces fibres." L'opportunité de déployer avec EDF une infrastructure optique à l'échelle du territoire réunionnais est devenue évidente dans le cadre du plan gouvernemental de déploiement de l'Internet haut débit via le réseau haute tension lancé il y a trois ans (Lire l'article JDN du 07/02/02). Les travaux de déploiement ont commencé début 2004, financés à hauteur de 8,5 millions d'euros par la région. Depuis, 48 fibres optiques ont été posées selon la technologie COE (câble optique enroulé), dont 36 sont la propriété de la collectivité.

Sans attendre la finalisation des travaux du réseau Gazelle, prévue en 2005, le Conseil régional de la Réunion a souhaité mettre immédiatement à disposition des opérateurs alternatifs ses 36 fibres optiques. Une première convention a été signée avec l'opérateur régional Outremer Télécom. "La mise à disposition des paires de fibre optique est bien sûre ouverte à tous les opérateurs, souligne Guy Jarnac. Car l'objectif de la construction d'un réseau mutualisé haut débit est d'amener la compétition sur l'île au niveau des tarifs d'accès Internet, dix fois plus chers qu'en métropole."

Le mégabit coûte plus de 150 euros sur l'île

Un détour par les offres ADSL donne une idée des prix de détail pratiqués sur l'île : une connexion ADSL à 512 Kbit/s est facturée en moyenne 70 euros par mois, tandis que le prix du mégabit pour l'utilisateur final dépasse les 150 euros. En introduisant la concurrence au niveau de la desserte locale, le réseau Gazelle devrait permettre de faire baisser sensiblement les tarifs. C'est notament le cas pour un opérateur comme Outremer Télécom, qui dispose de moyens suffisants pour déployer un réseau en dégroupage total à partir des infrastructures CEO.

Mais la raison majeure des prix prohibifs de l'ADSL à la Réunion reste les tarifs des liaisons louées vers la métropole sur le câble sous-marin Safe (contrôlé par France Télécom). Ouvert en juin 2002, le câble Safe devait permettre de développer le haut débit sur l'île. Toutefois, l'arrivée du câble n'a pas provoqué les effets escomptés, ni sur les prix, ni sur la qualité des services Internet. Une situation que Guy Jarnac attribue aux "prix prohibitifs pratiqués par France Télécom pour la commercialisation de la bande passante".

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Face à l'échec des négociations engagées avec l'opérateur historique, le Conseil régional de la Réunion a saisi l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) en janvier 2004. Le 7 décembre dernier, la Cour d'appel de Paris confirmait la décision de l'ART d'imposer à France Télécom une prestation de liaison louée entre la métropole et la Réunion à un prix dix fois moins élevé qu'auparavant. Désormais, l'achat d'un mégabit de bande passante entre Paris et la Réunion coûte 1.550 euros, contre 17.000 euros initialement. Une baisse conséquente, certes, mais insuffisante pour rendre égal le prix de l'ADSL entre l'île et la métropole. De fait, la liaison intercontinentale reste l'élément de coût le plus important dans la facture des FAI, de l'ordre de plus de 50 %. Ce qui justifie un prix de vente très élevé aux internautes.

 
 
Emilie LEVEQUE, JDN
 
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