TELECOMS–FAI
Haut débit outre-mer : les régions prennent l'initiative pour démocratiser l'accès
Les tarifs des liaisons intercontinentales pèsent sur le prix de l'ADSL, trois fois plus élevé qu'en métropole. Pour y remédier, les régions déploient un réseau local ou construisent un câble sous-marin.   (17/01/2005)

  En savoir plus
Dossier Collectivités locales et Internet
La France se targue d'être l'un des pays où le haut débit est le moins cher, avec des prix en baisse régulière depuis deux ans. C'est oublier la situation des départements et régions d'outre-mer, dont l'éloignement crée un décalage flagrant entre les offres d'accès Internet disponibles dans ces territoire et celles dont bénéficient les métropolitains. En moyenne, une connexion en 512 Kbits/s est proposée entre 45 et 70 euros, trois fois plus chère plus que dans l'Hexagone. Conséquence directe, le taux de pénération du haut débit varie entre 6 % (Martinique et Guadeloupe) et 8 % (la Réunion) quand en métropole il est de 20 %.

Les communications électroniques représentent cependant un enjeu économique pour ces territoires. Depuis le vote de la nouvelle loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) en juin 2004, les collectivités locales sont habilitées à devenir opérateur de réseau. Une opportunité que les conseils régionaux des DOM n'ont pas manqué de saisir, avec pour objectif d'amener le haut débit partout et pour tous, à un prix équivalent à celui de la métropole. Un projet de longue haleine.

Depuis deux ans déjà, le conseil général de la Réunion mène une active politique d'aménagement du territoire numérique via la construction avec EDF d'un réseau mutualisé à haut débit baptisé Gazelle (lire l'article du 11/01/05). Début janvier, un appel à candidature pour la gestion et l'exploitation de ce réseau régional a été lancé dans le cadre d'une délégation de service public (DSP) sur douze ans. Mêmes démarches pour la Guyane et la Martinique, dont les projets de déploiement d'un réseau de desserte locale ont été initiés fin 2004.

En introduisant la concurrence au niveau de la desserte locale, les collectivités entendent faire baisser sensiblement les tarifs. C'est notament le cas pour Outremer Télécom, deuxième opérateur de télécommunications dans les DOM après Wanadoo, qui poursuit un plan de dégroupage du réseau à partir des infrastructures régionales (lire l'interview de Zeljko Tanasic).

Le coût du mégabit varie entre 1.500 et 2.500 euros dans les DOM
Mais la raison première des prix élevés de l'ADSL dans les DOM reste les tarifs des liaisons louées vers la métropole via des câbles sous-marin, dont l'exploitation commerciale relève du monopole de France Télécom. Malgré la volonté de l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) d'intervenir sur le marché de gros du transport des données IP entre les DOM et la métropole, le prix d'achat du mégabit par seconde et par mois reste prohibitif : entre 1.550 euros (à la Réunion) et 2.500 euros (en Martinique). Or la liaison intercontinentale est l'élément de coût le plus important dans la facture des FAI, elle compte pour plus de 50 %. Ce qui entraîne un prix de vente très élevé au client final.

C'est la raison pour laquelle la région Guadeloupe a décidé de déployer son propre câble sous-marin lui permettant d'être reliée à la dorsale Internet mondiale via Porto Rico (lire l'article du 14/01/05). En devenant opérateur de ce câble, le Conseil régional va pouvoir maîtriser les conditions financières de revente de la bande passante. Ce qui devrait ouvrir la voie à une baisse des prix de revente du trafic IP en Guadeloupe de l'ordre de 80 %. Et, partant de là, une baisse de l'abonnement pour le client final.

  En savoir plus
Dossier Collectivités locales et Internet
Le projet de la Guadeloupe est facilité par la proximité de l'île avec le continent américain. Pour les territoires plus isolés tels que la Nouvelle Calédonie, la Polynésie française ou même la Réunion, le déploiement d'un câble sous-marin est difficilement rentable. Une autre solution serait que les collectivités locales prennent à leur charge l'achat de bande passante sur les câbles en grande capacité, et qu'elles la revendent directement aux opérateurs à un prix équivalent à celui de la métropole. Mais cela reviendrait à dire que l'Etat subventionne des opérateurs privés. L'égalité des prix entre les territoires d'outre-mer et la métropole semble encore loin, à moins qu'une solution alternative (le satellite ?) ne soit trouvée.

  A LIRE EGALEMENT    
     La Réunion déploie son réseau pour démocratiser l'accès

     Les Antilles se connectent à la dorsale Internet des Etats-Unis

     Interview : Zeljko Tanasic (Outremer Télécom)
 
 
Emilie LEVEQUE, JDN
 
Accueil | Haut de page
 
 

  Nouvelles offres d'emploi   sur Emploi Center
Chaine Parlementaire Public Sénat | Michael Page Interim | 1000MERCIS | Mediabrands | Michael Page International