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Le secteur aérien s'engouffre dans les e-services
Fortes du succès du billet électronique, les compagnies aériennes multiplient les e-services. L'enjeu : permettre aux voyageurs de piloter réservations et embarquements avec une souris ou un téléphone mobile.   (19/01/2005)
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Dossier Voyages en ligne
Initié avec la réservation en ligne, puis popularisé avec l'e-ticketing, le processus de dématérialisation des services proposés par les compagnies aériennes s'est appronfondi tout au long de l'année passée. Cette dématérialisation poursuit de multiples objectifs : simplifier et fluidifier les procédures à l'aéroport, améliorer la qualité des services, augmenter la fidélité des clients dans un environnement de plus en plus concurrentiel, réduire les coûts et les temps de traitement des réservations.

La rapidité avec laquelle le billet électronique a été adopté est pour le moins encourageante. Lancé entre 1998 et 1999 par la plupart des compagnies aériennes européennes, il représente aujourd'hui 50 % des billets vendus par Air France dans l'Hexagone et 74 % des ventes effectuées sur Internet par la compagnie aérienne, un score en progression de six points d'une année sur l'autre. Chez KLM (détenu par Air France) et British Airways, ces chiffres sont même légèrement supérieurs. Les billets électroniques représentent 68 % des billets émis en France pour le premier et 73 % pour le second.

Des résultats qui devraient continuer à croître en 2005, la plupart des compagnies aériennes s'efforçant, conformément à la décision prise cet été par l'Association internationale du transport aérien (IATA) et par la fédération World Air Transport, de développer l'usage de l'e-ticket dans les deux ans qui viennent (lire l'article du JDN du 08/06/04). Pour British Airways, l'échéance est même beaucoup plus proche. La compagnie aérienne s'est fixée pour objectif de faire du billet électronique son standard dans le monde dès cette année.

"Cette année, nous allons accentuer notre communication auprès des agences, mais aussi auprès des particuliers pour promouvoir l'usage du ticket électronique, explique Patrick Malval, directeur commercial France de British Airways. Parallèlement, nous sommes à quelques semaines de finaliser des accords avec les huit compagnies qui constituent l'association OneWorld pour pouvoir utiliser un billet électronique sur des vols avec des correspondances."

  Les sites
British Airways
Klm.com
Fortes de ces premiers succès, les compagnies aériennes ont décidé d'aller plus loin. Pour satisfaire les demandes croissantes de certains de leurs clients, tout en continuant d'abaisser les coûts de transaction, les compagnies multiplient les services électroniques. A commencer par les options autour de la réservation en ligne. Dans ce domaine, KLM et British Airways sont, sans doute, les plus avancées.

Depuis un peu plus d'un an, et prochainement pour les départs de France, KLM propose aux titulaires d'e-ticket de procéder à leur enregistrement sur Internet jusqu'à une heure avant le départ du vol. "Concrètement, après avoir entré leur nom, les références de leur vol et des informations figurant sur leur passeport, nos clients peuvent choisir leur siège et imprimer leur carte d'accès à bord sur une feuille A4", détaille Xavier Rivière, responsable communication de KLM France. La compagnie aérienne ne communique pour l'heure aucun chiffre sur le taux d'utilisation de ces nouveaux services. Seule indication : ceux-ci sont majoritairement utilisés par des hommes d'affaires qui apprécient le gain de temps ainsi offert.

Un système de code barres en deux dimensions
Même stratégie chez British Airways. Depuis l'automne dernier, la compagnie aérienne britannique propose aux internautes, sur ses courts et moyens courriers, de s'enregistrer en ligne jusqu'à 12 heures avant leur vol. Les clients peuvent réserver leur siège sur un plan de cabine interactif, communiquer leurs préférences alimentaires, obtenir une confirmation de réservation par e-mail et imprimer, selon leur destination, leur carte d'embarquement au format A4. Autant de développements qui, comme pour KLM, ont nécessité la mise en place d'un système de code barres en deux dimensions, l'installation de lecteurs optiques et de comptoirs de dépôt de bagages à l'aéroport et, surtout, la formation du personnel de police chargé du contrôle des passagers.

Aujourd'hui, ces fonctionalités sont disponibles sur trente-quatre routes opérées par British Airways et sur tous les sites Internet de KLM, à l'exception du site français. Un particularisme qui devrait bientôt disparaître, puisque les deux compagnies sont sur le point de finaliser un système commun permettant aux internautes de s'enregistrer et d'éditer un ticket électronique.

  Le site
Airfrance.fr
Dans ce domaine, Air France comble progressivement son retard. Depuis juin dernier, la compagnie française propose aux internautes de s'enregistrer sur Internet et de choisir leur siège entre hublot ou couloir. En revanche, les clients ne peuvent pas encore imprimer leur carte d'embarquement. Mais ce n'est qu'une question de temps. "Cette fonctionnalité devrait être disponible dans quelques semaines sur la ligne Paris-Amsterdam, indique Charles Buseyne, responsable e-services à la direction marketing d'Air France. Le système de code barres que nous déploierons à cette occasion présentera un avantage certain sur d'autres plus anciens. Il respecte complètement les standards retenus par IATA."

Parallèlement, Air France a engagé, avec la collaboration de KLM, une expérimentation d'enregistrement automatique des bagages. En cours depuis la fin 2004, ce test se déroule à Londres, et devrait, si il est concluant, être élargi à d'autres destinations au cours de l'année. D'autres expérimentations sont également en cours. British Airways, par exemple, permet aux internautes, depuis la fin de l'année dernière, de modifier leur réservation en ligne. Après s'être identifiés, les clients peuvent changer de vol, d'aéroport de départ ou encore annuler un retour, le système gérant automatiquement les écarts de prix et choisissant, selon le cas, de créditer ou de débiter la carte bancaire du voyageur.

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Dossier Voyages en ligne
Suivant cette nouvelle dynamique, les e-services ne se limitent déjà plus au seul support Internet. Dans une logique multicanal, Air France s'efforce de prolonger les fonctionnalités qui existent sur le Web, sur mobile ou sur PDA. Depuis septembre, la compagnie aérienne propose à ses clients de télécharger des horaires de vols non seulement sur un PC, mais aussi sur un assistant personnel. De même, elle souhaite, dès cette année, pouvoir proposer ses services mobiles (horaires, actualité des vols, solde de miles) non plus uniquement aux abonnés i-mode, mais à tous les opérateurs télécoms mobiles. Un signal fort pour l'avenir : le jour où les téléphones portables deviendront des supports pour les e-tickets n'est peut-être pas si éloigné.
Anne-Laure BERANGER, JDN
 
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