Sur fond de morosité du marché français du courtage en ligne, Fortuneo poursuit ses opérations de croissance externe. Le courtier en ligne du groupe ProCapital, dont l'actionnaire de référence est Aviva France, a racheté le 1er février dernier i-Bourse, l'activité
de bourse en ligne de la banque Bipop. C'est la quatrième
opération du genre pour la Fortuneo, suite au rachat des activités
de courtage en ligne de 3A Trade en décembre 2002 et
de celles de Direct Finance en juillet 2003. Des acquisitions
qui lui ont permis de devenir le numéro trois du secteur
en France, avec près de 12 % de parts de marché
(13 % en comptant le rachat d'i-Bourse), derrière
Boursorama (39 %) et Cortal Consors (environ 20 %).
Avant ces opérations, Fortuneo réalisait 2 %
de parts de marché. Sur les onze points de croissance,
la compagnie évalue à deux tiers la part due
à la croissance externe et chiffre à près
de quatre points la croisance interne.
Avec
ce rachat, Fortuneo récupère 4.000 clients et
60 millions d'euros d'encours de Bourse. Le rapprochement avec i-Bourse est stratégique : "La clientèle
d'i-Bourse est fidèle, elle s'est mise très
tôt à la Bourse en ligne et correspond à
la philosophie discount de Fortuneo", explique Paul Mizrahi,
président du directoire de Fortuneo. Avec cette opération,
le montant total des encours de Bourse dans la nouvelle entité
pourrait s'élever à 680 millions d'euros cette
année, contre 583,7 millions en 2004.
L'acquisition d'i-Bourse par Fortuneo renforce encore un peu plus dimension monopolistique
d'un secteur où les cinq premiers acteurs réunissent
aujourd'hui 80 % de parts de marché, contre 64 %
en 2001. Une concentration rendue nécessaire du fait de la faible croissance du secteur du courtage en ligne en France depuis
2001. Même constat l'an passé : après un bon début en 2004,
l'activité s'est ralentie, avec une baisse de 8 %
des volumes sur Euronext Paris et de 5 % pour les brokers
en ligne, tandis que la volatilité reculait de 15,5 %
fin 2004.
Pourtant, Fortuneo croit au potentiel
du courtage en ligne. "Le marché pourrait facilement
doubler et rattraper son retard vis-à-vis de nos voisins
allemands", prédit Paul Mizrahi. Selon ce dernier,
les courtiers Internet pourraient gagner des parts de marché
sur les banques classiques, "qui n'ont pas adapté
leur offre, pratiquent toujours des prix près de quatre
fois supérieurs et proposent moins de services." Le président du directoire de Fortuneo affirme ainsi que l'essentiel des ouvertures de compte se fait par un transfert
de portefeuille, dont les trois quarts proviennent d'établissements
bancaires.
Hier, mardi 8 février, Fortuneo a annoncé un résultat net annuel pour 2004 de 1,7 million d'euros
et une marge avant dépenses marketing de 23 %. La société revendique ainsi la meilleure rentabilité
du marché français, tout en indiquant réinvestir
52 % de son bénéfice sur le marketing.
L'objectif pour 2005 est de porter cette marge à 30 %,
tout en conservant une politique commerciale agressive et
un même taux de réinvestissement marketing.
En comparaison, son principal rival, le groupe Cortal Consors, a annoncé un bénéfice d'exploitation
de 28,3 millions d'euros, soit plus du double que le chiffre
de 2003. La filiale de BNP Paribas, présente dans six pays européens ( France, Allemagne, Espagne, Belgique, Luxembourg
et Italie), revendique 75.000 nouveaux clients
sur l'année 2004, pour un total de 18,6 milliards d'actifs
gérés.
Fortuneo reste donc assez loin de ses deux concurrents Boursorama
et Cortal Consors, malgré les récentes acquisitions.
Toutefois, Paul Mizrahi a fixé un objectif de 15 %
de parts de marché à la fin de l'année,
tout en affirmant vouloir ravir la deuxième place du
marché à Cortal d'ici deux à trois ans.
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