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L'e-commerce serein face à la LCEN
L'obligation de conserver pendant 10 ans la trace des contrats de vente pour toute commande de 120 euros et plus ne semble pas alarmer les e-commerçants. Et pour cause, beaucoup l'ont déjà mise en oeuvre.   (15/03/2005)
Depuis le 18 février 2005, les e-commerçants ont l'obligation de garder une trace pendant 10 ans du contrat de vente à distance pour toute commande d'un minimum de 120 euros (lire la tribune juridique de Eric Caprioli). Ce qui concrètement signifie, si ce n'est déjà fait, la mise en place d'une politique d'archivage rigoureuse non seulement des contrats de vente mais aussi des conditions générales de vente, et des capacités de stockage supplémentaires.

Cette décision d'importance ne semble toutefois pas susciter beaucoup d'inquiétude dans les rangs des professionnels concernés, à savoir essentiellement les voyagistes, les cavistes, les cybermarchés et les vendeurs de matériel high tech. Au contraire : c'est la sérénité qui semble de mise.

L'archivage : une pratique déjà courante. En effet, la plupart des e-commerçants que nous avons contactés n'ont pas attendu la Loi pour la Confiance dans l'économie numérique, et encore moins le décret d'application du 18 février dernier, pour mettre en place une politique d'archivage de leurs contrats de vente. Certains, comme Lastminute et plus largement les agences de voyages, y étaient déjà contraints par la loi du 13 juillet 1992 concernant les conditions d'exercice des activités relatives à l'organisation et à la vente de voyages ou de séjours. D'autres, comme Pixmania, Rue du Commerce, Houra ou encore Nomatica, l'ont mise en pratique depuis déjà plusieurs années. En fait, cette politique existe souvent depuis leur création. Cet archivage est d'ailleurs nettement plus exhaustif que celui imposé par le récent décret, puisqu'il n'est limité par aucun montant et concerne toutes les transactions, quelle que soit leur valeur, et parfois même, comme chez Pixmania, quel que soit le pays d'origine du consommateur. D'où la relative sérénité des e-marchands.

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 Lastminute
 Wine and Co
 Rueducommerce
 Pierre Paperon

Mais des pratiques différentes. Tous les e-commerçants n'ont toutefois pas recours au même système d'archivage. Si Lastminute conserve bien toutes ses factures et toutes ses conditions générales de vente, elles ne sont pas encore numérisées. "Nous devrions le faire bientôt, explique Pierre Paperon, directeur général de l'agence de voyages en ligne. Mais cela requerra l'emploi d'une personne à plein temps." D'autres, comme Wine and Co, Rue du Commerce, Pixmania et Nomatica, ont quant à eux déjà franchi le pas du digital. Mais, là aussi, des différences existent entre les sites.

Pixmania, par exemple, a décidé de conserver trois types de documents électroniques : la facture ou le contrat de vente, les conditions générales de vente, mais aussi la trace de l'enregistrement de la commande dans la base de données du site. Une précaution supplémentaire qui n'est pas forcément appliquée par tous. Nomatica a choisi, pour sa part, depuis l'été 2003, de numériser toutes ses factures sur DVD et d'éditer chacune d'elle au format PDF, pour qu'elles puissent être consultables en ligne et reproduites afin de fournir immédiatement un duplicata à l'acheteur. Mais cette fonction n'est disponible que pour les factures datant, au plus tôt, du deuxième semestre 2003. Avant cette date, celles-ci n'existent qu'au format papier et tout duplicata doit être demandé à la société.

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 Pixmania
 Nomatica
 Christophe Cornuejols
Un coût finalement négligeable malgré la croissance. Si aucun site ne dément qu'il lui faudra dans l'avenir une capacité de stockage supplémentaire pour conserver toutes ces données, bien peu s'alarment du surcoût que cette mesure va engendrer. Et surtout, aucun d'entre eux n'envisage de faire payer, d'une manière ou d'une autre, les frais inhérents à cet archivage. "Dans notre cas, la sauvegarde de ces données représente vraiment un coût marginal par rapport à ceux qui sont occasionnés par notre activité", explique Patrick Oualid, directeur marketing de Pixmania. Un avis que partage totalement Christophe Cornuejols, PDG de Nomatica. "Objectivement, ces coûts sont très faibles malgré notre croissance, précise-t-il. Sur une année, nous avons dû dépenser, au plus, 1.000 euros en frais de stockage. Ce qui est peu par rapport à un archivage papier. En 2004, nous avons édité 300.000 factures. Ce qui aurait représenté 50 mètres d'archives papier qu'il aurait fallu stocker."

Attention à la cohérence des données. Pour éviter tout surcoût, mieux vaut toutefois veiller à mettre en place un système d'archivage suffisamment flexible pour permettre, même si un client crée plusieurs comptes, de retrouver toute l'information le concernant.
Anne-Laure BERANGER, JDN Sommaire e-Commerce
 
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