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Wanadoo ne manque pas d'atouts
Quel avenir pour Wanadoo ? Consolidation de la concurrence et tarifs compétitifs ne semblent pas en mesure de perturber à moyen terme le FAI de France Télécom, dont la part de marché devrait se stabiliser entre 40 et 50 %.   (30/05/2005)
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Dossiers Très haut débit
Dégroupage total
Telecom Italia qui rachète Tiscali France, Neuf Telecom et Cegetel qui fusionnent : le mouvement de consolidation du secteur de l'Internet haut débit en France est plus que jamais d'actualité. Et qui dit consolidation, dit naissance d'acteurs de plus grande envergure face au mastodonte France Télécom. Car l'objectif premier de ces rapprochements est bien entendu d'acquérir une masse critique capable de contrebalancer la domination de l'opérateur historique.

Avec 3,36 millions d'abonnés ADSL au 31 mars 2005, soit près de 50 % de part de marché (lire l'article du 03/05/05), Wanadoo apparaît intouchable, et ce près de trois ans après la publication par France Télécom de l'offre de référence relative au dégroupage, point de départ d'une nouvelle forme de concurrence. Les grandes manœuvres de consolidation, actuelles et futures, suffiront-elles à menacer le leadership de Wanadoo ? Rien n'est moins sûr.

Avec 850.000 d'abonnés ADSL à la fin du premier trimestre, et un objectif annoncé d'un million d'ici juillet, la nouvelle entité Neuf Cegetel dispose désormais de la taille critique nécessaire pour grimper sur la première marche du podium des opérateurs alternatifs, aujourd'hui occupée par Free (1,21 million de clients haut débit au 31 mars 2005). Mais, comme l'a souligné lors d'une conférence de presse Jacques Veyrat, futur patron de Neuf Cegetel, "à nous deux, nous sommes plus gros que l'ensemble de nos concurrents. Mais face à France Télécom, nous sommes encore tout petits."

Avec le rachat des activités hexagonales de Tiscali, Telecom Italia affiche de son côté l'ambition de devenir un acteur majeur du marché de l'Internet haut débit en France. Toutefois, la part cumulée des abonnés ADSL de Liberty Surf et d'Alice n'atteint pas encore tout à fait le demi-million, ce qui place le FAI d'origine italienne en cinquième position sur le marché français de l'Internet haut débit, derrière AOL.

Quant au FAI du groupe Time Warner, et contrairement à ses concurrents, il envisage avec modestie ses perspectives d'avenir dans l'Hexagone. "Ce n'est pas la taille qui nous intéresse, mais de garder nos clients existants en leur offrant des services de qualité, explique Carlo d'Asaro Biondo, PDG d'AOL France. Nous avons fait les calculs pour construire un réseau en propre. Pour rentabiliser cet investissement, il faudrait que notre parc de clients Internet atteigne les deux millions. C'est au-delà de notre ambition. Nous préférons investir dans le développement de services innovants."

Maîtriser son réseau, une condition de survie sine qua non
Une position pour le moins atypique car, sur le marché français de l'Internet haut débit, le ticket de survie est élevé. Face à la concurrence, les investissements en matière de technologie et de marketing se font de plus en plus lourds. Or côté recettes, les marges de manœuvres vont, à l'inverse, en s'amenuisant à mesure que les prix pratiqués par les FAI sont toujours plus compétitifs. Pour résoudre cette équation, les FAI alternatifs n'ont d'autre choix que d'investir dans le déploiement de leur propre réseau de collecte locale. "Dans le contexte de consolidation actuel du marché, l'avenir est aux opérateurs alternatifs qui ont investi dans leur propre réseau et en ont la maîtrise", confirme Christophe Roy, directeur des affaires réglementaires de Telecom Italia.

"La fusion entre Neuf Telecom et Cegetel nous conforte dans notre décision de construire notre propre réseau", renchérit Marie-Christine Levet, PDG de Club Internet dont la maison mère, l'Allemand T-Online, devrait définir les grandes orientations stratégiques le 7 juin prochain. Le FAI prévoit notamment d'investir 1 milliard d'euros en France et en Espagne pour le déploiement de réseaux haut débit. Objectif : offrir à l'abonné des services à la fois innovants - de voix ou de télévision sur IP -, et concurrentiels.

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 Free
 Neuf telecom
 AOL France
 Club Internet
 Tiscali France
Un pari déjà tenu par la plupart des FAI qui proposent déjà tous, à l'exception d'AOL, des offres de VoIP. A contrario, ils ne sont que trois (Free, Neuf Telecom et Wanadoo) à commercialiser des offres triple play intégrant également la TV sur ADSL. Dans ce domaine, s'il n'est pas pionnier, le FAI de France Télécom relève aisément le défi de l'innovation initié par ses concurrents grâce à son modem multimédia, la Livebox, qui permet d'accéder à l'Internet très haut débit (ADSL2+), à la téléphonie sur ADSL et au service de télévision numérique MaLigne TV. Autre atout différenciant : il est le seul à ce jour à proposer de la VoD sur son offre de TV ADSL.

En revanche, la différence tarifaire entre les offres triple play de Wanadoo et celles de ses concurrents est exorbitante. Le pack Internet illimité haut débit avec l'option téléphonie est facturé près de 60 euros par mois (40 euros les six premiers mois). L'offre MaLigne TV, variable selon le bouquet satellite choisi, part d'un seuil plancher de 20 euros par mois. Soit un total de plus de 80 euros pour la combinaison Internet,VoIP, TV/ADSL. En comparaison, les offres triple play de Free et de Neuf Telecom tournent autour de 30 euros.

Wanadoo bénéficie de la puissance de feu de France Telecom
Comment expliquer, dès lors, la domination de Wanadoo sur le marché de l'Internet haut débit ? D'autant que le FAI de France Télécom est loin de perdre du terrain. Il revendique ainsi une part de conquête de nouveaux abonnés ADSL de 49 % sur le premier trimestre 2005. "L'appartenance à France Télécom permet à Wanadoo de bénéficier des effets croisés marketing de la puissance de feu de l'opérateur historique de téléphonie fixe, explique Marie-Christine Levet. Sans oublier le rôle essentiel des agences commerciales."

Wanadoo estime pour sa part que ses tarifs reflètent ce qui est différenciant dans son offre. "En tant que France Télécom, nous sommes soumis à un certain nombre de contraintes tarifaires et réglementaires qui pèsent notamment sur la définition de nos tarifs, reconnaît Jean-Marc Steffann, directeur haut débit et Internet de Wanadoo France. Cela fait partie des règles du jeu. Nous sommes tenus de respecter un certain seuil de rentabilité. Mais Wanadoo se distingue par la qualité de ses services, leur caractère innovant et la qualité de sa relation clients." (lire l'interview de Jean-Marc Steffann du 24/05/05). L'autre point fort de Wanadoo est le réseau convergent de France Télécom. Depuis 2003, l'opérateur historique mène une stratégie d'opérateur intégré. La convergence entre le fixe, le mobile et l'Internet est déjà en marche. Et cette fois-ci, Wanadoo est réellement pionnier.

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Dégroupage total
Au final, l'ensemble des FAI interrogés s'accorde sur une stabilisation à plus ou moins long terme de la part de marché de Wanadoo dans une fourchette de 40 à 50 %. Un chiffre qui, d'ailleurs, ne semble pas si écrasant que cela. "50 % de parts de marché pour Wanadoo, c'est un chiffre encourageant, pas aberrant si l'on considère sa part de marché d'il y deux ans", indique Ollivier Flayol, responsable marketing de Telecom Italia France. Un constat approuvé et appuyé par le directeur haut débit et Internet de Wanadoo : "La France est sans conteste le marché le plus ouvert en Europe en termes de compétitivité, du fait des prix bas du dégroupage. Parmi les FAI d'opérateurs historiques en Europe, nous sommes l'un de ceux qui a le moins de parts de marché."

Parts de marché des FAI en France sur l'ADSL grand public
  FAI Nombre d'abonnés ADSL au 31/03/05 Parts de marché (sur une base de 7 millions de lignes ADSL au 31/03/05)
1
Wanadoo*
3.360.000 48 %
2
Free*
1.214.000 17,3 %
3
Neuf Cegetel*
850.000 12,4 %
4
AOL**
500,000 7,1 %
5
Tiscali/Telecom Italia*
440.000 6,3 %
6
Tele2**
300.000 4,2 %
7
Club Internet****
200.000 2,8 %
Sources : *Sociétés cotées, chiffres audités **Chiffres annoncés par les sociétés
***Estimation de l'Idate ****Estimation JDN
Emilie LEVEQUE, JDN Sommaire Télécom-Fai
 
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