A quelques jours du début des vacances d'été, les premières tendances sur l'évolution des ventes de voyages en ligne s'annoncent plutôt encourageantes. A la mi-juin, les e-voyagistes annoncent, dans leur ensemble, un taux de croissance situé entre 40 et 50 % par rapport à la même période l'année dernière. "L'été est conforme à nos attentes, indique ainsi Fabien Bourdier, directeur général d'Expedia et d'Anyway France. Malgré une réelle tendance au fractionnement des vacances, juillet et août continuent d'être pour nous des pics d'activité." Chez Go Voyages, filiale du groupe Accor, la croissance des ventes est même supérieure à celle attendue et s'établit, d'ores et déjà, au delà du seuil des 50 %.
|
L'été des voyagistes en ligne : premières tendances
|
|
Site
|
Croissance du CA
|
Panier moyen des séjours
|
Type de produits les plus vendus
|
Article JDN
|
|
Voyages-sncf.com
|
+ 50 %
|
1.000 à 1.300 euros, stable
|
Billets de train, forfaits séjours. |
|
|
Lastminute
|
+ 40 %
|
1.000 euros, en hausse
|
Forfaits séjours (40 à 60 % de ventes, vols secs (20 à 25 %), packages dynamiques (7 à 8 %) |
|
|
Expedia
|
NC
|
1.000 à 1.300 euros, stable
|
Forfaits séjours, packages dynamiques (25 % des ventes) |
Lire
|
|
Opodo.fr
|
NC
|
NC, en hausse de 15 % |
Forfait séjours |
|
|
Go-Voyages
|
Plus de 50 %
|
NC, stable |
Forfaits séjours, packages dynamiques (+ 280 %) |
Lire
|
|
Source
: Le Journal du Net, juin 2005
|
Ce dynamisme tient pour partie à l'évolution des comportements d'achat des consommateurs. En un an, la part des voyageurs français ayant acheté leur séjour sur Internet est passée de 8 % (en 2003) à 12 % (en 2004) selon une enquête réalisée par Raffour Interactif pour le compte d'Opodo France. Une tendance confirmée par TNS Sofres qui indiquent qu'en 2004, 16 % des Français ont acheté une prestation de voyages en ligne, contre 14 % en 2003. Mais ces nouveaux entrants ne suffisent pas alimenter à eux seuls une croissance annuelle de 40 à 50 %. Pour parvenir à de tels chiffres, il faut également pouvoir compter sur la récurrence des achats. Ce que semble avoir réussi à obtenir les voyagistes en ligne.
| L'offre dernière minute a le vent en poupe |
Pour parvenir à cette récurrence, le prix attractif reste l'un des éléments majeurs. Symptôme de cette réalité "discount", les réservations de dernière minute continuent pour cet été à bien se porter. "Comme l'année dernière, les achats de forfaits moins de quinze jours avant le départ devraient représenter entre 45 et 50 % de nos ventes, prévoit Xavier Rousselou, responsable de la communication d'Opodo. C'est l'un des modes d'achat privilégiés sur cette période de l'année car cela correspond bien à la saisonnalité." Chez Lastminute, les offres de dernière minute continuent également de représenter le "fond de commerce" avec 40 % des ventes enregistrées pour cet été.
Cette logique du prix attractif ne se traduit pas pour tous les voyagistes de la même façon. Voyages-sncf.com, plutôt que de constater un goût prononcé pour l'offre de dernière minute, détecte au contraire un allongement des délais de réservation. 60 % des ventes pour les mois de juillet et d'août ont ainsi été réalisées plus de 21 jours avant le départ. Cet allongement des délais de réservation apparaît être une conséquence directe du yield management mis en oeuvre par le voyagiste. Pour profiter de meilleurs tarifs, tout en ayant du choix, les internautes prennent progressivement l'habitude de planifier leur voyages et de réserver le plus tôt possible.
| L'attrait des forfaits pré-packagés |
Cette logique du prix et de l'achat rationnel favorise également les forfaits pré-packagés, qui restent les produits phares de l'été. "Ils devraient représenter entre 50 % et 60 % de nos ventes, indique Pierre Paperon, directeur général de Lastminute France. Ils apparaissent loin devant les vols secs qui cet été devraient représenter 20 à 25 % des ventes et, les packages dynamiques qui représentent 7 à 8 % de nos ventes".
Sur les séjours sur mesure, les expériences sont en revanche divergeantes d'un site à l'autre. Opodo et Voyages-sncf.com indiquent que les ventes de packages dynamiques fléchissent quelque peu en été, car ce produit étant essentiellement utilisé pour des courts séjours. Expedia et Go Voyages ne partagent pas cet avis. "Sur un an, les ventes de ce type de produit ont progressé de 280 % alors que nous tablions sur une croissance de 100 %", explique Carlos Da Silva, président de Go-Voyages. Un engouement que Carlos Da Silva attribue à l'élargissement de l'offre et, une fois de plus, à une meilleure compétitivité des prix proposés. Le nerf de la guerre en somme.
Enfin, si l'e-tourisme se démarque du offline par son rythme de croissance, il en va tout autrement pour le palmarès des destinations. Ce palmarès reste très proche de celui constaté auprès des agences de voyages traditionnelles. La Tunisie, le Maroc et l'Egypte sont, comme en offline, les destinations les plus prisées de l'été 2005. Les Etats-Unis rencontrent également un franc succès, soutenus sans doute par la vigueur de l'euro par rapport au dollar. La République Dominicaine cède, en revanche, un peu de terrain au profit du Mexique. Enfin, plus près de nous, en Europe, la Bulgarie passe devant sa grande soeur, la Croatie, et Athènes revient, lentement mais sûrement, après un an d'absence. Seule différence notable entre les destinations online et offline : la France, qui reste très dynamique sur Internet alors qu'elle s'essoufle quelque peu chez les agences physiques.
|