Deux acteurs européens majeurs du l'e-sourcing viennent d'annoncer
leur fusion : le français SynerDeal et l'allemand Trade2B
forment SynerTrade, nouvelle structure dédiée au conseil et
aux solutions technologiques pour la fonction achat. Un rapprochement
qui permet aux deux sociétés de consolider leur position sur
le marché, d'étendre leur couverture internationale et de bénéficier
de synergies en termes de savoir-faire et de compétences. La
nouvelle entité pèse près de 10 millions de chiffre d'affaires.
SynerDeal et Trade2B ont été fondées à peu près au même moment.
Début 2000 pour la première, et fin 1999 pour la seconde. Les
deux sociétés partagent une spécialisation sur le marché de
l'e-sourcing, qui touche aux phases amont du processus d'achat
(de la définition des besoins à la négociation des contrats
cadres, en passant par les procédures d'appel d'offres et de
sélection des fournisseurs), et un savoir-faire à la fois en
termes de conseil et de technologies. Elles sont également proches
dans leur structure capitalistique (entre 60 et 70 % du
capital détenu par les co-fondateurs, le reste par un seul fonds
d'investissements), et sont toutes deux bénéficiaires.
Ce ne sont donc pas des raisons opérationnelles
qui ont poussé ces deux entreprises à la fusion, mais des considérations
stratégiques. "Cette fusion est la première étape d'une stratégie
de croissance externe, déclare Wolfe Diener, co-fondateur de
Trade2B et directeur des ventes de la nouvelle structure." "L'acquisition
de clients coûtant très cher, notre rapprochement a d'abord
une vertu commerciale", ajoute Thierry de Cassan, co-fondateur
de SynerDeal et directeur marketing de SynerTrade.
La fusion offre à la nouvelle entité une taille critique utile
pour s'adresser à des grands comptes pour lesquels la fonction
achats est stratégique, une large présence internationale (en
plus des marchés couverts par les deux sociétés, SynerDeal dispose
d'une expertise sur la Chine), et une offre complète de solutions
et de services. SynerTrade va ainsi profiter des deux spécialités
qui constituaient le cœur de métier de SynerDeal et Trade2B :
le conseil opérationnel en e-sourcing pour la première, le logiciel
et l'intégration pour le second. Dans un premier temps, les
deux solutions vendues par SynerDeal et Trade2B seront maintenues
jusqu'en 2008 (en ASP uniquement pour SynerDeal, en ASP ou en
version intégrée pour Trade2B), mais dès le premier trimestre
2006, SynerTrade devrait sortir une solution commune, qui offrira
le choix entre une version hébergée ou non chez le client.
| 110
salariés, 80 clients, 9,5 millions d'euros de chiffre
d'affaires 2004 |
Concrètement, la fusion donne naissance à une entreprise de
110 salariés, représentant en 2004 un chiffre d'affaires de
9,5 millions d'euros. Pour 2007, l'objectif est fixé à 20 millions
d'euros, preuve de l'ambition du groupe sur ce marché. En portefeuille,
80 clients dont les grands comptes Alstom, Faurecia, Sanofi
Aventis, Lafarge, Bosch, Sephora, Crédit Suisse, et des PME
réalisant 80 millions d'euros de chiffre d'affaires et plus.
Ce dernier segment constitue pour Thierry de Cassan un gisement
de croissance. "Les grandes PME n'ont pas réalisé à quel point
leurs achats étaient sous-performants. Il y a sur ce marché
tout un travail préparatoire de conseil à réaliser, puis d'adaptation
des systèmes d'information", précise-t-il.
En pratique, la fusion s'effectue sans sortie d'argent, les
actionnaires apportant leurs titres dans une troisième structure
holding. SynerDeal, qui était détenue par les deux co-fondateurs,
Thierry de Cassan et Didier Picot, et le fonds d'investissement
familial Arts et Biens, dispose d'une part un peu plus importante
que Trade2B, du fait de son poids légèrement supérieur en termes
de chiffre d'affaires (5,2 millions d'euros en 2004).
SynerTrade a également procédé à une levée de fonds de un million
d'euros auprès de Arts et Biens, afin de poursuivre son développement
et de mettre en œuvre sa stratégie de croissance externe. Des
perspectives qui remplissent d'enthousiasme Wolfe Diener et
Thierry de Cassan, prêts à en découdre avec les autres acteurs
de taille de ce marché, que sont notamment Ariba et SAP. |