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Le développement des services d'accès illimité et à haut débit sur Internet tend à transformer en profondeur les industries de production de contenus numériques. Partant de ce constat, l'Organisation de Coopération et de Développement Economique a réuni un groupe de travail sur l'économie de l'information. Son but : identifier les opportunités et les freins pour ces industries, ainsi que les nouveaux modèles d'entreprise et les évolutions structurelles de ces marchés. Un exercice d'autant plus difficile que le parti pris de l'OCDE était, autant que faire ce peu, de ne pas verser dans une approche trop alarmiste.
Estimations du marché de la musique numérique
(en dollars) |
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2002 |
2003 |
2008 |
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Montant de la distribution de musique numérique
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13 millions |
71 millions |
2,2 milliards |
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Source : OCDE, 2005 |
Les conclusions du rapport publié au début du mois de juin 2005 confirme, il est vrai, que la vente de musique en ligne dispose d'un véritable potentiel de développement. Aujourd'hui, celles-ci ne représentent que de 1 à 2 % des revenus globaux de l'industrie musicale. Mais le marché de la distribution de musique en ligne ne devrait pas en rester là, puiqu'il devrait atteindre 5 à 10 % des revenus du secteur dès 2008, selon les auteurs du rapport.
Cette croissance ne sera toutefois pas si néfaste. Elle entraînera en effet d'importantes retombées pour l'ensemble des acteurs du marché des équipements technologiques, qu'il s'agisse des constructeurs informatiques et de ceux du secteur de l'électronique grand public, ainsi que des télécoms.
A ce titre, 2004 a été une année charnière pour l'industrie de la musique numérique. Aux Etats-Unis et en Europe, 230 sites Web proposaient le téléchargement légal de plus d'un million de titres, à la fin de l'année 2004. Plus de 200 millions de titres ont été légalement téléchargées, contre seulement 20 millions sur l'année 2003. Les auteurs précisent que beaucoup de sites ont associé à leur offre des produits fondés sur du streaming à la demande, de la radio sur Internet et des services personnalisés.
Toutefois, les auteurs ne nient pas que l'industrie de la musique aux Etats-Unis, en France, aux Pays-Bas, au Japon et en Allemagne a connu une baisse de 20 % de son volume d'affaires entre 1999 et 2003. Malgré le chiffre record de 10 millions d'utilisateurs simultané sur les systèmes de peer-to-peer en octobre 2004, le piratage en ligne n'est toutefois pas présenté comme le seul responsable de ce déclin. Le piratage physique, la possibilité de graver des CD et la multiplication des autres sources de loisirs, présentent en effet autant d'explications possibles.
Le tableau n'est toutefois pas idylique pour autant. Si
le téléchargement illégal de musique en ligne représente un frein important à la croissance du marché de la musique en ligne, il implique également une pression sur les prix. En effet, les marges des fournisseurs de musiques en ligne sont aujourd'hui très faibles pour ne pas dire nulles. Seuls les labels phonographiques semblent, à ce jeu, tirer leur épingle du jeu.
Le rapport de l'OCDE indique donc dans ses recommandations l'importance pour les pouvoirs publics de mettre en place des initiatives de protection des droits de propriété intellectuelle pour lutter contre le piratage.
Mais toutes les solutions ne sont pas satisfaisantes. D'un point de vue technique, les multiples formats audio, les systèmes de gestion des droits numériques ou DRM et les différents matériels génèrent, par exemple, une incompatibilité qui peut rapidement s'avérer un autre frein au développement de la musique en ligne. C'est pourquoi l'OCDE indique qu'une meilleure interopérabilité des systèmes représente un véritable défi pour le marché de la musique en ligne.
Une préconisation qui va totalement à l'encontre des DRM qui in fine empêchent les utilisateurs de réaliser des copies à usage privé. |